Gary Oak 2

La dernière fois que j’avais titré un article Gary Oak, c’était pour parler d’un ennemi. Alors que Gary, dans Pokemon, est plutôt un rival. C’était un abus de langage. D’autant qu’à l’époque où je faisais (à peu près) de la bande dessinée, j’avais un véritable rival, au sens noble du terme.

D’après le Larousse un Rival est une « Personne en compétition ouverte avec d’autres pour l’obtention d’un avantage ne pouvant revenir qu’à un seul »

Il s’agissait d’un scénariste à peu près au même niveau professionnel que moi (c’est-à-dire proche du néant). Nous étions apparu à la même époque, sur le même site, avec la même ambition, à savoir écrire des histoires de fou, rencontrer des dessinateurs incroyables, passer pro et un jour, peut-être, en vivre. Alors bien entendu, en BD comme dans le reste des arts, tu es avant tout en compétition avec toi-même, dans la mesure où empêcher l’autre de réussir ne vas pas augmenter tes chances, tout comme sa réussite ne diminue pas les tiennes. Le problème est qu’à notre petit niveau, on se battait pour l’accès à une ressource rare : le dessinateur de talent disposé à travailler avec un scénariste. A l’époque on écumait les mêmes forums, les mêmes sites de petites annonces, pour draguer les mêmes artistes.

Fight.

Je crois que ce qui faisait que nous étions de bons rivaux, c’est qu’on se détestait artistiquement tout en s’appréciant à peu près humainement. Et encore, on méprisait le travail de l’autre, persuadé d’être meilleur, mais avec malgré tout ce fond de doute. Peut-être qu’il est bon et que je ne m’en rends pas compte. Si jamais. Alors on se tirait allègrement dans les pattes, on répondait aux mêmes annonces, en envoyant chacun notre script. L’autre devenait fou si l’un des deux était choisi. Mais dans le cas où une tierce personne était préférée, lui et moi pouvions bitcher ensemble dans notre coin. Lorsqu’on se croisait à Angoulême ou ailleurs, on essayait de s’entre-épater, entre deux vannes un peu plus aiguisées que nécessaire. Avant de repartir, chacun de notre côté, persuadé que la prochaine fois, on pourrait jeter un album signé ou autre victoire à la gueule de l’autre.

Parce que le karma est une pute, j’ai changé de jeu, et lui n’a à ma connaissance toujours pas percé. Je le sais parce que je le flique un peu. Parce que depuis que ne nous sommes plus rivaux, je peux me permettre de lui souhaiter le meilleur. Et parce que notre petite guéguerre m’aura servi de coup de pied au cul permanent. Une source de motivation comme une autre, peut-être plus épicée, assaisonnée à la rage de gagner.

Bon. Fais des albums maintenant mec. Plein. DO IT MERDE.

Une réflexion sur “Gary Oak 2

  1. Quand il sortira un album ou un roman ou autre, n’oublie pas de faire un post dessus ;)
    Toi aussi, fais pleins de romans, DO IT BORDEL >:(

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