Grew Up

Un des bonheurs de l’internet aura été le fait de me mettre en relation avec des personnes un cran plus âgées que moi. Surtout lorsque je suis arrivé à paris, j’ai pu rencontrer et m’entourer de potes et amis ayant une demi-douzaine d’années de plus que moi. Ce qui permettait d’accéder à des soirées pleines de gens cools, d’avoir des perspectives de vie différentes sur mes problèmes de jeune ou, plus terre-à-terrement, de me faire offrir un restau hors de mes moyens de temps en temps. Si toutes ces relations n’ont pas forcément tenu le choc des années, je suis particulièrement heureux de les avoir eues, ne serait-ce que parce que dans la plupart des cas j’ai été tiré vers le haut par ces rencontres et moments partagés.

Sachant que, tout au long de ces années, je n’avais pas d’ami(e)s plus jeunes que moi. Alors même que j’étais plus jeune que mes potes. D’où la question : à quel moment je vais devenir mes potes et trainer avec des raclures de jeunes ?

Je crois que ça commence maintenant en fait.

Par exemple j’ai remarqué que ça va bientôt faire quatre ou cinq ans que je traine avec des filles de 22 ans. Je vieillis mais pas elles. C’est suspicieux. Tout comme le coca partagé il y a deux semaines avec un mec qui tape à peine à la porte des 20 ans. Le genre de choses qui me mettent la puce à l’oreille. Le fait que, depuis mon diplôme, je considère toute personne encore étudiante comme plus jeune joue aussi. C’est une perception de classe, comme si un gouffre s’était créé entre eux et moi. L’adulte est tel un Pokemon, il a plusieurs évolutions dans son adultitude même. Ce qui permet de jouer au vieux con, et de penser très fort en discutant avec des potes que « ah ah ah il pense/dit ça parce qu’il est trop jeune, il verra en grandissant ! ». Etant donné que c’était le genre de réflexions qui me rendait fou pendant mes années teen, je les ravale et me flagelle en rentrant chez moi.

Ne pas reproduire le cycle infernal.

Surtout, j’ai cette espèce d’envie profonde d’être utile, de profiter des avantages de mon âge pour servir à quelque chose. Mais sans poches pleines, sans carrière de malade ni grands succès artistiques, c’est un peu compliqué. Du coup au lieu de te sentir vieux et sage, tu te sens surtout vieux. Un peu comme quand je regardais un podcast vidéo en ligne où le mec citait Mulder avant de dire, face caméra : « The X-Files, un truc des années 90 pour nos jeunes spectateurs ». Putain d’angoisse. Alors je repense au fait que tous mes potes plus âgés n’étaient pas non plus des héros. Il y en avait même un ou deux franchement à la ramasse.

Rien n’est perdu.

Et puis tout ça c’est la faute aux jeunes de toute façon. C’est bien simple : y’en a chaque année un peu plus. Saloperie.

2 réflexions sur “Grew Up

  1. Je vais passer pour un chieur, mais "grew" up ? Pas grown ?

    Bon billet, qui fait un peu echo à ce que je racontais en soirée ce week-end à un mec, célibataire papillonant, qui m’interrogeais sur mon choix de m’être marié il y a peu. Je lui parlais de potes plus vieux, et du moment où tu te poses la question "parmi les gens qui ont six à 10 ans de plus que je connais, quel est/sont celui/ceux au(x)quel(s) j’ai envie de ressembler…", ce qui te "tire vers le haut" comme tu dis.

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