Les classiques, c’est bizarre. Tu en entends parler pendant vingt ans sans avoir envie de les lire, et des fois, paf. Dans le cas de To Kill A Mockingbird, il s’est trouvé que @IrisKV le lisait et nous le commentait en direct sur Twitter. Ça m’a motivé à l’acheter. Pour participer à la conversation. Sauf que pour une obscure raison l’auteur Harper Lee, âgée de 82 ans, ayant écrit un des plus gros best-seller du continent et détentrice d’un prix pullitzer, a décrété que les possesseurs d’eReader iraient bouffer du papier quand même. Mon sang de petit con technocrate n’a fait qu’un tour et je suis allé pirater le bouquin pour le lire sur le média de mon choix. Parce que dans le cas d’un livre vendu à des dizaines de millions d’exemplaires, rentabilisé depuis 50 ans et constituant un patrimoine culturel important, je trouve ça assez dommage (euphémisme poli) d’en restreindre l’accès. A fortiori quand les versions pirates pullulent. Voilà.
Donc.

To Kill A Mockingbird c’est plusieurs années du milieu du siècle dernier vus par les yeux de Scout, une petite fille du sud. Elle et son frère Jem sont élevés par Atticus, leur père avocat, et leur servante noire, Calpurnia. L’activité principale des gosses, en dehors des cours, est de tenter de faire sortir Boo Radley, le fils des voisins, de chez lui. Le garçon est un mythe local, le croquemitaine de la ville, ayant vécu sa vie entière terré dans sa maison. Mais très vite un procès vient secouer la communauté pourtant paisible et soudée. Un noir, Tom Robinson, est accusé d’avoir violé la fille des Ewells, une famille de délinquants notoires. Atticus est désigné pour assurer la défense du garçon et très vite, les préjugés exacerbent les tensions sociales entre voisins et amis. Pour Scout, qui peine à tout comprendre, c’est la fin de l’innocence et les premières confrontations avec l’injustice, le racisme et la violence entre les hommes.
Effectivement, To Kill A Mockingbird, c’est très bien. Déjà dans la forme car écrit à hauteur d’enfant mais avec une grande intelligence dans le choix des mots et un style léger. Et sur le fond puisque ce fut un des premiers romans américains à aborder des questions de racisme ou de lutte des classes. Par contre, ça fonctionne mieux si le lecteur est originaire des dits Etats Unis. C’est en tout cas l’impression que j’ai pu ressentir. Les problématiques du livre viennent chatouiller des blessures américaines, qui sont propres à ce pays et son histoire. Et j’imagine que j’aurais été bien plus touché si cela faisait partie de mon héritage. N’empêche qu’en se mettant un tout petit peu à la place d’un américain, on comprend que To Kill A Mockingbird soit encore enseigné de nos jours à l’école. Qui reste le meilleur endroit pour forcer les gens à lire des classiques (bien que Twitter puisse faire des miracles, la preve).
Tout ça m’explique en partie pourquoi peu de gens en France ont lu Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (lol titre is lol). Et c’est fort dommage. Parce que ça vaut le coup.
En papier ou en eBook piraté.
BUY STAGE !!!
Le poche français est pas cher, mais le poche américain est encore moins cher.

