1259 – Me Gustaba

Donc quelqu’une m’a pris au mot de ma note de vendredi dernier et m’a apporté une boîte de BN pendant ma dédicace au salon du livre. J’ai fondu de reconnaissance comme jamais, d’où mon large sourire pour le reste de la journée.

Sinon, jeudi c’était la soirée d’inauguration. Le jour où tu ne rentres pas sans invitation et où on trouve champagne et petits fours (plus ou moins surgelés) sur la plupart des stands. C’est plein de pique assiettes et de gens en costume cravate. Surtout, c’est le moment où jamais de socialiser. Un peu comme quand j’ai pas osé déranger le boss de Flammarion en pleine conversation (compétence charisme – 0). A défaut j’ai fait le tour des copains, ceux qui bossent sur leurs stands et s’agitent pour que tout soit parfait, ceux qui ne bossent pas mais errent, d’une connaissance à l’autre. Ça me fait chaud au cœur de revoir des visages pas croisés depuis longtemps. Puis arrive le moment d’angoisse, quand tu réalises que tu ne fais pas réellement partie du jeu, que tu restes dans le purgatoire, cette année encore.

L’inauguration du salon du livre, pour l’écrivaillant, t’es triste quand tu y es, mais encore plus triste quand tu n’y es pas.

C’est généralement à ce moment-là que je pars me planquer sur le stand d’un éditeur BD, profitant de mes restes d’amis d’une autre époque pour passer le molosse qui flique les entrées et sorties. Je taxe du Coca, je prends des nouvelles et j’ai le pincement au cœur du type qui a lâché un medium pour un autre et qui doute. Au moins je suis en très bonne compagnie.

Samedi je dédicaçais. Un peu fébrile, je suis allé me poser sur mon stand où j’ai enfin pu rencontrer mon éditrice. Quand il s’est avéré que j’ai fait une faute d’orthographe dès ma première signature de recueil, elle a décrété qu’elle relirait toutes les suivantes. Bien vu. J’ai rencontré des gens qui lisent ça là, le blog, j’ai vu passer des amis venus me soutenir, et des inconnus curieux, attirés par le beau livre format 24×32. J’étais terrifié à l’idée de ne voir personne, ou que cela se passe mal. Au final je suis resté le double de temps prévu et on a épuisé le stock d’exemplaires du samedi. C’était donc génial. Je ne remercierai jamais assez ceux qui ont pu/voulu passer. L’expérience d’édition de cette nouvelle aura donc valu de l’or de bout en bout.

Par contre, je crois que tous les exemplaires du recueil Fediver seront vendus d’ici ce soir. Trésorerie serrée oblige, il n’y aura pas de retirage. Moi-même dois me contenter de mon exemplaire unique d’auteur. Pour la suite, il restera la version numérique trois fois moins chère. Donc voilà.

Encore une année, encore un salon du livre, une soirée d’inauguration, des rendez-vous et rencontres. Comme l’année dernière, mais en mieux. En attendant la prochaine édition.

1258 – Fediver

L’automne dernier j’ai vu passer sur Facebook un appel à texte pour le recueil annuel des Master II d’édition à la Sorbonne. J’ai rédigé une petite nouvelle, l’ai faite relire par deux potes et l’ai envoyée à l’adresse indiquée. On m’a recontacté pour me dire que j’étais pris. Et hier, à la soirée d’inauguration du Salon du livre, je suis reparti avec mon exemplaire auteur du recueil Fediver, aux éditions du même nom. Samedi après-midi, je dédicace sur le stand.

Je vous le raconte vite parce que je voulais montrer qu’en fait, tout s’est fait simplement et sans heurts. Ça s’est fait en douce aussi, puisque je ne voulais rien (vous) dire avant d’être certain.

Ma première publication de prose dans du papier. Ca fait très très très plaisir dans mon petit cœur de pipou. Et ça m’a aussi permis de vivre un parcours d’édition. Le livre étant publié par des étudiants en édition, tout a été fait dans les règles. J’ai signé un contrat (stipulant bien que toutes les fautes de syntaxe et de grammaire étaient à la charge de l’éditeur), j’ai signé une autorisation de diffusion du texte, pour présenter le recueil aux libraires, et je me suis engueulé sur les corrections. Forcément. Après dix allers-retours par mail, je n’ai pas pu sauver une de mes pirouettes préférées. Mais c’est le jeu, et ça m’a plu. Même si, par superstition, j’attendais quelques dizaines de minutes avant d’ouvrir chaque nouveau mail de mon éditrice, au cas où ce soit une mauvaise nouvelle.

