1204 – You Got Fanserved

Dès qu’on me parle de jeux vidéo, je ne peux pas m’empêcher de m’exclamer que je suis fan de SEGA, que la Dreamcast est la meilleure console du monde et qu’aucun autre jeu depuis n’est arrivé à la cheville de Shenmue II. Sega, c’est mon point godwin à moi.

Ceci pour vous expliquer brièvement pourquoi j’ai passé le weekend dernier entier sur Sonic Generations.

Puisque la Sonic Team est infoutue de pondre un bon Sonic depuis la Dreamcast (coincidence ?), ils ont décidé, pour les vingt ans du hérisson, de faire le plus gros fanservice du monde. C’est-à-dire qu’il ont repris un niveau culte de chaque jeu principal de la franchise, et qu’ils l’ont remaké en deux et trois dimensions. Comme ça tout le monde est content et les nostalgiques peuvent en prendre plein les dents. Sans compter la présence de Sonic premier du nom planqué dans le jeu, de la centaine d’artwork à débloquer et du juke box qui fait vrombir de plaisir régressif les tympans. J’ai entamé le jeu vendredi soir, pour le boucler moins de quarante huit heures plus tard. L’émotion principale ressentie face à Generations fut la joie. La joie la plus pure, enfantine et magique du monde.

Le problème c’est que depuis je suis en redescente complète, un peu comme après une cure de LSD.

En faisant un maxi best of, Sega n’a pris aucun risque. Bien sûr qu’on se régale à parcourir les niveaux les plus cultes de l’histoire de Sonic avec des nouveaux graphismes qui font rêver. Mais on n’aura rien d’autre. Nos niveaux préférés, plus personnels et mineurs, sont passés à la trappe. Tout comme la case « innovation », laissée vide par les développeurs, qui assurent un quota maximal de familiarité. Vers la fin du jeu j’ai repensé aux anciens Sonic, ceux qui sont bien pourris. J’ai eu de la nostalgie non pas pour ce que j’avais dans Generations, mais pour ce qui était resté sur le sol de la salle de montage lors de l’élaboration du jeu. J’avais envie de refaire le monde médiéval de The Hegehog, ou le stage en Afrique de Unleashed.

En même temps ce serait hypocrite de ma part de me plaindre, puisque Sega me donne ce qu’il m’a promis. Ni plus, ni moins. C’est aussi et surtout les limites du fanservice.

Une semaine après, je relativise et je me dis qu’après tout, si Generations m’a donné envie de rejouer aux Sonics les plus foireux, les plus mal aimés, c’est que le jeu à bien fait son boulot. Pour un Segasexuel comme moi, retrouver l’envie de sortir une vieille galette, c’est peut être le plus beau des cadeaux.

1203 – Book Review 202

Donc j’ai lu le troisième volume de la trilogie steampunk de première guerre mondiale Leviathan. Scott Westerfeld a achevé sa saga avec Goliath avec brio, et comme vous vous en tapez (puisqu’on en a déjà parlé ici et ) je vais faire ma chronique en un paragraphe et après on parle d’autre chose. Goliath est un roman plus politique que d’action, pour mon plus grand plaisir, puisqu’on y parle d’armes de destruction massive et de s’il faut s’en servir ou pas. Si tant est qu’elles fonctionnent. Le style est toujours bon, les dessins qui émaillent les chapitres sont sublimes et toutes les intrigues sont résolues. Ce troisième volet est plus long que les autres mais se termine presque trop vite. Si vous avez attaqué Leviathan en VO ou VF, plongez sur la suite, ça faut le coup. Et si vous n’avez pas commencé ou que vous cherchez un cadeau pour votre petit frère/sœur, allez-y.

Maintenant on va parler de Nikolas Tesla et de Tungunska.

J’aime Nikolas Tesla, le célèbre inventeur russe du début du siècle dernier. C’est un peu l’un des rares savants fou de la vraie vie, entouré d’assez de mystère pour qu’on puisse s’en servir comme on veut en fiction. On l’a par exemple croisé dans le jeu vidéo Alerte Rouge (où il invente des canons électriques et autres joyeusetés) ou dans Le Prestige (où il invente un SPOILER ALERT). Dans le roman Goliath il aurait créé une arme diabolique (le dit Goliath) capable de mettre fin à la guerre. Nikolas Tesla est devenu son propre archétype scénaristique. Les écrivains et scénaristes ont fini par user et abuser de lui, figure à la fois réelle et surnaturelle, beaucoup trop pratique pour le laisser se reposer. Le risque, c’est l’overdose. Et j’avoue avoir levé les yeux au ciel au début de Golith. Ow shit encore Tesla. Sans déconner. Heureusement la suite du texte aura trouvé un bon twist vis-à-vis de la figure imposée, donc ça passait.

