1150 – No Vacancy

J’y suis. Mon premier été sans vacances. C’est d’autant plus flagrant que d’ici la fin du mois je serai littéralement seul au taf’. Entre les congés et les congrès, tout le monde sera parti. Du coup je réfléchis à comment je pourrai décorer le bureau de mon boss pour le traumatiser à son retour (un peu comme a pu faire SEGA). Sinon c’est le moment ou jamais de faire un putsch. Etant le seul aux commandes, je peux renommer toute la gamme et mettre ma tête sur les packaging. Avec genre un pouce en haut et une autocitation qui lirait « Me Gusta ! » suivie de cinq étoiles. Si les ventes explosent, je deviens le big boss. Ou alors je profite de l’absence totale de toute manager pour prendre de longues pauses déjeuner durant lesquelles je vais rattraper les trente volumes de retard que j’ai sur One Piece. Un scan à la fois.

L’autre effet secondaire de mon absence totale de vacances, c’est que je peux devenir un hôtel. D’habitude à cette époque de l’année, je suis à Lyon, à rien foutre. Mon placard parisien est fermé à clef, toutes les prises débranchées. Et les clefs sont sur le bureau du salon lyonnais. Du coup je n’hébergeais personne. Rien qu’aujourd’hui j’ai eu trois demandes de squat de l’autre moitié du lit de la part de voyageurs. Pour la première fois je vais laisser squatter des gens, que je laisserai jouer avec ma Xbox pendant que j’irai bosser. Et c’est cool. Parce qu’au prix d’un peu de temps, d’intimité et de pizzas, je verrai les potes et je gagnerai des points de karma. Si tu ne vas pas en vacances, les vacanciers viendront à toi. Au pire c’est toujours une excellente raison de ranger mon appart (et de récupérer un centimètre de plafond au passage).

Sinon, rapport aux vacances, je peux me consoler en me disant que je serai pas distrait par genre l’horizon sur la mer pour faire mon mémoire. Ou trouver un boulot. Le saviez-tu que Rockstar cherche un coordinateur marketing à New York ? Au hasard hein. Au minimum ça peut être une excellente excuse pour me faire un CV en anglais. Je divague mais j’ai pas tellement le choix. L’été à Paris, sans vacances, c’est la lose, et on s’évade comme un peu. C’est aussi le moment de réfléchir à un tas de trucs. On voit les amis changer de pays, signer des contrats qui les font partir loin, choisir de quoi sera fait le reste de leur vie. Le but du jeu pour moi, en plus de survivre à mon rhume chopé à cause de la clim (fail), c’est de m’assurer que cet été sans vacances soit non seulement le premier, mais surtout le dernier.

Enfin, on verra ça quand j’aurai rattrapé mon retard sur One Piece, que j’aurai fini le jeu Retour Vers Le Futur, bouclé un concours de nouvelles et hébergé la moitié de mes potes chez moi.

Dès que j’ai fini ça, je m’occupe de mon futur, et de la mer.

1149 – Book Review 184

Dimanche j’avais presque fini de lire le bouquin sur lequel je suis depuis deux semaines. Pour ne pas tomber en panne de texte dans ma journée j’ai acheté et téléchargé un autre livre, au cas où. Sauf qu’une fois dans le métro, je me suis dit « hey, si je commençais le nouveau, pour voir et me changer les idées ». A une heure du matin le soir-même je le finissais. OUPS. Le roman en question s’appelle Warm Bodies et c’est une histoire d’amour avec des zombies. Un peu comme Shaun of The Dead (d’ailleurs Simon Pegg félicite le livre sur la quatrième de couv’) mais en version kikoo lol. J’y reviendrais. Warm Bodies premier roman d’Isaac Marion, découvert sur le net par un agent grâce aux petites nouvelles qu’il donnait sur son blog. Le bouquin sort en France chez bragelonne en octobre et en film l’année prochaine chez Summit, le studio de Twilight, qui décidément achète tout et n’importe quoi dès que ça à l’air vendeur chez les ados en mal en romantisme fantastique.

R est sûrement mort de cause naturelle. C’est pour ça que, pour un zombie, il a l’air en plutôt bon état. Il ne se souvient plus de sa vie d’avant, la première lettre de son ancien prénom est peut-être la seule certitude qui lui reste. Lors d’un raid sur la ville avec ses amis zombies, il trouve un couple planqué et dévore le cerveau de l’adolescent qui protège sa copine. Les souvenirs de Perry envahissent R à chaque bouchée de son cerveau et, pour une raison qui lui échappe, le zombie décide de kidnapper la jeune fille et de la protéger de la horde. Habité par les souvenirs de celui qui s’appelait Perry, R redouble d’efforts pour gagner la confiance de Julie. A son contact, le mort-vivant arrive à articuler quelques mots, à se faire comprendre et prouve lentement qu’il n’est pas dangereux. Pas vis-à-vis d’elle en tout cas. Bien qu’il sache qu’à un moment ou à un autre, R devra ramener Julie chez les siens.

