Après la note 1000, je m’étais juré de ne plus poster tous les jours.
Perdu.
Malgré le nouveau job, les cours de jap, la perspective du mémoire et tous les autres trucs que je DOIS faire, j’ai tenu. Principalement parce que j’ai un problème vis-à-vis de l’auto-discipline : je n’arrive pas à en sortir. Ce quand bien même je suis épuisé et j’aurais besoin de lever le pied. Sauf que mes vieux manuscrits ne sont pas tous partis, l’écriture du suivant avance au ralenti, des jeux vidéo encore sous blister s’entassent sur mon meuble TV, je n’ai toujours pas de sujet de mémoire et je dors six heures par nuit en moyenne. C’est un problème.
A l’origine j’ai démarré ce blog (il y a presque pile trois ans tiens) parce que j’avais trop de temps libre. Là tout de suite je dois le ralentir parce que je n’ai plus assez de temps libre.
Demain, il n’y aura rien. Mercredi, un bouquin, mais demain, rien. Et je vais tenter de continuer comme ça, c’est à dire sans horde de notes en avance, sans le besoin de poster encore et encore, malgré tout le positif que cela m’apporte. Ne passez plus tous les jours, abonnez-vous au RSS, souhaitez-moi bonne chance.
Cette fois j’aurais pu attendre la sortie cinéma de Rabbit Hole. Mais le dernier film de John Cameron Mitchell (Shortbus) me faisait de l’œil depuis trop longtemps. Présent dans la plupart des top 10 de l’année passée aux US of A, il ne sort que la semaine prochaine chez nous. Rabbit Hole étant à l’origine une pièce de théâtre intimiste, je ne pensais pas perdre grand-chose en court-circuitant le grand écran pour passer directement au petit.
Becca et Howie ont perdu leur tout jeune fils il y a maintenant huit mois. La colère et le déchirement ont laissé leur place au lent poison du quotidien. En tant que couple ils ne fonctionnent plus, se parlent peu, ne font plus l’amour. Howie n’arrive pas à passer à autre chose. Il refuse de déménager, de retirer le siège enfant de la voiture et chaque soir il regarde seul des vidéos de son fils sur son téléphone. Si Becca arrive à maintenir un extérieur souriant, au fond elle sombre et se coupe de plus en plus du reste de sa famille. Lorsqu’Howie est au travail, elle suit le jeune garçon qui conduisait la voiture qui a renversé son fils. Peut-être qu’en lui parlant elle arriverait à se sortir du gouffre. Et sauver son mariage.
La grande intelligence du film est de s’intéresser au couple de parents plutôt qu’à l’enfant. C’est eux et leurs réactions qui sont au centre de Rabbit Hole. Ils essaient de ne se pas se déchirer, de ne pas aller voir ailleurs, ne rester ensemble malgré la douleur. Nicole Kidman nous rappelle pourquoi c’est avant tout une grande actrice, sublime avec peu de maquillage (nommée aux Oscars cette année pour ce film), dans la tristesse contenue. Aaron Eckhart tient le choc et offre un jeu à la hauteur. Il y a clairement des oscars qui se perdent. Le film reste violent pour le spectateur qui peut difficilement en sortir indemne. Le thème principal demeure cependant l’espoir et comment trouver un moyen d’avancer. Et si Rabbit Hole est dur, ce n’est jamais en tombant dans le pathos. Le script est bien trop subtil pour ça.
Visuellement l’image est magnifique, propre. Cameron Mitchell prouve qu’il peut faire aussi faire du beau après la réalisation presque documentaire de Shortbus.
Rabbit Hole m’a satisfait à tous les niveaux. J’en suis ressorti brisé mais avec le sourire. Il mérite toutes les critiques dithyrambiques que j’ai pu lire et a sa place resérvée dans mon top 2011. Je ne peux que vous conseiller, très fort, d’y jeter en œil.
Je gribouille les bonhommes de mon manuel sur mes cahiers. Irrécupérable.
La semaine dernière, j’avais commencé à écrire un article sur le fait qu’au bout d’un mois de cours de japonais, on ne se parlait pas entre élèves. Qu’on venait, on répétait plein de phrases et on repartait sans rien se dire.
Puis samedi dernier, à la machine à café, on a échangé quelques mots. Rien de spécial, c’était un poil forcé et artificiel. Mais c’était un début. Tout comme un des élèves m’a salué en terminant sa clope avant le cours. Finalement, il se passe un petit quelque chose.
J’avais écrit trop vite. Et du même coup je me demain si on va échanger aujourd’hui, peut-être un peu plus. Entre sept personnes qui n’ont absolument rien en commun à part ces deux heures hebdomadaires. Tout en sachant qu’au terme des 16 cours, on ne se reverra plus.
Entre ceux qui abandonneront, ceux qui changeront de jour, d’horaire, de rythme. Ce sera la fin de notre petit groupe. D’ici là peut-être qu’on achèvera de faire connaissance. On verra bien ce qui se passera ou non ce matin.