Book Review 225

Je ne connais pas trop Philippe Coussin-Grudzinski. Mais je l’ai quand même sur mon Facebook. Parce qu’en tant que bômeur (bobo + chômeur), ancien du CELSA et mécontent de la littérature en général, il me ressemble un peu. Alors on a essayé de s’assembler. Sauf que lui est plus journaliste, moins calme et plus gay que moi. Il sévit sur son propre blog hébergé chez les Inrocks, où il emmerde un peu les gens en dressant des typologies qui réveillent les trolls. D’où insultes dans les commentaires, bonne ambiance. Je respecte. D’autant que ça lui a valu d’être repéré par un éditeur, qui l’a directement contacté. Un rapide échange de PDF plus tard et c’était signé. Chapeau.

Voyages sur Chesterfield est son premier roman, sorti au moins de mai aux éditions Intervalles. Comme j’étais curieux, je m’en suis procuré un exemplaire. Court mais écrit petit, le livre est très joli, tout doux sous les doigts, les pages presque trop blanches pour être lues au soleil. Le pitch me plaisait pas mal : « Philippe » passe une nuit sur son Chesterfield (un fauteuil quoi), à écumer Facebook à la recherche de souvenirs et vieux statuts, tout en se faisant emmerder sur le chat par ses « amis ». Le concept permet de maintenir l’unité de temps et de lieu, ce qui me fait toujours un peu frétiller. Dans les faits, le roman est découpé en chapitres titrés de l’heure qu’il est dans le récit. On démarre à minuit sept pour boucler à sept heures du matin.

Entre temps on retrouvera un certain nombre de thèmes, comme l’insatisfaction du narrateur face à la médiocrité du monde. J’ai, à ce propos, savouré le (trop) court chapitre consacrés aux filles à frange du CELSA. D’autres révoltes sont un peu plus convenues, comme la nullité littéraire, ou la course au pavillon de banlieue pour les extudiants d’école de commerce. Le livre parle aussi beaucoup d’amour, gay, avec un certain Raphaël. Et j’ai aimé que dans un bouquin typé « jeune branleur », le narrateur soit heureux en amour, sans coucheries ni mensonges. C’est peut-être là qu’est l’âme du livre, dans ce couple formidablement banal, qui vient contrebalancer toutes les excentricités parfois tête à claque du reste.

J’ai un peu l’impression de Voyages sur Chesterfield est un roman du genre de ceux écrits par la jeunesse dorée en perte de repères qui s’emmerde, mais cette fois par un mec qui n’a pas (jamais eu) de thune. C’est à la fois novateur (un peu) et sinistre, puisque même le pognon ne suffit plus à faire rêver une frange de ma génération. Au niveau du style, c’est fluide même si quelques longues phrases auraient pu être coupées en deux, un point à la place d’une virgule par exemple. Quelques bonnes phases m’ont fait sourire, ce qui est déjà mieux que pas mal. En même temps, je suis peut-être tendre avec Coussin-Gruzinski parce que je retrouve pas mal de mon quotidien de maintenant dans ce bouquin, sans parler des bribes qui ressemblent à mon propre vieux manuscrit.

VSC (oui j’acronyme parce que j’ai la flemme, même si c’est la fin du post) est mine de rien la typologie (hihihi) de ce que Philippe, parfois moi-même, et un tas d’autres représentons dans la vraie vie, à ce moment-là. C’est mi-sinistre, mi-tout doux, donc pas désespéré.

Puis ça (nous) se lit bien.

BUY STAGE !!!

Il vous en coûtera 14.25€.

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