Ouais je me suis laissé prendre par le pitch, j’avoue. PARDON. Mais Warm Bodies est assez bien foutu et surtout bien écrit. On passe le livre dans la tête de R, qui est capable de raisonnement complexes mais peine à les articuler ou à agir en conséquence avec ses limitations de zombies. En filigrane l’auteur dresse le portrait de Perry à travers des flashs de souvenirs à la première personne (quand R mange ls bouts de son cerveau qu’il se laisse de côté). L’univers n’est pas toujours bien défini mais c’est pas super grave, puisque le livre tourne autour du nouveau couple composé par R et Julie. Là où Warm Bodies se casse la gueule, c’est dans sa conclusion ultra mièvre et « magique ». Je ne demandais pas un final complètement hard science (qui aurait été possible), mais avoir ne serait-ce que le choix de croire soit en l’amour soit en un phénomène scientifique au lieu de « ça », j’aurais préféré. Quand j’ai raconté le truc à une amie dans la foulée, elle a éclaté de rire en me traitant de tocard aux goûts de chiotte.

Parce que j’avais supporté la fin. Bien que j’aie toléré les dix dernières pages uniquement parce que les 240 d’avant étaient super bien.

J’ai adoré lire Warm Bodies jusqu’à ce que j’aie l’impression que l’auteur me prenne pour un con ou, à défaut, une petite meuf émo fan de twilight qui attendait le final le plus mièvre possible. Alors que tout le reste du bouquin ça meurt, ça se démembre, y’a du sexe sale, de la prostitution et tout. Je me pensais dans un truc mature, mais finalement non.

La déception à beau piquer, ça n’enlève pas le kiff ressenti la majeure partie de ma lecture. Donc je recommande. Mais soyez prévenus. Ou attendez le film.

BUY STAGE !!!

8.86€ chez Amazon.

1148 – Reccaped

En 2002 j’avais 16 piges et j’aimais encore Naruto. L’anime commençait sa diffusion TV au Japon et je découvrais les joies du fansub, avec tous ces bénévoles zélés qui sous-titraient les épisodes en quelques jours. A l’époque j’avais essayé de mettre en place un Anime Club. En gros je téléchargeais de quoi passer une heure chaque dimanche devant des dessins animés japonais et mes potes n’avaient plus qu’à venir avec le pop corn. C’était le pied. Ca aura duré quelques semaines au maximum, avant que la réalité ne me rattrape. Tout le monde n’était pas dispo à intervalles réguliers, tout le monde n’avait pas non plus envie de faire l’effort. Alors je me suis retrouvé à devoir suivre mes séries seul. Ce qui m’aura poussé à lâcher l’affaire.

Depuis, on a inventé les récaps de séries et tout va mieux.

Vous savez, ces sites où des mecs vont critiquer chaque épisode de chaque série dans des papiers qui peuvent s’étendre sur plusieurs pages. Sur le principe on peut se demander à quoi ça sert, d’aller relire le résumé scène par scène des quarante minutes qu’on vient de voir. Pour moi ça palie à l’absence de camarades dans mon canapés. Rythme de vie de jeune stagiaire oblige, je consomme mes séries quand je peux. Déjà que je peine à m’organiser pour suivre ce que j’aime, si en plus je dois composer avec mes potes (ce que je fais sur certaines séries, réservées à ma BFF, ou à un ami), c’est l’enfer. Sauf que j’ai BESOIN d’en parler après, de savoir ce qu’on en a pensé, si un détail m’a échappé, si mon appréciation de l’épisode s’écarte de la moyenne. Alors dans les minutes qui suivent, je fonce sur mes sites US préférés, et je bouffe de la récap.

Tout ça parce que j’ai besoin de parler et confronter mon expérience de chaque épisode pour prolonger le plaisir. C’est comme pour le cinéma, les bouquins, la culture en général. Apprécier dans mon coin ne me suffit pas. J’ai besoin d’échanger, d’approfondir. Et ça ne peut pas fonctionner avec les gens de la vraie vie quand on regarde ses épisodes en différé. Un peu comme quand on a tenté de parler de Game Of Thrones au bureau avant de se prendre une balle anti stress sur le coin de la gueule pour nous éviter de spoiler à celui qui n’était pas à jour. Puis on a les séries qu’on est le seul à regarder dans son entourage. Genre hier soir j’ai diné devant Suits. Je suis le seul à regarder Suits. A part Pimp, qui m’a vendu la série. Vous devriez la regarder d’ailleurs, ça nous ferait un sujet de conversation en rab’ et j’aurais pas à fouiller le net pour trouver des résumés corrects.

A part le partage, les récaps permettent aussi de suivre une série en dilettante, l’exemple type étant Smallville, où quand je loupais un épisode, je préférais lire une critique bien faite que le regarder. Le cas extrême étant de ne suivre une série que par le biais de résumés, comme The Event, dont j’ai décroché au milieu tout en voulant savoir la fin. Je préférais investir 5min de lecture plutôt que 42 de visionnage chaque semaine.

Sur ce, je vais regarder le pilote de Wilfrid et le dernier épisode de Louie.