Barrage

Je ne comprends pas le syndrome de la page blanche. Enfin si, conceptuellement je comprends l’idée de ne pas savoir quoi écrire. Mais c’est un concept tellement éloigné de mon réel qu’il m’en paraît imaginaire, comme une maladie qui n’existerait pas (bien que je conçoive que des auteurs de chef d’oeuvre puissent en être affectés, personne n’étant tout à fait net dans sa tête). Et puis pourquoi ouvrir Word si tu ne sais pas quoi faire ? C’est comme aller à la piscine sans maillot, des fois que.

J’ai au moins trois ou quatre synopsis qui n’attendent qu’à être développés et une demi-douzaine d’idées qui ne demandent qu’à fermenter un peu plus. Le quoi écrire n’a jamais été un problème (ou alors plutôt formulé « quoi écrire en premier, au détriment de tout le reste »). Par contre, si je n’ai pas de writer’s block, j’ai plutôt des writer’s barrages.

En clair tous les trucs qui vont se mettre entre moi et la page blanche.

Bon. Je voulais une illustration de barrage et je me suis souvenu qu’il y en a un dans Transformers, d’où cette image à priori sans aucun lien. Alors que si.

Listons.
Mon netbook rame trop. Ce clavier est trop pénible à utiliser. Cet ordinateur est un mac. Trop de gens connectés pour parler. Pas assez de gens connectés pour parler. Je n’ai pas encore mis à jour le blog. Demain je me lève tôt. Cette soirée a fini trop tard. J’attends encore un retour.
Et surtout, la pire raison de toutes : à quoi bon ?

Je pourrais encore trouver une tonne d’autres excuses, puisqu’il s’agit de cela. Tout ce qui vient s’encastrer comme des legos pour former un mur de brique. Le barrage procrastinationnel. Je le connais tellement par cœur qu’avec le temps j’ai fini par me concentrer là-dessus avant tout. C’est-à-dire que j’essaie de détruire un par un les arguments de merde qui m’empêchent de démarrer Word. C’est trimballer mon propre clavier au bureau, c’est créer une session Windows en dual boot sur un mac auquel j’ai régulièrement accès, c’est attendre l’heure idéale pour écrire, c’est se rappeler que tout ceci n’est pas en vain, que ça a un sens en plus d’un but, que ça vaut le coup. Mais là on flirte avec un autre blocage, qui est le manque de motivation et d’énergie. Autre problème.

Parfois je prends quelques jours pour m’organiser, pour rationnaliser. Je liste mes excuses et je leur fait la peau, une par une, que ce soit à force de prendre sur moi ou grâce à un petit effort dans le monde réel. Une névrose à la fois.
Et quand, enfin, j’arrive à foutre en l’air mon barrage, que je me retrouve face à la page blanche, c’est un bonheur jusqu’à ce qu’épuisement s’en suive. Je noircis, j’épuise le curseur à force de le faire danser.

Dans ces cas-là j’essaie de faire durer autant que possible, de tenir un rythme, de ne pas lâcher prise. Parce que lorsque cela arrive, parce que cela arrive toujours, le barrage se reconstruit, et il va falloir recommencer à le foutre en l’air.

Puissiez-vous faire durer vos moments de grâce d’écriture le plus longtemps possible.

9 réflexions au sujet de « Barrage »

  1. La pire excuse : internet.

    Sinon, je suis assez d’accord avec le (non) problème de blocage fasse à la page blanche et le problème du mur. C’est surtout la motivation qui bloque en général…

  2. C’est rigolo comme ça peut s’adapter au dessin mais que comme on passe déjà pour des branleurs personne n’en parle.
    Sinon, cool article sur la motivation !

  3. S’il existe des barrages, il ne vaut pas mieux écrire.

    La vie est moche, grise, les gens sont laids et tristes, égoïstes, violents, barbares. Ce monde est absurde, la science démontre que la vie et l’intelligence sont des accidents, des anomalies, et qu’à la fin il n’y aura rien sinon le néant absolu ; comment survivre psychiquement alors ? La drogue, pour moi c’est, entre deux plongeons d’angoisse mortelle qui me vrillent les nerfs, écrire écrire écrire, j’ai mal aux doigts le soir et je m’en fous si j’écris bien ou j’écris mal, je m’en fous d’être lu la vie est trop trop triste sans l’abstraction de la pensée pour la rendre supportable.

  4. L’exercice pourrait s’avérer utile. J’essaierai de l’appliquer ce soir lorsque je tenterai, pour la n-ième fois, de mettre mon blog à jour et que le barrage fera tout pour monter un peu plus haut.

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