
La semaine dernière j’étais à la lecture du nouveau numéro de la revue Bordel. J’accompagnais un ami qui avait lui-même apporté un autre ami (qui sort un recueil de nouvelles là maintenant chez Lattès). C’était bien parce qu’il y avait des petits gâteaux au chocolat en forme de koala et que j’ai pu entendre quelques nouvelles sans payer (point chômage). D’ailleurs Fanny Salmeron a lu son texte et j’ai trouvé ça très beau, avec une sensibilité littéraire qui me touche d’autant plus que je ne serais pas capable de l’émuler. Après deux mecs ont pris une demi-heure pour clamer l’histoire d’un pédophile récidiviste. C’était bizarre mais bien écrit. N’empêche, mal assis sur ma chaise en plastique, je mourrais d’envie de partir. Non pas que je m’ennuyais, au contraire, mais j’avais vraiment l’impression d’être un gros tocard à écouter les autres lire alors que je pouvais être en train d’écrire à la place.
Le paragraphe suivant est un interlude, paniquez pas.
La semaine dernière j’ai repris la piscine, parce que j’ai beaucoup de temps libre (point chômage). Et un peu de gras. Quand tu enchaînes les longueurs, tu n’as que deux solutions pour passer le temps : faire le vide ou réfléchir fort. Si tu fais le vide, invariablement, tu vas te planter sur ton nombre de longueurs. Drame du nageur amateur perdu : bon sang, ais-je parcouru 42 ou 44 fois la longueur du bassin ? Dans le doute je devrais repartir de 42, ce qui signifie que j’ai peut être fait 50 mètres pour rien, puisque je les ai décomptés ? BORDEL. Alors à la place, je cogite pendant l’heure de natation. Je repense à mes projets, mes histoires, je tente de trouver des solutions nouvelles à de vieux problèmes. Je me dis que telle ou telle idée n’aurait pas dû être laissée à l’abandon. Je travaille en silence.
Retour au truc du début.
La soirée littéraire n’a pas trop duré, j’ai pu enchaîner avec un autre plan à l’autre bout de la ville, une fête de stagiaires de mon dernier boulot. J’ai fait le grand écart passion/travail la même nuit. Une fois rentré, à plein d’heures du matin, je pouvais ouvrir Word ou aller voir sur Monster. J’ai écrit jusqu’à 5 heures. Ce qui tendrait à montrer que l’encouragement indirect de la soirée Bordel fut plus fort que le début de honte qui m’habitait à la soirée boulot. Si j’ai pu noircir quelques pages virtuelles, c’est avant tout parce que j’avais cogité, au fil de l’eau. D’une frustration qui fait surface à la première longueur je tirais un synopsis à la soixantième. La moitié du travail s’est fait dans le sous-sol de la piscine Parmentier. La seconde au milieu de la nuit deux jours plus tard.
J’ai repris un petit pet-project (se dit d’un truc que t’arriveras pas à vendre à quelqu’un qui signe des chèques et que donc tu fais à priori à perte). En plus il me faut encore 13 nouvelles pour arriver au bout du premier draft. Ah non, 12, parce que je suis retourné à la piscine (vous voyez le lien là c’est bon du coup ?).
Tout ça pour dire que toute motivation est bonne à prendre, même un peu bordélique, et que le sport muscle l’esprit. En gros. Je me comprends. Bref.
Je reste pas, je dois cliquer sur « nouveau document » avant de m’endormir.
Je ne comprendrais jamais l’angoisse de l’écrivain, mais celle du nombre de longueur carrément, putain comment stater correctement si tu te plantes sans arrêt…
Personnellement, à la piscine, faire le vide ou réfléchir fort, ça me fait dans tous les cas perdre le compte de longueurs que j’ai fait. Ça vaut pour tous les sports en fait.
Mais je suis tout à fait d’accord que c’est dans ces moments là qu’il est le plus “facile” de se concentrer sur ses projets en cours, passés ou à venir.
Sinon, la marche permet de s’oxygéner et de faire carburer les neurones sans trop de risque d’erreur de compte, Comte.
Tu fais comptes des longueurs dans tous les sports, Comte de X ? (pardon, je n’ai pas pu m’en empêcher)
Pas forcément des longueurs, mais quand je cours sur une piste, 9 fois sur 10, je perds le compte du nombre de tour que j’ai fait… mémoire de poisson rouge inside
Eh, eh, je plaisantais !
Oups, mon commentaire est nul, et mal écrit. I apologize.
Nan mais ne pleure pas, je t’ai compris. La blague n’était pas assez explicite, voilà tout.
Vous êtes tous trop mignons.
Pour ma part, je me sens un peu pitoyable. Je ne me hasarderais plus à essayer de faire le troll.
Oh mais tu peux, j’ai déjà eu des trolls niveau tournoi.