Dans le même ordre d’idées, toute une partie du bouquin est liée à l’évènement survenu à Tungunska en 1908. Tungunska est une rivière en Sibérie et, dans Goliath, un énorme cratère est présent à cette endroit, où la forêt a été rasée sur plusieurs hectares. Un des enjeux du livre est de savoir ce qui s’est passé là-bas. Sauf que moi, lecteur, la révélation était cramée du départ. Puisque je me souviens du culte double épisode d’X-Files où Mulder est capturé en Sibérie et forcé à miner les débris d’un météore tombé cent ans plus tôt. Donc oui, je sais très bien ce qui a causé la catastrophe si mystérieuse du livre. Parce que l’histoire vraie de Tungunska a déjà été exploitée et usée par nombre d’œuvres de science-fiction. Il existe après tout peu de vrais crashs récents d’objets stellaires autour desquels baser une intrigue.

Tout comme le cinéma française s’auto-cannibalise régulièrement, la pop-culture se nourrit d’elle-même. Parfois, le problème, c’est que des archétypes ou concepts qui étaient frais au départ se retrouvent sur-utilisés. Alors oui, pour plein de mômes, Goliath est leur première exposition à Tesla et Tungunska, mais pour les vieux briscards, c’est autant de rebondissements qui peuvent tomber à plat.

Idéalement, on devrait pouvoir laisser en jachère quelques idées et tropes de temps en temps. Mais ça ne marche pas comme ça. A défaut, il faut redoubler d’efficacité dans leur utilisation. Et à ce petit jeu, Goliath ne s’en sort pas si mal.

1202 – Final Countdown

Or donc, aujourd’hui c’est mon dernier jour du dernier stage de ma vie. A priori.

Comme toutes les fins de taf’, c’est surtout le moment où tu réalises que c’est passé super vite, quand bien même ça fait neuf mois que t’étais là. J’imagine qu’être vieux et mourir ça doit faire à peu près pareil.

Jeudi soir, avant de partir, je vais vider mon bureau dans un carton. Parce que vingt ans de séries américaines m’ont appris que c’est comme ça qu’on fait. Pour mes fichiers informatiques, tout est déjà dans une dropbox qui est elle-même dans une dropbox. On me refera pas le coup de formater mon ordi juste avant que je parte (true story). Il ne reste que les souvenirs physiques à emballer. Je vais empiler dans leur boîte mes fournitures restantes, quelques papiers, mon carnet de notes, les goodies taxées de ci de là et les quelques produits bonus qu’on aura bien voulu me filer en cadeau de départ.

Taxer des trucs pour oublier que je suis triste, un peu.

Puisqu’après tout, j’ai appris des tonnes de pro tips en presque un an de taf’. Embauché un peu hors casting, pas au point sur toutes les subtilités de la fonction, j’ai du compenser au début, potasser le reste du temps. Ce qui m’a permis de découvrir plein de choses, de rajouter plein de lignes à mon CV. D’où la tristesse de partir quand je suis à peu près au point.

Je me console en me disant qu’avec mon nouveau statut de rechercheur d’emploi je vais pouvoir m’attaquer à la pile de jeux vidéo sous blister qui traîne sur mon bureau (Coucou El Shaddai, Deus Ex, Forza 4, Dark Souls, Rage, Batman et Modern Warfare). Je vais aussi pouvoir reprendre mon mémoire là où je lai laissé (à savoir pas très loin) et aller emmerder les éditeurs de paris en leur jetant des paquets de feuilles reliées à la tronche. Vivement.

Ca ne va pas être le début du reste de ma vie. Pas encore. C’est la période de transition, moitié étudiant moitié chômeur, moitié diplômé moitié employé. Je vais être rien et tout à la fois. Beaucoup d’excitation.

Mais je m’avance. Là je dois aller bosser, encore, quelques jours.
D’ailleurs je suis à la bourre.