Book Review 47.2

Je ne relis pas les livres. C’est trop long. Autant trouver deux petites heures pour ravaler un film est aisé, autant je peine pour caser une relecture quelque part. Je préférerais toujours lire un nouveau livre, il y en a tellement, partout, tout le temps.

Sauf que j’ai passé le mois dernier à relire le Monstres Invisibles de Chuck Palahniuk (chroniqué ici il y a… oh putain, plus de trois ans). J’avais une excuse, il s’agit d’une toute nouvelle édition enrichie, « remix ».

Invisible Monsters est le premier roman de Chuck Palahniuk et, à l’époque, tous les éditeurs l’avaient refusé. Parce que trop trash, parce que trop compliqué, le roman était resté dans un tiroir et l’auteur s’est resigné à écrire un autre manuscrit : Fight Club. Le succès plus tard, Palahniuk a pu faire publier Invisible Monsters en 1999 mais uniquement sous une couverture souple, purgée d’une idée de chapitrage un peu étrange. Cette année, le livre est ressorti dans une édition remix, sous une couverture cartonnée, avec une introduction inédite et un tas d’ajouts, dont le fameux ordre des chapitres.

En effet, dans cette édition, chaque chapitre se termine par le numéro du prochain chapitre à aller lire. C’est-à-dire que les chapitres sont dans le désordre, et qu’il faut suivre les indications pour poursuivre sa lecture. L’idée de base étant de copier les magazines US comme Vogue, dont les gros articles et interviews sont coupés en deux au sein de la revue (une pratique bien reloue dans le but de maximiser la manipulation du magazine, heureusement peu utilisée chez nous). C’était aussi un moyen de surprendre le lecteur, de le déstabiliser de façon à ce qu’il ne sache pas s’il approche de la fin de l’histoire (dans les faits, le découpage a une logique trop facile, et on peut calculer mentalement, petite déception).

Au milieu de ce petit bordel viennent s’ajouter des chapitres bonus, sans rapport avec l’intrigue. Il s’agit d’anecdotes personnelles de la vie de Palahniuk (le tournage du film Choke, la mort de David Foster Wallace) mais aussi des confidences vis-à-vis de Monstres Invisibles (sa gestation, les ateliers d’écriture). Parfois on tombe dessus par hasard, ou alors on les cherche, après avoir fini le livre. Plusieurs de ces bonus sont imprimés à l’envers et il faudra alors trouver un miroir devant lequel tenir le livre pour pouvoir les lire. FUN. Maintenant de là à savoir si cette vingtaine de pages en plus justifient à elles seules le rachat du livre, je n’en suis pas certain. S’il s’agissait de chapitres supplémentaires du roman en lui-même, alors oui. En l’état, cela dépend de votre attachement à Palahniuk.

A ce propos, ce bien joli tee shirt officiel me fait de l’oeil par exemple. Au hasard.

En ce qui me concerne je ne regrette pas. J’ai apprécié cette relecture, d’autant que j’avais les deux tiers des twists encore bien en tête. J’ai pu savourer la horde d’indices dans la première partie du livre. Par contre, même planqué dans un sac, le livre a pris la flotte suite aux intempéries des dernières semaines et est à présent bien salopé. Ce qui m’emmerde un peu. Disons que ça ne serait pas arrivé à mon Kindle éteint.

Prévoyant, j’avais enlevé la jaquette en papier glacée le temps de promener le livre. Je me retrouve donc avec un livre à la jaquette en parfait état mais gondolé et jauni à l’intérieur.

Assez cohérent avec le sujet du roman en fait.

BUY STAGE !!!

Malheureusement, c’est pas donné, à près de 22€.

Une réflexion au sujet de « Book Review 47.2 »

  1. J’ai découvert Fight Club super tard (j’ai lu le bouquin pour la 1ère fois il y a presque 2ans) et j’ai beaucoup aimé, le relire aussi, même si bien sûr tout repose sur le fait de savoir, ou ne pas savoir, mais j’avais trouvé le courage de le relire.
    Et ce, alors que je ne relis jamais aucun livre (excepté l’attrape coeur de Salinger, en VO, vu que la nouvelle trad est pas au niveau je trouve, c’est mon péché mignon) et que j’ai déjà beaucoup de mal à finir beaucoup de bouquins (à cause de la façon dont internet à modifié mon rapport au texte ? Parce que j’ai toujours lu beaucoup de magazines ? Parce que j’avais plus de temps consacré à la lecture ? sûrement un peu de tout ça)

    C’est effectivement un peu cher pour moi, mais j’irais voir s’il n’est pas dispo chez un bouquiniste.
    Une fois que j’aurais fini le pavé de Denis Robert sur Clearstream à moitié commencé (et cette anthologie de récits de DC Comics)

    Sinon, j’ai commencé Jane Eyre, c’est moins chiant que je me l’étais imaginé (j’avais lu le « préquel » Wide Sargasso Sea à la fac)

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