Editing

Lorsque vient le temps de confronter un manuscrit à mes amis, camarades, connaissances, contacts et décideurs, je m’arme d’un petit tableau. J’y consigne chacune des critiques émises, soit sous la forme d’une nouvelle entrée, soit à l’aide d’une croix supplémentaire à côté d’une entrée préexistante. L’intérêt étant de dégager les remarques et critiques qui reviennent le plus souvent. C’est un peu la démocratie en action. D’autant que plus un défaut est remarqué, plus il y a de chance qu’il soit réel, qu’il existe, qu’il faille s’en occuper. A l’inverse, une critique énoncée par une seule personne permet de sortir son bouclier ignifugé et hurler « AHAHAH MAIS T’ES LE SEUL A ME DIRE CA ! ». Sous-entendu vous avez tort monsieur, vous vous fourvoyez. Jusqu’à ce que tu te demandes, à moins que, et si jamais ?

Dans ce cas-là, tu te mets à réfléchir, et c’est le début des vraies emmerdes.

Quand tu reprends un texte en suivant un avis général, tu sais que si amélioration il y a, elle plaira à la majorité. Alors que si tu suis le conseil d’une personne unique (ou de personnes à l’avis minoritaire), tu risques de partir dans une direction qui va fâcher les autres. C’est ce qui m’est arrivé la semaine dernière. Persuadé d’une faille structurelle dans mon texte, j’ai rajouté un bloc, pour combler le trou dont on m’avait convaincu de l’existence. Sauf que tous les autres à qui j’ai fait lire le résultat m’ont dit que c’était pire qu’avant. Que le problème de cette personne n’en avait jamais été un pour eux. En voulant satisfaire un critique, j’ai déçu les autres. Et me voilà à faire marche arrière, à essayer de me concentrer sur le consensus. Entre temps, je me serais bien éclaté la tronche contre un mur (métaphorique), à agiter mes bras et mon clavier dans l’espoir de sauver le truc.

De temps en temps un avis minoritaire peut toucher juste et être bénéfique. C’est déjà arrivé. Malheureusement, ce n’était vraisemblablement pas le cas ici.

Pourtant ces 18 derniers mois je m’étais fixé une ligne de conduite : je ne réécrirai qu’à la condition expresse qu’on me promette quelque chose en échange. Parce que tout le monde lisant mon texte à son propre avis sur quoi en faire, et que la plupart du temps ces avis ne concordent pas. Si je dois aller dans une direction et me couper des autres, que cela ne soit pas pour rien. Seulement, le monde réel ne fonctionne pas toujours comme l’on voudrait. Je me retrouve deux ans après avec un texte que j’aime, à la recherche d’une seule bonne personne qui l’aimera assez pour le porter plus haut. Attendre la rencontre me rend fou, d’autant que je sais que je peux rebosser seul, que j’ai assez appris et assez entendu depuis le temps pour refaire la peinture, les finitions. Le seul piège étant que ce serait du travail à vide, sans promesse, sur générateur auxiliaire d’énergie.

Un peu comme avant en fait, mais encore.

Alors on se rassure en se disant que l’épuisement vaut mieux que l’inaction, sans oublier qu’il vaut mieux bosser utile que de tout remettre en cause au premier avais tranché venu. Parce que se planter avec quelque chose qui nous ressemble reste plus gratifiant que réussir avec quelque chose qui ne nous ressemble pas.

Une réflexion au sujet de « Editing »

  1. Si tu veux une relecture, je peux la faire. Elle ne sera peut-être pas celle que tu attends, ou pas celle dont tu as besoin mais elle aura l’a-priori positif de quelqu’un qui a lu et apprécié tes travaux « universitaires ». Donc au besoin, n’hésites pas !
    (Je kiffe toujours autant mon blog, et tu es mon « first », hum, blog que je suis avec assiduité, so keep writing, j’aime ça !)

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