L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le pistolero le poursuivait.
Je me souviens quand Stephen King s’est fait renverser par une voiture. C’était en 1999 et de ce que j’en entendais dans les médias, c’était grave. Pendant ce temps, les fans de King commençaient à prendre peur qu’ils ne puissent jamais lire la fin du Grand Œuvre de l’auteur : La tour sombre. J’ai appris à lire des livres « pour les grands » avec Stephen King, alors j’écoutais, et c’était la première fois que j’entendais parler de The Dark Tower. Depuis, j’ai vu passer l’adaptation en comic par Marvel, les rumeurs de saga cinéma avec Javier Bardem. Forcément, ça agite la curiosité. Après s’être rétabli, Stephen King a écrit et publié les derniers volumes de la saga. En 2003 il a revu et corrigé les premiers épisodes, par soucis d’homogénéité. Et ce mois-ci, sorti de 1000 pages de 1Q84, j’ai entamé les 250 du Pistolero, le premier volume de la Tour sombre. Pour souffler.

Une très chouette vieille édition. :3
Le Pistolero est donc à la poursuite de l’homme en noir à travers le désert. Il marche chaque jour un peu plus sous le soleil de plomb, accompagné de sa mule et de sa volonté qui lui permet d’avancer. Sur sa route il croisera une ville d’illuminés, une femme trop curieuse, un fermier bavard, un enfant d’un autre monde et des mutants des cavernes. Entre autre. Au fur et à mesure de son voyage, il parlera ou repensera à ses jeunes années, sa formation de pistolero et sa famille. De l’homme en noir nous n’apprendrons pas grand-chose, si ce n’est qu’il détient quelques clefs concernant la mystérieuse Tour Sombre.
The Gunslinger est un prologue, une longue introduction. 250 pages plus loin et je ne peux pas dire que l’histoire ait réellement commencé. C’est un peu comme le pré générique du premier épisode d’une série TV. Ce que je retire du Pistolero, c’est l’ambiance de cet univers, quelques une de ses règles et une poignée de personnages principaux. Roland Deschain est le Pistolero, peut-être le dernier, et ce premier volume est en grande partie son histoire. Le style est à la fois contemplatif et « cool », dans le sens où King aime ses westerns et utilise tout ce qu’il peut pour donner un ton épique et viril à son récit. Ce qui pourrait passer pour prétentieux est au final complètement dans l’esprit du genre, cet espèce de mélange entre western et fantasy. L’auteur avoue en introduction avoir voulu faire un mash-up du Seigneur des anneaux et des westerns spaghettis. C’est tout à fait ça, en réussi et captivant.
Notons que The Gunslinger a d’abord été publié dans un journal littéraire, sous forme de feuilleton, où chaque chapitre était accompagné d’une superbe illustration couleur, reproduite jusque dans l’édition poche française (et tristement en basse résolution noir et blanc sur mon Kindle). C’est COOL. Et rustique.

King a commencé à rédiger The Dark Tower avant ses 20 ans, pour achever son écriture près de quarante an plus tard. Pour trainer dans un coin de ma tête un western post-apocalyptique en six volumes depuis mon époque BD, à 20 piges, je comprends. Sauf que je doute que mon truc puisse scotcher autant que cette introduction à la Tour Sombre.
Oui, je mords à l’hameçon. On dit que j’essaie le second volume. Allez.
BUY STAGE !!!
La tour Sombre n’est pas un (le) bouquin de dark fantasy de King. C’est une saga assez ambitieuse (il dira lui même, “la Jupiter du firmament de mes productions”) qui a pour but, de la même façon que Fondation d’Asimov, de compiler dans un univers cohérent tous les livres de King, ni plus ni moins. Autrement dit, Randal Flagg (le fléau), La chose de ça, même le Shining…etc…
ET aussi de faire la saga type Seigneur des Anneaux du nouveau continent, avec bien sûr des six-coups en lieu et place des épées.
ET de faire un cheminement philosophique assez basique.
Le résultat est hélas très mauvais, très inégal (c’est écrit à quatre mains, entre le King affamé et tourmenté de ses vingts ans, et le King installé de ses cinquante), limite mégalo, avec un caméo de l’auteur sur la fin…etc…bon pour l’auteur le plus publié après la bible et Mao, on le pardonnera…
Stephen King est un écrivain maudit : son meilleur livre, il l’a écrit à vingt ans, clôturant ainsi sa vie littéraire. C’était Le Fléau.
Avis purement personnel, tu as bien fait de te lancer dans cette saga. Le jour où je l’ai commencée, j’ai pas pu décrocher tout au long des 7 tomes.
)
Les persos sont ultra attachants, et c’est impossible de pas vibrer tout au long de l’histoire. A tel point que j’ai même commencé à les relire. Alors bonne lecture, j’espère que t’aimeras au moins autant que moi (mais surtout plus que FibreTigre