1225 – Top 5 Friday

J’avais envie de faire un Top quelque chose de 2011. Comme je vous ai détaillé la totalité des livres que j’ai lu cette année, ça ne valait pas le coup. Pour la musique, on va dire lol, comme d’habitude. Et je n’ai pas le courage de m’engueuler question ciné. Alors ce sera un Top 5 des meilleurs jeux vidéo de 2011. Avec un twist. Ce sera le Top 5 des jeux qui m’ont apporté le plus de bonheur cette année. La nuance est là pour justifier l’absence de Skyrim (pas mon truc), Portal II (trouvé longuet) ou Batman (trop éparpillé). Notons également que je n’ai pas encore joué ni à Rayman Origins, ni à Uncharted III. Ces précisions établies, c’est parti.

Le Top 5 des jeux vidéo qui m’ont fait le plus plaisir en 2011

Deus Ex : Human Revolution


Okay. Je ne m’y attendais pas. Je n’avais jamais joué à un Deus Ex et j’avais suivi de loin la sortie de Human Revolution. J’ai récupéré le jeu par hasard et attendu trois mois avant de m’y mettre. Mais une fois le disque dans la console, ce fut nuit blanche sur nuit blanche. Ayant décidé de jouer en Difficile sans tuer le moindre ennemi et sans aide, j’ai souffert comme jamais. Mais le jeu me donnait toujours plusieurs approches, et savait me récompenser quand je prenais des risques. Malgré un scénario un peu foireux et une technique bancale, Deus Ex HR aura été mon coup de cœur surprise de l’année.

Shadows Of The Damned


Personne n’a joué au petit bijou de Mikami et Suda 51. C’est prodigieusement stupide, les gens me désespèrent. Ce remake de Resident Evil 4 déguisé en version Grindhouse ne réinventait pas la roue mais savait proposer un petit grain de folie. L’humour ras la ceinture et l’ambiance gothico-débile avaient ce quelque chose en plus qui manque à tous les autres clones vomis à l’année par l’industrie du jeux vidéo. Seul jeu de 2011 dont j’aurais relancé une partie après l’avoir fini, Shadows Of The Damned est à présent si peu cher que cela serait con de ne pas l’essayer.

Sonic Generations


Les fans de Sonic détestent les opus récent du Hérisson principalement parce qu’ils sont aveuglés par leur nostalgie. Alors quand SEGA balance un remake de 20 ans d’histoire de la mascotte, on ne pouvait que sauter de joie. Sonic Generations est trop court, mais c’est aussi la preuve d’à quel point il est bon. On en aurait repris encore un niveau ou deux (ou trois). Limité dans son ambition par son principe même de remake, il est un juste rappel d’à quel point Sonic a sa place dans nos cœurs. En attendant la suite qui, enfin, ravira tout le monde avec de l’inédit. Espérons.

Need For Speed : The Run


J’ai écrit un double article sur The Run que je n’ai publié nulle part. Parce que je ne sais pas qui cela peut intéresser de me voir m’extasier sur un jeu médiocre. Le dernier Need For Speed est un mauvais jeu qui me parle. Parce qu’il a un scénario (certes nul), ne propose aucun circuit (chaque kilomètre étant différent du précédent), ne met pas l’accent sur la collectionite de voiture (l’important c’est de rouler) et se boucle en un weekend de course acharnée. The Run est le blockbuster crétin cinéma de l’été, mais sorti sur consoles. Ce fut une bouffée d’air frais comparés à tous les gros jeux boursouflés de la rentrée. J’échange volontiers mes 40 heures de Skyward Sword passer à mimer l’ouverture de veines au motion+ contre un The Run II. Qui n’arrivera jamais. Parce que je suis le seul au monde à l’avoir aimé.

Dance Central II


Bon.
Vous commencez à me connaitre les loulous.
Vous vous doutez fortement que le jeu sur lequel j’ai passé le plus d’heures cette année est Dance Central II. Il m’aura fallu un peu plus de quinze fois soixante minutes pour boucler toutes les chansons en 5 étoiles en difficile. Rajoutez à ça ce que j’ai joué au bureau, avec les potes, et sur les contenus additionnels qui sortent à un rythme bien trop faible à mon goût. Dance Central II m’a ravi en me faisant croire que je n’y arrivais jamais pour, à chaque fois, me pousser à réussir le truc qui me paraissait impossible. Puis je crois bien que j’ai perdu un ou deux kilos. Histoire vraie. Vivement l’année prochaine.

VOILA.

Maintenant, il faut que je trouve un travail pour justifier l’investissement d’une TV 3D pour jouer à Uncharted. Lol (or is it ?). Sinon j’attends que Rayman Origins finisse de floper et passe sous la barre des 20 euros pour me l’offrir entre deux recherches de taf. Après je ferai un Top 7 parce que je n’arriverai pas à choisir.

D’ici là, et en 2012, puissiez-vous jouer à un jeu qui vous donnera du bonheur et du plaisir. C’est tout ce qui compte.

1224 – Book Review 208

L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le pistolero le poursuivait.

Je me souviens quand Stephen King s’est fait renverser par une voiture. C’était en 1999 et de ce que j’en entendais dans les médias, c’était grave. Pendant ce temps, les fans de King commençaient à prendre peur qu’ils ne puissent jamais lire la fin du Grand Œuvre de l’auteur : La tour sombre. J’ai appris à lire des livres « pour les grands » avec Stephen King, alors j’écoutais, et c’était la première fois que j’entendais parler de The Dark Tower. Depuis, j’ai vu passer l’adaptation en comic par Marvel, les rumeurs de saga cinéma avec Javier Bardem. Forcément, ça agite la curiosité. Après s’être rétabli, Stephen King a écrit et publié les derniers volumes de la saga. En 2003 il a revu et corrigé les premiers épisodes, par soucis d’homogénéité. Et ce mois-ci, sorti de 1000 pages de 1Q84, j’ai entamé les 250 du Pistolero, le premier volume de la Tour sombre. Pour souffler.

