Memento

En ce moment je dois faire le vide dans mon appart’, c’est-à-dire jeter tout ce qui est possible de l’être, si possible dans un volcan encore en activité. Dans l’idée. Alors chaque jour, j’ouvre des tiroirs, en déverse le contenu au sol, et procède à un tri plus ou moins stratégique. Je retrouve par là même un tas de trucs. Par exemple j’ai encore dans leur tube deux posters de films que je n’ai jamais accrochés, faute de cadre, et par incapacité à me résoudre de les scotcher simplement aux murs blancs. J’ai aussi accepté de foutre en l’air la sacoche GTA IV offerte dans l’édition collector du jeu d’il y a quatre ans, en même temps qu’un tee shirt XL de Arkham City, jamais porté. Dans le même ordre d’idées, est-ce que j’ai réellement besoin de conserver mes vieux Techni/Cronic-arts ? Bon appétit poubelle jaune. Par contre je garde mes Spirou Magazine.

Au milieu de tout ce bordel, je finis par remettre la main sur des trucs un peu plus sentimentaux, des espèces de talismans du passé.

J’ai par exemple sur mon bureau un bon cadeau d’anniversaire dessiné à la main me promettant une paire de chaussure. Elle me l’avait offert y’a 18 mois, je n’ai toujours pas de chaussures. Sachant qu’il y a pas de date limite de validité, j’ai envie de le conserver. Dans un tiroir du meuble de l’entrée, un sachet plastique avec plusieurs médicaments périmés, offert par celle qui savait parfois être la plus gentille d’entre toutes, quand j’étais malade il y a trois ans. Sinon, j’ai rangé sous mon lit une chemise offerte par un ami, mais à la taille trop grande et aux manches trop courtes. Au fond d’un sac Go Sport j’ai retrouvé le cadenas taxé à l’ex-femme de ma vie à l’époque où on allait au même club de gym. Et pour une raison que je ne m’explique pas tout à fait, j’ai gardé sur une chaise que je n’utilise jamais la totalité des prospectus et tickets de caisses glanés pendant mon voyage à New-York.

Alors que j’hésite entre ce que je conserve précieusement ou non, j’essaie de dresser la liste mentale ce que j’ai oublié ou abandonné chez les gens.

Il y a la demi-douzaine de jeux Xbox 360 perdus chez un pote après une engueulade définitive. Un autre ami possède les trois quarts de mon intégrale Scott Pilgrim, et m’est avis que je vais oublier encore et encore de lui réclamer. Je repense sans arrêt au tee Threadless laissé à une fille dans l’espoir qu’on se revoie pour qu’elle me le rende, pour au bout du compte ne jamais la revoir. J’ai fini par me racheter le même, la mort dans l’âme. J’avais échangé un bouquin avec une amie, mais je n’ai jamais proposé qu’on refasse l’échange inverse vu que j’ai déchiré la couverture du sien, et que j’ai préféré faire le mort jusqu’à ce qu’elle déménage, loin. Sinon, une copine a un bon cadeau d’anniversaire dessiné à la main lui promettant un cadeau sexy. Depuis que je lui offert on a eu le temps de se séparer deux fois. Je crois. Allez savoir ce que ça vaut à présent.

Bien entendu, je ne compte pas les véritables cadeaux, les prêts définitifs, les lettres manuscrites, tout ce qui, je l’espère, n’a pas été jeté. Non, je pense plutôt aux objets oubliés, de l’un comme de l’autre, qui ressurgissent lors d’un rangement, qui font remonter des souvenirs et qui poussent à devoir choisir.

Je garde ou pas ?

10 réflexions sur “Memento

  1. Si ça t’intéresse, je propose des journées "tri" pendant lesquelles je me déplace chez la personne avec sacs poubelles et gants en latex (et dans ton cas 2 cadres IKEA), et j’aide à faire le tri de manière logique et sanitaire (jette ce demi-cookie mordu par Adriana lors de la collecte de 2005 !). Je te présente ensuite une décoratrice :D

  2. "accepté de foutre en l’air la sacoche GTA IV offerte dans l’édition collector du jeu d’il y a quatre ans, en même temps qu’un tee shirt XL de Arkham City, jamais porté."
    Mec. Pense à Mo5.com C’est inadmissible ce que tu viens de faire !

  3. Jeter est un exercice très difficile, auquel j’ai été confronté y’a quelques mois, dans la maison ou j’ai grandi, et je pense qu’il ne faut pas raisonner le choix.

    J’ai gardé des trucs débiles, comme une ancienne cartouche de pokémon prêté définitivement, un ou deux vieux joystick et une vhs de sortie scolaire.
    Bref, les objets sont moins importants que les moments de ma vie qu’ils m’evoquent (dans ton article, les prospectus de new york) mais ça doit être parce que j’ai une vision irrémédiablement romantique (a l’eau de rose ?) de la vie.

    • Peut-être que je ne suis pas comme tout le monde, mais personnellement, je me refuse à limiter la quantité de mes souvenirs importants à la taille d’une boîte. Si ta boîte déborde, c’est que tu es assez heureux pour avoir plus de souvenir qu’elle ne peux en contenir. Si ta boîte déborde, achètes-en une plus grande, et continue d’accumuler des fragments de ta vie, aussi insignifiants puissent-ils paraître. Si le simple fait de voir une bricole te permet de revivre une époque que tu ne veux pas oublier, stocke autant de bricoles que tu le souhaites. Personnellement, je ne pense pas regretter ce choix.

  4. Double love pour :
    1/ La pix de OOT
    2/ et surtout : garder tes spirous ! Malgré les déjà 7 ans de spirous qui s’accumulent chez moi, c’est IMPOSSIBLE à jeter. Impossible.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s