Ici,
c’est l’enfer.
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781 – Transgender
La semaine dernière je racontais à une pote la fois où j’avais été le plus près d’une signature de contrat éditorial. C’était pour une série de strips. On était allé jusqu’au « Commencez à bosser les gars, on a besoin que vous produisiez, on vous rappelle avec une date et les papiers ». Epic lol. Alors que je relatais les péripéties du truc, je me suis souvenu de mon projet, du plan sur dix albums que j’avais, sur la demi douzaine de synopsis déjà bouclés. L’affection que j’avais pour ce projet m’est remonté dans les tripes, et j’ai eu un instant de déprime, à me dire que pour ce truc là, c’était toujours bel et bien mort. Un peu comme tous les trucs de fantasy (avec des fées et des boules de feu), de science-fiction (avec des aliens, des batailles spatiales et des pirates des neiges) voire de super héros (avec des accidents dans des labos, des ennemis mortels) qui traînent au fond des cartons. Ce qui est certain, c’est que le chemin que j’emprunte en ce moment n’est pas le meilleur pour ressusciter tout ça.

C’est amusant à quel point la littérature reste un des quelques milieux où il est très difficile de sortir de sa case. Prenez le cinéma, un même studio peut sortir de la SF comme de la comédie romantique et un mec comme Ridley Scott peut bosser sur un Robin des Bois avant de réattaquer sur deux Aliens. Dans la BD, la plupart des éditeurs ont des collections éclectiques. Même le mastodonte psychorigide qu’est Soleil peut sortir autant du médiéval fantastique que du thriller ésotérique ou de la chronique de trentenaires qui n’arrivent pas à baiser ce qu’ils veulent. Retour à St Germain, où tu as les éditeurs de littératures, les éditeurs de polars/thrillers et les éditeurs « d’imaginaire ». Quand tu es auteur, non seulement tu es généralement lié à un seul éditeur en même temps (sauf si t’as la win et que tu peux te permettre de foutre la merder un peu) mais tu ne peux pas changer de genre. Werber fait des fourmis et des dieux, Levy fait de l’arlequin etc…

La logique des cases, dans lesquelles il faut bien t’enfermer histoire qu’on sache toujours où est tu es, c’est pas mal emmerdant. A un moment j’avais pensé reprendre un de mes projets de Sci-Fi/Fantasy et d’en faire une trilogie de petits bouquins de deux cent pages que j’aurais vendu à pas cher directement sur le net, potentiellement sous pseudo. Ca trotte sans trop travailler sous le crâne. On verra. Je sais pas. Toutes ces idées, ces histoires dans lesquelles j’ai investi du temps et des neurones sont toujours là. Et j’ai conscience que ça sera difficile d’avoir la possibilité de les faire sortir avec les objectifs principaux qui sont les miens en ce moment. C’est aussi pour ça que j’adore les bouquins absurdes, les abhérations autorisées par la « licence de faire n’importe quoi ». Quand Pille fait un polar futuriste chez Grasset, même si le bouquin est un des pires trucs que j’ai jamais lu, ça me donne un peu d’espoir.

Peut-être qu’un jour je serai en position de sortir un truc comme ça, de faire un coup de bluff en pariant la confiance et un vague début de notoriété éditoriale. Ou peut-être qu’un matin je me réveillerais en me disant que je ferais bien de la BD, en sous-marin, sous pseudo pour pas traumatiser mes éventuels employeurs. Ou alors. Fuck, j’en sais rien. Tout ce dont je suis certain c’est que j’aime vraiment certains de mes projets passés, et qu’ils n’iront nulle part, jamais je ne les oublierai ou je ne les laisserai tomber. Qui sait, il y a peut-être moyen de créer une surprise ou deux à ce niveau. On verra.
Et encore j’ai même pas parlé de la différence d’approche d’un médium à l’autre, de la différence entre ton et thème. Pfff, méga vaste sujet. On y reviendra.
699 Bis – Quick Book Review 116
Non mais cette semaine j’ai lu un livre hein, juste c’était un peu naze. Mais bon, première partie d’une trilogie best seller, grosse licence pour ados, adaptation ciné en pourparler. Sur le papier ça pouvait le faire. Sauf que non.

En gros c’est l’histoire d’une nana qui quand elle dort s’incruste malgré elle dans les rêves des autres et ça lui pourrit la vie. Jusqu’à ce qu’elle tombe dans le rêve du beau brun ténébreux de l’école qui cauchemarde des trucs bien glauques. Alors elle essaie de l’aider et ils font des bisous au fur et à mesure qu’elle maitrise son pouvoir. Voilà. C’est pour les minettes et le genre tout laid écrit à la va vite. L’enchaînement des phrases est souvent malheureux, les règles de l’univers changent tout le temps et à part quelques trucs un peu cul par ci par là, rien qui ne vaille la peine de se relever la nuit (See what I did there ? ^^).
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