699 Bis – Quick Book Review 116

Non mais cette semaine j’ai lu un livre hein, juste c’était un peu naze. Mais bon, première partie d’une trilogie best seller, grosse licence pour ados, adaptation ciné en pourparler. Sur le papier ça pouvait le faire. Sauf que non.

En gros c’est l’histoire d’une nana qui quand elle dort s’incruste malgré elle dans les rêves des autres et ça lui pourrit la vie. Jusqu’à ce qu’elle tombe dans le rêve du beau brun ténébreux de l’école qui cauchemarde des trucs bien glauques. Alors elle essaie de l’aider et ils font des bisous au fur et à mesure qu’elle maitrise son pouvoir. Voilà. C’est pour les minettes et le genre tout laid écrit à la va vite. L’enchaînement des phrases est souvent malheureux, les règles de l’univers changent tout le temps et à part quelques trucs un peu cul par ci par là, rien qui ne vaille la peine de se relever la nuit (See what I did there ? ^^).

Next.

693 – Bone Collector

Je pouvais pas blairer ce type. En primaire et déjà petit caïd, plus grand, plus connard, plus hargneux. Ce jour là, dans la cour, il frimait sa race avec son nouveau jouet, un porte clef tête de mort. Je ne me souviens plus s’il avait une peinture métal, ou un truc qui clignote. Mais j’avais jamais rien vu d’aussi cool de ma vie. Il frimait tellement, alors que la moitié de la cour bavait à ses pieds, suppliait de pouvoir tripoter l’objet. C’était à gerber, mais moi aussi je le voulais le crâne trop stylé. Bouffé par la colère, mon sang n’a fait qu’un tour lorsque le gros connard est parti jouer au foot, laissant sa veste au pied d’un platane. Je me souvenais qu’il avait rangé le truc dans sa poche. Alors je me suis approché lentement, j’ai tendu les doigts dans le vêtement et j’ai purement et simplement volé son porte clef.

Comme déjà en primaire j’étais pas con, je suis allé me débarrasser de l’objet dans un buisson en bordure de cour, le plaçant au creux des racines au prix de quelques écorchures. Je pensais le récupérer le soir venu, ou le lendemain pour être sûr. C’était tellement priceless de voir monsieur le caïd prendre un gros coup de stress. Forcément il s’est énervé, a accusé tout le monde. Jouissif. Lorsque le surveillant nous à fait les poches en rang serré, j’avais un sourire intérieur de fils de pute, sachant pertinemment qu’il ne trouverait rien. J’avais gagné, j’avais ma revanche sur le caïd, j’étais vengé et plus riche d’un porte clef tête de mort trop bling bling ! Puis la journée à filé et l’autre connard n’en menait pas large, il en était au ce stade du deuil, vous savez, la dépression. Genre mes parents vont me tuer, genre ma vie est finie, genre les frites de la cantine n’auront plus jamais le même goût. Alors j’ai commencé à culpabiliser.

Bouffé par les remords, par la honte, j’ai fini par céder. Je suis allé voir le surveillant, je lui ai dit que moi il me semblait bien l’avoir vu son porte clef, là bas dans un buisson mais que ça piquait, que j’osais pas le récupérer. Le mec l’a récupéré en dix secondes, puis m’a pris à part. Sincèrement Young Le Reilly, le crâne, il s’est pas retrouvé là par hasard. Tu sais, faute avouée à moitié pardonnée. Si tu promets de plus le refaire, je te balancerais pas. Je savais pas du tout où me mettre, je ne pensais pas être si transparent. Mais visiblement, c’est le genre de trucs qu’il faut avoir dans le sang, le vol. Enfin, je me suis senti mal pendant des jours. L’autre gosse était toujours un gros connard et j’étais toujours jaloux. Seulement la boule au fond de la gorge était un peu moins grosse qu’avant et j’ai fini par passer outre. Même si, cette note en est la preuve, plus de quinze ans après je m’en rappelle encore.

Au final j’aurais jamais volé, enfin à part des DVD à des potes ou de la thune dans le portefeuille de mes parents. Mais le vol à l’étalage, juste jamais, ni les coup en traitre aux amis et même aux ennemis. Quand on parle de leçons de vie que j’ai pu recevoir, en voilà une. Et si je partage ça, c’est parce que, mine de rien, j’ai des côtés kikoolol.

Demain on parlera fantasmes.

629 – Book Review 104

J’avais trouvé ça marrant d’aller aux US of A avec deux bouquins avec une variation du mot « amour » dans leur titre. Forcément, à un moment, il fallait que je lise L’amour dure trois ans de l’autre Frédo. On m’a souvent argué du fait qu’il s’agit de son meilleur opus. Je demande qu’à croire, bien que le bonhomme se soit bien démystifié à mes yeux depuis le temps, à force de le croiser plus ou moins net en soirée. Ce sont des choses qui arrivent. Un peu comme être malade comme un chien dans la plus grande ville du monde, et seul aussi. D’où la fois où je me suis réfugié dans un Starbucks, commandé un Latte et me suis assis face à la vitre donnant sur la rue. Ouverture du livre de poche, et one-shot des deux cent pages d’un coup. Cuz that’s how I roll baby.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’y a pas d’histoire. Rapidement, Marc Marronnier, autre avatar de l’auteur, se sépare de sa femme Anna après trois ans parce qu’elle à découvert qu’il la trompait avec Alice. Marc se retrouve seul, alors il est triste. Puis finalement Alice largue son mari et se met avec lui. Trois ans plus tard, ils sont encore ensemble. Voilà, c’est fini. Et attention je n’occulte aucune sous intrigue ni aucune autre espèce de personnage important. Le bouquin, c’est juste ça. Au moins Frédo est raccord avec sa logique selon laquelle l’histoire on s’en branle, ce qui compte c’est le style, de découvrir l’auteur au travers des mots et toutes ces conneries de gens qui n’ont rien à raconter. Anyway. Le pire dans tout ça, c’est que le livre fonctionne à peu près. C’est un roman zombie, vide à l’intérieur mais qui marche quand même.

En fait la plupart des chapitres sont quotables, tous contiennent au moins deux ou trois phrases qui feront super bien quand tu les ressortiras à tes potes en fin de soirée. On peut arguer du fait que Frédo ne se sera pas fait trop remarquer comme publicitaire, il gère quand même la conception-rédaction. Comme il n’a pas d’histoire à raconter, les chapitres sont courts et se concentrent sur l’exploration d’un concept (les hormones, la fidélité, une rencontre etc…) qu’il va conceptorédacteuriser jusqu’à la moëlle. Et zou, voilà comment on transforme de la réflexion de comptoir en sirop pour midinette. Non parce qu’il n’y a rien d’inédit dans l’amour dure trois ans, qui ne fait que brasser des idées reçues et autres poncifs sur l’amour, les femmes et le sexe. Mais comme c’est fait avec style, il est aisé de se laisser abuser à croire qu’on est face à un génie.

La vérité c’est que L’amour dure trois ans est creux. Ca ne raconte rien d’inédit, de construit ou de palpitant. Le squelette d’intrigue (autobiographique) n’est là que pour se faire greffer des effets de manche, de la poudre aux yeux à effet rapide. Parce que comme bouquin, c’est du vite lu, vite oublié. Sauf si vous êtes facilement impressionnable ou en plein désarroi amoureux et/ou encore puceau. Dans ce cas y’a moyen d’en faire un roman de chevet. Je vous envierai presque.

Mine de rien, bel exemple de hold-up littéraire. Fantomas a encore frappé !