The Two First Times

La seconde fois que j’ai vu le Spider-Man de Sam Raimi, c’était avec un groupe d’amis il y a dix ans.

J’étais assis à côté d’une fille qui me plaisait bien, avec qui depuis quelques semaines on s’échangeait des clin d’oeils, des sous-entendus, ce genre de choses. Pendant la séance, elle a commencé par poser ses doigts sur ma cuisse, à remonter le long de ma jambe, jusqu’à ma main. Puis, elle a penché sa tête sur mon épaule. Sauf que je n’en avais prodigieusement rien à foutre. J’étais hypnotisé. Si, lors de ma première projection, j’avais surtout savouré l’histoire, les dialogues, j’étais cette fois-là en train d’absorber tout le visuel du film, à vivre chaque plan au ralenti. L’adaptation n’était pas pile ce que je voulais mais elle avait du coeur, une âme. Il n’y avait que le film et moi. J’ai superbement ignoré la fille que pourtant je désirais. Au point qu’elle n’en prenne ombrage et fasse complètement marche arrière.

Elle ne m’a plus jamais adressé la parole (enfin si, une fois, je vous raconterai, y’a de l’alcool et des seins).

La première fois que j’ai vu le Spider-Man de Sam Raimi, c’était avec un groupe d’amis il y a dix ans.

J’étais persuadé que la salle serait pleine, la première séance du matin, alors j’ai forcé tout le monde à se lever méga tôt, et à venir une heure (!) avant l’ouverture du Ciné Cité. Pour me faire pardonner, j’avais pris avec moi ma collection de comics. Nous étions une demi-douzaine devant le cinéma, chacun avec un Amazing, un recueil de Spectacular, un Ultimate. On discutait un peu, on lisait beaucoup. Tout le monde s’imprégnait, sous le doux soleil d’été. Je crois avoir rarement été aussi heureux de ma vie. Lorsque je suis allé prendre mon billet, au guichet, j’ai brandi fièrement Ultimate Spider-Man #1 en espérant que la caissière comprenne toute seule. Mais non. Une place pour Spider-Man s’il vous plait. Merci. Seule fausse note d’une matinée parfaite.

Cette semaine je suis allé voir le Spider-Man de Marc Webb. Je n’avais pas de groupe d’amis avec moi, je n’avais pas de fille ayant envie de m’embrasser, et je n’avais pas de caissière à qui montrer le tee shirt Spider-Man que je portais fièrement. J’ai pris mon ticket aux bornes automatiques, et je suis parti me niquer les yeux à porter les lourdes lunettes 3D du MK2 Bibliothèque, celles qui obscurcirent tellement l’image que j’ai passé deux heures à les enlever/remettre pour me faire une idée des couleurs réelles de la pellicule. La séance fut une catastrophe, entre le révisionnisme inutile du mythe, la réalisation indigente, l’absence de souffle coupé. Bouffi de colère, je me suis cassé dès le début du générique, ratant la courte scène bonus que j’ai rattrapée sur Youtube en rentrant.

Mes amis m’ont manqué autant que l’âme de mon super-héros préféré, réduit à une adaptation en un téléfilm de luxe. Je suis sorti sous quelques gouttes de pluie, qui ont achevé de me convaincre de rentrer chez moi en courant. Je me suis fait un café, que j’ai bu devant Amazing Spider-Man et Spider-Men.

Puis ça allait un peu mieux.

Le passé me manque.

5 réflexions sur “The Two First Times

  1. Je vois bien le délire de regretter la trilogie de Raimi, la nostalgie, tout ça. N’empêche que pour un type qui n’y connaît rien à l’univers Spiderman comme moi, et bien The Amazing a été une sacrée bonne surprise.
    Je me souviens de la trilogie de Raimi comme d’une épreuve super longue, avec des acteurs fadasses, des costumes ridicules et de la psychologie de comptoir. Les films de super-héros dans ce qu’ils ont de plus lourdingue. Je me souviens vaguement d’une scène de baiser tête en bas qui était bien foutue, mais à part ça qu’est ce que c’était chiant.
    Là, pas un seul temps mort, on rentre bien dans l’histoire, les acteurs font le boulot, super propre graphiquement, c’est bcp plus fun, rien à dire. J’en serai presque à attendre la suite.
    En fait, ça doit être l’avantage de ne pas être un fan, on rentre dans le film sans a priori, donc sans regret potentiel, il ne reste que le plaisir.

  2. J’aime bien ce que tu racontes. Le souvenir autour du film presque aussi important que le film lui-même. Ou qui en fascine la vision que tu en as dans ta tête.

    Au final un film, un ciné est pour moi une expérience très solitaire.
    Parce que, circonstances faisant, grandissant dans un cercle où j’étais le seul à m’échapper pour aller au cinéma, plus tard les choses s’améliorant mais continuant toujours, sur un coup de tête, à me dire "Je vais aller voir ce film.", tu me fais regretter de pas avoir plus pris le temps d’appeler, de prévenir, de dire "Hey, viens avec moi."
    Tu me fais me dire que j’ai des souvenirs que je chéris pas assez pour avoir envie de les retrouver. Que je devrai.

