Quelque part au fond d’un carton poussiéreux, un américain a retrouvé son reçu de précommande pour Duke Nukem Forever. En 1997 il a donné 5$ à son magasin physique préféré pour s’assurer un exemplaire du jeu à sa sortie, prévue pour l’année d’après. Quatorze ans plus tard, le nouveau Duke arrive dans les bacs. Le magasin de quartier a été racheté il y a bien longtemps par la tentaculaire chaîne Gamestop. Au début du mois, la direction du revendeur a annoncé que oui, ils allaient honorer toutes les précommandes de Duke Nukem Forever, y compris celles passées il y a plus d’une décennie dans des boutiques qui n’existent plus. Effet d’annonce qui ne mange pas de pain et ne coûtera pas grand-chose. N’empêche, plusieurs personnes se sont présentées au comptoir, avec leur ticket jauni. Parce qu’aujourd’hui (chez nous), débarque la plus grande arlésienne de l’histoire du jeu-vidéo.

Je serais incapable d’énumérer tous les articles que j’ai pu lire plus de la moitié de ma vie (!) concernant Duke Nukem Forever. Suite de l’extraordinaire Duke Nukem 3D sur PC, un jeu avec de la gueule, des seins et des freeze rays, Forever est un cas d’école sur le perfectionnisme et le voilage de face. Si on l’attend depuis si longtemps, c’est parce que son créateur, Georges Broussard, a forcé l’équipe de développement à retravailler encore et encore le projet. Dès qu’un nouveau moteur 3D voyait le jour, il fallait que Duke débarque dessus. A chaque nouvelle idée de jeu dans un first person shooter, il fallait un niveau équivalent sur Forever. Et ainsi de suite. Les bénéfices de l’opus précédent, les ressorties sur toutes les consoles (y compris iPhone et Xbox Live Arcade) et le soutiens de l’éditeur 2K games a permis au développement de trainer et d’être repris à zéro pendant douze ans. Jusqu’à la banqueroute du studio.
Ce qui tend à prouver que la recherche de la perfection conduit à la ruine, l’expression de mon big up à Georges Lucas et tout. Parfois il faut savoir lâcher prise et accepter de sortir une grande œuvre plutôt qu’un chef d’œuvre.

Rapidement le bras de fer s’est engagé entre l’éditeur 2K qui voulait récupérer son argent ainsi que les droits du personnage et les créateurs de chez 3D Realms. Ce qui sentait le procès interminable s’est réglé en coulisses, contre un gros chèque. Venu à la rescousse, le studio Gearbox responsable de quelques bons jeux, a repris le développement de Duke Nukem Forever, effectuant le tri de plus de dix ans de travail, pour accoucher d’un tout cohérent. Le destin à le sens de l’humour, puisque Randy Pitchford, le PDG de Gearbox, est un ancien de 3D Realms. Le Forever qui sort aujourd’hui est technologiquement en retard, un patchwork d’idées et la relique d’une époque où les seins pixélisés dans Duke valaient tous les Youporn du monde. Dans un marché dominé par des héros muets qui tuent des russes sans nom dans l’interminable troisième guerre mondiale, Duke n’a plus sa place.
C’est en tout cas ce que croient plusieurs de mes amis, qu’ils bossent dans le jeu vidéo ou pas.
Ils ont tort.

Si cette semaine où se tenait l’E3, le plus grand salon de jeux vidéo du monde, nous a appris quelque chose, c’est à quel point l’industrie est conservatrice, tourne créativement au ralenti. Duke Nukem Forever possède un atout rare : une personnalité. Et pas simplement un traitement graphique cartoon sur un jeu sérieux, ni une idée de gameplay originale dans un univers déjà vu. Une vraie personnalité, machiste, vulgaire, profondément débile, où l’on passe des cochons géants alien au rayon réducteur avant de leur marcher dessus.
Duke Nukem Forever pourra être le plus mauvais jeu de l’année, ça n’aura une aucune importance. Je vais prendre mon pied pareil.
TRAILER STAGE !!!
Pas sûr que les boutiques français fassent la même chose. En tout cas, le jeu me tente grandement (et il n’est pas cher sur Amazon, raison de plus pour le prendre).
Rah que de souvenirs … que d’heure à blaster du cochon pixélisé …
Fuck yeah !
Après avoir essayé la démo, ça sera sans moi.
Pourtant je l’attendais vivement.
Je… Je refuse d’y croire !
LA DEMO N’EST PAS REPRESENTATIVE !!! :’(
Fuck YEAH ! S’il y a bien une chose qui pèse autant que le gameplay d’un jeu vidéo c’est son identité.
Et Duke, niveau identité, on peut dire qu’il en a une sacrée paire (parait qu’il moisit niveau gameplay par contre).
Astuce pour ceux qui passent par là : amazon.CO.UK c’est encore moins cher !
Duke a sans doute une identité. Duke Forever non. C’est un des plus mauvais jeux/FPS existant sur 360, et la démo est franchement représentative ^^
Ça ne t’empêchera pas de t’amuser j’imagine, mais que tu aies fondé beaucoup d’espoirs dessus ou pas, ça reste une bien grosse bouse qui prend fans et curieux pour des billes. A se demander ce qu’ils ont fichu pendant toutes ces années.