Une très chouette vieille édition. :3

Le Pistolero est donc à la poursuite de l’homme en noir à travers le désert. Il marche chaque jour un peu plus sous le soleil de plomb, accompagné de sa mule et de sa volonté qui lui permet d’avancer. Sur sa route il croisera une ville d’illuminés, une femme trop curieuse, un fermier bavard, un enfant d’un autre monde et des mutants des cavernes. Entre autre. Au fur et à mesure de son voyage, il parlera ou repensera à ses jeunes années, sa formation de pistolero et sa famille. De l’homme en noir nous n’apprendrons pas grand-chose, si ce n’est qu’il détient quelques clefs concernant la mystérieuse Tour Sombre.

The Gunslinger est un prologue, une longue introduction. 250 pages plus loin et je ne peux pas dire que l’histoire ait réellement commencé. C’est un peu comme le pré générique du premier épisode d’une série TV. Ce que je retire du Pistolero, c’est l’ambiance de cet univers, quelques une de ses règles et une poignée de personnages principaux. Roland Deschain est le Pistolero, peut-être le dernier, et ce premier volume est en grande partie son histoire. Le style est à la fois contemplatif et « cool », dans le sens où King aime ses westerns et utilise tout ce qu’il peut pour donner un ton épique et viril à son récit. Ce qui pourrait passer pour prétentieux est au final complètement dans l’esprit du genre, cet espèce de mélange entre western et fantasy. L’auteur avoue en introduction avoir voulu faire un mash-up du Seigneur des anneaux et des westerns spaghettis. C’est tout à fait ça, en réussi et captivant.

Notons que The Gunslinger a d’abord été publié dans un journal littéraire, sous forme de feuilleton, où chaque chapitre était accompagné d’une superbe illustration couleur, reproduite jusque dans l’édition poche française (et tristement en basse résolution noir et blanc sur mon Kindle). C’est COOL. Et rustique.

King a commencé à rédiger The Dark Tower avant ses 20 ans, pour achever son écriture près de quarante an plus tard. Pour trainer dans un coin de ma tête un western post-apocalyptique en six volumes depuis mon époque BD, à 20 piges, je comprends. Sauf que je doute que mon truc puisse scotcher autant que cette introduction à la Tour Sombre.

Oui, je mords à l’hameçon. On dit que j’essaie le second volume. Allez.

BUY STAGE !!!

Pas cher en VF.

1223 – Lumberjack

Quand j’étais petit, la famille possédait un bout de forêt dans la Loire. Héritage dont nous n’avions pas les moyens de faire grand-chose. Mais chaque hiver, c’était l’occasion de prendre une hache dans le garage et d’aller couper un sapin. Mes bottes faisaient la moitié de ma taille d’enfant et il fallait lutter contre la boue à flanc de colline, au moins le temps de décider quel sapin prendre. Fier, je rentrais à la maison avec du vrai bois de la forêt. Les branches n’avaient pas le temps de comprendre ce qui leur arrivait qu’elles étaient déjà enguirlandées. Et dans le salon de mes grands-parents, ça sentait le sapin, le vrai, pas celui qui ne porte pas bonheur.

Puis on a vendu le bout de forêt, avec les sapins.

Quand j’étais moyen, mon père et moi étions au moins d’accord sur quelque chose : on ne mégote pas sur le sapin de Noël. Chaque décembre, nous prenions la voiture (surtout lui ; moi, je regardais) et nous partions loin, dans la banlieue de la banlieue. Nous avions rendez-vous avec un pépiniériste. Le boulot du type était de faire pousser des arbres, de toutes les sortes. Il m’expliquait la différence entre les sapins qui sentent, ceux qui ne sentent pas, ceux qui tombent des aiguilles et les autres. A deux, nous en choisissions un bien, donc magnifique et gigantesque, qui ne tiendrait que de justesse dans la Ford. Je comprenais vaguement que ça coûtait de l’argent, mais on ne me disait pas combien. Et puis ce n’était pas le problème. L’important c’était de repartir avec un bel arbre.

Puis mon frère et moi sommes montés sur Paris.

Quand nous repassons sur Lyon, c’est en coup de vent, le temps d’aller voir la famille, parfois lointaine. Le roi des forêts faisait sens quand nous passions deux, trois semaines de vacances autour. La magie de Noël a diminué en même temps que la taille du sapin, qui est présent principalement parce qu’il faut, décoré sans nous. C’est simplement histoire d’avoir un support à cadeaux, une manière d’honorer la tradition. On sait que cela me fait plaisir et que cela compte. C’est une relique de quelque chose. L’important à présent c’est qu’il soit là, pas sa taille ni son envergure. Et avec les années, je me suis surpris à de moins en moins râler à ce sujet. L’arbre a rapetissé, j’ai grandis.

Puis un jour j’achèterai un sapin pour chez moi.

Parce que je serai en train de bosser à l’étranger, parce que j’aurai un coup de folie, parce que j’aurai une famille. Un jour j’achèterai mon premier sapin de Noël. Ce sera mon auto cadeau. Ce sera un arbre gigantesque, le truc énorme qu’un ami m’aidera à porter dans les escaliers. Quand on le regardera le seul mot qui s’imposera à nous sera majestueux. C’est comme ça que ce doit être. Pour de vrai.

Quelque part, j’ai un peu hâte.
Joyeux noël.