    Je me souviens de certains films que j’ai vu, vu et revu, que j’ai pu montrer à une fille, et que même si je me concentrais sur le film ( Sunshine, notamment ), je la quittais pas des yeux, parce que je voulais qu’elle apprécie ce que j’aime, que j’imaginais qu’elle verrait un peu ce que j’arrivais pas à montrer de moi-même par le biais d’un film dans lequel j’ai pu m’investir émotionnellement. C’est ce qui est venu après le film dont je me souviens le plus. ( Petit partage de souvenir. ) Quand elle s’est jeté sur moi.
    Mais c’est dingue comme une expérience de film peut changer, après coup, quand on est seuls ou pas. Take Shelter ou Shame m’auraient-ils autant bouleversé si j’avais pas été célibataire, ou juste pas seul dans la salle quand je les ai vu ? Qui sait ?

    Après, on est d’accord, en tant que fan de Spidey, aller voir le dernier Spider-man me fait un peu peur aussi. J’irai, parce qu’il me faut un avis, parce que ceux de Sam Raimi ont fini par me décevoir, même si le premier m’a bien suivi, que je me refais un run sur les beaux tomes en relié des Ultimate Spiderman en ce moment, bon on verra bien, hein ?

    Bonne nuit, leReilly.

  3. Hello Ben ! Je suis allé voir le nouveau Spider-man hier soir et je suis bien content de voir que tu en parles sur ton blog car je voulais absolument avoir ton avis… qui semble être très proche du mien =^.^=
    En gros… une déception. Le mot est un peu fort car je n’en attendais pas grand chose mais quand même.
    A aucun moment je n’ai réussi à croire à cette histoire et ces personnages.
    Tout est "forcé". Les préparations sont placées à la presse dans l’esprit des spectateurs, les personnages sont obligés de pondre des monologues improbables pour expliquer leurs motivations floues, les coïncidences et autres facilités aidant bien le scénariste sont trop nombreuses, etc. J’ai eu l’impression de voir un mauvais remake du premier Spider-Man de Sam Raimi, le seul que j’aime dans sa trilogie, à l’exception d’un plan et d’un dialogue. D’ailleurs, en parlant de ça, ils ont rendu dans ce nouveau film la scène du pont, avec "tous New-York" aidant Spider-Man un peu moins grossière, mais elle est tout de même là et assez abusée.
    Peut-être suis-je allé cherché du réalisme là où personne n’a essayé d’en mettre après tout. Les personnages se font lacérer le ventre ou même prendre des balles dans les jambes… sans avoir la moindre séquelle le lendemain. Peter Parker fait des trucs de ouf devant tout le monde sans que ça n’étonne personne (bienvenu en Amérique). Spider-Man se construit, on ne sait trop comment, un lanceur de toile "magique" (la toile disparaît dès que c’est intéressant pour le scénariste). Le lézard a un plan fondamentalement incompréhensible (mais il doit certainement être "fou" à cause de son sérum "créant de la matière à partir de rien"). Une formule mathématique de merde peut "changer le monde". L’utilisation des comptes à rebours pour créer une urgence est risible. J’en passe et des pires.
    Bref, c’est pas la fête au pays de l’araignée. :-(
    En bonus, une 3D inexistante. D’ailleurs, la réalisation, basée sur la gestion des flous entre les différents plans (et pas mal de faux raccords), est clairement orientée 2D. Je ne peux pas en vouloir au réalisateur, qui n’a pas son mot à dire, sur cette mauvaise conversion.
    C’est con car j’avais beaucoup aimé son précédent film. :-(
    Enfin, si ce n’est pas aussi nul que Proutmerdeus, ce n’est pas la fête quand même. Je suis certainement trop vieux. Ce film est visiblement destiné à des enfants. L’important est que ça leur plaise après tout…

  4. Je reviens un peu tard mais comme j’ai un avis différent ça vaut le coup ! :D

    Juste pour dire que j’ai bien apprécié ce Spiderman là, beaucoup plus proche du Ultimate Spiderman de Mark Bagley que du personnage de Stan Lee évidemment, ce qui fera bien chier les vieux fans jamais content. J’ai surtout aimé ce Peter Parker beaucoup plus fun que l’original, qui fait du skate dans son lycée, moins timide gnangnan.

    J’ai apprécié de ne pas me taper le personnage de Mary Jane que je trouve souvent pleurnicharde et chiante mais à la place une Gwen fraîche et courageuse.

    Alors oui l’histoire est pourrie et certains trucs sont ridicules (la lycéenne qui fait la visite dans les labo ultra hytech, les motivations du lézard.. (qui a vraiment une tronche de merde en passant), le "peux tu préparer un antidote magique ?" "Oui facile !", j’en passe et des meilleurs)

    Mais j’ai aimé quand même parce que finalement ce que j’aime dans Spiderman c’est Peter Parker et j’ai bien aimé cette version :)

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