Book Review 226

Bon, j’ai merdé.

J’accompagnais une amie à la Fnac, sans rien avoir prévu de prendre. Sauf que, coincés en caisse, je me mets à regarder les présentoirs de livres de poche. Vous savez, l’équivalent FNAC des chewing gum et autres TV Loisirs du Monoprix. Les trucs sont là pour vous faire céder, votre esprit déjà affaibli par l’infernale attente. L’achat d’impulsion. Mon regard de pie a été attiré par quelque chose de brillant, là, en plein milieu. OH, CA ALORS. Une réédition d’une novella de Murakami sous une très belle couverture à la typo gaufrée, avec de l’encre effet argenté. Je feuillette rapidement l’objet, et découvre des pages en papier glacé, un texte serti de dessins en niveaux de gris, utilisant la même encre argent. Que la FNAC est traitresse, puisque qu’étant venu les mains dans les poches, j’en sors avec un livre, dans la poche.

Et là, le putain de malaise.

J’ai vraiment trouvé Sommeil très mauvais. Si ça avait été mon premier Murakami, je l’aurais jeté par la fenêtre, ou offert à un type que je n’aime pas. L’histoire est celle d’une femme qui n’arrive plus à dormir, sans que cela ne lui cause la moindre gène physiologique. Si le récit est intriguant et aérien, à la manière de Murakami, le style m’a rendu fou. Deux problèmes. Déjà, je n’ai jamais lu autant de répétitions dans un texte publié et vendu à des gens. Alors je me doute que c’est un effet de style déjà présent dans la version japonaise. N’empêche, à chaque fois que je voyais trois ou quatre fois le même mot sur deux fois moins de phrase, je crissais des dents. L’autre souci, est le temps du passé, qui fait patiner le récit. Je sais que la traductrice à tendance à rehausser le niveau de langue de l’auteur (comme vu sur 1Q84), donc je ne peux pas dire d’où vient le problème.

Il n’empêche, la lecture a été pénible. Je ne reconnaissais plus « mon » Murakami. Après de rapides recherches, les autres blogs littéraires ont, eux, parfaitement apprécié le récit. Peut-être est-ce parce que je ne lis l’auteur qu’en anglais depuis trois ans. Je ne sais pas trop. Les illustrations de la novella sont aussi discutables, bien qu’issue des pinceaux d’une star de la BD allemande. Ça se veut intello jusque dans le dessin, au détriment de tout le reste (illustration, ambiance). Un coup dans l’eau. Reste toute la partie fabrication du livre, avec sa sublime couverture, et son papier glacé comme on en trouve quasiment pas lorsqu’il s’agit de littérature. C’est l’extérieur du livre qui m’aura attiré et l’extérieur du livre qui reste ce que j’aurais préféré. Tristesse absolue.

Même si, quelque part, c’est assez rigolo de se faire avoir par le livre objet un peu luxe, un peu collector. Douce ironie.

BUY STAGE !!!

Bon, au moins, c’est pas cher.

2 réflexions au sujet de « Book Review 226 »

  1. Je n’ai lu jusqu’ici que des nouvelles de Murakami, (en français) je me rappelle de celle-là mais je n’avais pas été particulièrement choquée par le style. Peut-être parce que je n’ai jamais lu de « vrai roman » de lui..

  2. Comme quoi, la règle  » Ce qui est en présentoir près des caisses sera horrible  » s’applique aussi au bons auteurs.
    En attendant je note que si je suis quelqu’un à qui tu offres un livre, j’irai regarderai à deux fois.

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