Street Stalking

Je n’ai réellement abordé une inconnue dans la rue qu’une seule fois, et c’était sur un malentendu.

Il faisait beau, et je flânais sur la presqu’île de Lyon. Quand j’ai croisé une fille et deux de ses potes mecs. Elle me disait quelque chose, avec ses cheveux noirs, ses yeux bleus, son nez en trompette, sa poitrine en… poitrine. J’ai bloqué un instant, ai plongé dans son regard, à la recherche d’un indice, d’un signe. Mais rien. Et ils ont tous les trois passé leur chemin. J’ai repris ma propre route, sans pouvoir m’ôter de la tête que je la connaissais, que je l’avais déjà vue, une jolie fille comme ça. Alors, finalement, je me suis retourné et j’ai couru à sa poursuite. J’ai pensé l’avoir perdue, mais la retrouvait trois rues plus loin. Hors d’haleine, j’ai balbutié le plus honnête des « On se connait non ? ». Elle m’a dévisagé à son tour.

« Non, pas du tout. T’es qui ? »

Quand j’ai tenté d’expliquer que, comme elle avait soutenu mon regard, je pensais qu’on se connaissait, elle a rétorqué que non non, j’étais juste mignon. C’était tout. Ses deux potes étaient hilares pendant qu’on se débattait dans un flirt de niveau collège. Je suis reparti avec son numéro de téléphone fixe (alo oui cer l’an 2000), la promesse d’une vraie rencontre, la possibilité d’un bisou sur la bouche, potentiellement avec la langue. Ragaillardi, j’ai trottiné jusqu’à ma destination initiale. Le soir même nous nous étions callé un rendez-vous entre nous, dans une salle obscure.

Ensuite c’est complètement parti en vrille.

Suite à un rencard désastreux, j’ai préféré faire comprendre que le mieux était qu’on en reste là. Je le sentais moyen, autant ne pas tenter le diable. Elle a complètement pété un plomb, m’a traité de tous les noms, jusqu’à ce que je finisse par raccrocher. Assez vite elle a enchainé avec les emails d’insulte. Comme je ne répondais pas, elle est passée à l’étape du dessus, les coups de fil anonyme chez moi, sur le fixe familial. Bonjour pour expliquer le truc aux parents. Encore plus lorsqu’il était d’expliquer le truc à ses parents à elle (coucou l’affichage du numéro). Il a fallu ça pour que tout s’arrête après deux semaines de crises et harcèlement. Elle a bien tenté un rappel deux ans plus tard en mode : « j’ai trouvé ce numéro, je sais pas à qui il est ». J’ai coupé court.

Depuis, je n’ai plus jamais abordé aucune inconnue dans la rue. Je sais bien qu’une mauvaise expérience ne prouve rien, mais quand même, avec un ratio d’emmerdes de 100% (sur une tentative), bonjour l’angoisse.

Je préfère retourner poker des connues sur Facebook.

7 réflexions au sujet de « Street Stalking »

  1. Moi j’adore ce frisson. Uniquement pour le jeu de la séduction. Avec les filles rencontrées dans la rue je n’ai jamais conclu quoi que ce soit. Par contre de bonnes aprem en terrasse de café, ça me suffit largement. Et la tension sexuelle du flirt/drague pré-conclusion (les filles maqués jouent également très bien le jeu quand elles ont du temps libre), ça n’a pas de prix. C’est le plus délicieux des remontant que je connaisse, loin devant le Redbull.

  2. Effectivement, ça donne pas très envie de recommencer. Surtout quand on sait qu’il y a plus de fous à l’extérieur des asiles qu’à l’intérieur…
    Je n’ai jamais abordé. Trop peur de tomber sur un tordu. Je préfère encore laisser planer le mystère que ça n’en ai pas un.
    Et les fois où l’on m’a arrêté pour de vrai dans la rue, ça a toujours été très… bateau. Ca sentait le gros lourd à des kilomètres. Je préfère encore l’approche maladroite, mais honnête que l’approche préparée et lourdasse.

    Rien ne vaut les rencontres hasardeuses d’amis d’autres amis.

  3. Jamais essayé. Pas le courage, ni la conviction. Et puis je trouve qu’aborder quelqu’un dans la rue avec comme unique référence son physique me dérange un peu. J’ai besoin de plus pour trouver quelqu’un attirant, même si certaines femmes ne me laissent carrément pas indifférent. Ou alors je n’ai pas encore rencontré LA fille qui me fera franchir la barrière de la timidité et surpasser cette sensation de futilité.

    D’ailleurs, quand je pense aux rencontres dans la rue, je revois tout de suite les gros lourds qui klaxonnent ou sifflent les filles. Je ne comprends pas ce phénomène. Est-ce qu’un jour, un type qui ait fait ça a réussi à avoir un rencard ? Est-ce que la fille concernée a pensé « Wouah, sympa le mec qui me prend pour de la viande ! » ?

    Donc du coup, j’ai cette image de gros lourdaud à l’esprit et même si une représentante de la gente féminine m’hypnotise et me donne envie de plus la connaître, le fait de me dire que je me rapproche de ce « modèle » refroidit toute ardeur.

    Je loupe sûrement des rencontres, mais je vis bien avec moi-même.

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