Le projet Fediver s’articule, comme son nom l’indique, autour du fait divers. 46 auteurs proposent autant de visions du sujet sur 80 pages, qui comprennent autant du texte que de l’image. Voire plus, puisque la version numérique ePub comprend aussi de la vidéo et autres joyeusetés interactives. L’objet est très beau, format beau livre, relié mais pas vraiment avec du fil. Beaucoup d’émotion et de tactile au bout de mes doigts quand j’ai pu mettre la main dessus. En plus je suis la première nouvelle, sur la première page. Yay yay. Il est sorti là maintenant, pour le salon du livre, et dans les librairies partenaires, dont je n’ai malheureusement pas le détail. Tout ce que je sais c’est que les auteurs vont se défiler sur le stand de demain jusqu’à lundi, prêts à signer des exemplaires aux amateurs et curieux.

Je serai sur le stand Fediver, en U19 (tout à droite en rentrant), ce samedi, de 17 à 18h. Si vous voulez m’apporter un choco BN ou me faire un bisou, ça sera avec plein de plaisir.

D’ici là, je remercie encore les éditions Fediver pour l’opportunité et m’avoir fait confiance.

Pour plus d’infos, et le lien de la version numérique, c’est par là.

1250 – Wetworks

La semaine dernière j’étais à la lecture du nouveau numéro de la revue Bordel. J’accompagnais un ami qui avait lui-même apporté un autre ami (qui sort un recueil de nouvelles là maintenant chez Lattès). C’était bien parce qu’il y avait des petits gâteaux au chocolat en forme de koala et que j’ai pu entendre quelques nouvelles sans payer (point chômage). D’ailleurs Fanny Salmeron a lu son texte et j’ai trouvé ça très beau, avec une sensibilité littéraire qui me touche d’autant plus que je ne serais pas capable de l’émuler. Après deux mecs ont pris une demi-heure pour clamer l’histoire d’un pédophile récidiviste. C’était bizarre mais bien écrit. N’empêche, mal assis sur ma chaise en plastique, je mourrais d’envie de partir. Non pas que je m’ennuyais, au contraire, mais j’avais vraiment l’impression d’être un gros tocard à écouter les autres lire alors que je pouvais être en train d’écrire à la place.

Le paragraphe suivant est un interlude, paniquez pas.

La semaine dernière j’ai repris la piscine, parce que j’ai beaucoup de temps libre (point chômage). Et un peu de gras. Quand tu enchaînes les longueurs, tu n’as que deux solutions pour passer le temps : faire le vide ou réfléchir fort. Si tu fais le vide, invariablement, tu vas te planter sur ton nombre de longueurs. Drame du nageur amateur perdu : bon sang, ais-je parcouru 42 ou 44 fois la longueur du bassin ? Dans le doute je devrais repartir de 42, ce qui signifie que j’ai peut être fait 50 mètres pour rien, puisque je les ai décomptés ? BORDEL. Alors à la place, je cogite pendant l’heure de natation. Je repense à mes projets, mes histoires, je tente de trouver des solutions nouvelles à de vieux problèmes. Je me dis que telle ou telle idée n’aurait pas dû être laissée à l’abandon. Je travaille en silence.

Retour au truc du début.

La soirée littéraire n’a pas trop duré, j’ai pu enchaîner avec un autre plan à l’autre bout de la ville, une fête de stagiaires de mon dernier boulot. J’ai fait le grand écart passion/travail la même nuit. Une fois rentré, à plein d’heures du matin, je pouvais ouvrir Word ou aller voir sur Monster. J’ai écrit jusqu’à 5 heures. Ce qui tendrait à montrer que l’encouragement indirect de la soirée Bordel fut plus fort que le début de honte qui m’habitait à la soirée boulot. Si j’ai pu noircir quelques pages virtuelles, c’est avant tout parce que j’avais cogité, au fil de l’eau. D’une frustration qui fait surface à la première longueur je tirais un synopsis à la soixantième. La moitié du travail s’est fait dans le sous-sol de la piscine Parmentier. La seconde au milieu de la nuit deux jours plus tard.

J’ai repris un petit pet-project (se dit d’un truc que t’arriveras pas à vendre à quelqu’un qui signe des chèques et que donc tu fais à priori à perte). En plus il me faut encore 13 nouvelles pour arriver au bout du premier draft. Ah non, 12, parce que je suis retourné à la piscine (vous voyez le lien là c’est bon du coup ?).

Tout ça pour dire que toute motivation est bonne à prendre, même un peu bordélique, et que le sport muscle l’esprit. En gros. Je me comprends. Bref.

Je reste pas, je dois cliquer sur « nouveau document » avant de m’endormir.