719 – Social Fatigue

Je me souviens vous avoir expliqué quelque temps plus tôt que je préférais Facebook à Twitter. J’ai menti. Enfin non, j’ai changé d’avis. Faut dire que depuis mon Facebook s’est un peu transformé en dépotoir 2.0. Déjà au sens propre, dépoté, sans mes potes, qui ont visiblement autre chose à foutre que mettre à jour leur statut ou partager leurs photos de vacances. Mes amis dits « historiques » restent finalement dans leur vraie vie à m’envoyer des textos. D’où le fait que la moitié de mon newsfeed soit occupé par des trucs pas sexys, comme les gens qui m’ont ajouté sans jamais me dire qui ils étaient et ce qu’ils voulaient (j’accepte parce qu’un jour je les spamerai). Une pensée émue pour les groupes de rock indés ou autres fanzines qui chaque semaine m’invitent à rejoindre leur page fan ou aller squatter une représentation à l’autre bout de la France. Même combat pour les pages fan qui se sont réveillées et matraquent leurs liens.

Alors vous pourriez me dire que techniquement je pourrais faire un peu de ménage, à coup de listes, de fonction cacher ou purement et simplement de grands coups de pieds dans mes « amis ». Mais vue l’étendue des dégâts je peine à trouver la motivation. Et puis, pour quoi faire ? Si au moins mes contacts canons que j’ai jamais pu choper à l’époque du lycée continuaient à poster leurs photos en maillot de vacances. Mais non, même elles se sont lassées. Ceci explique en grande partie pourquoi ces derniers mois j’ai fait glisser mon activité sur Twitter. Dommage que je ne me souvienne plus qui a dit que Facebook servait à garder contact avec les gens qu’on connait déjà alors que Twitter servait à prendre contact avec les gens qu’on ne connait pas encore. Parce que ce type avait, en tout état de cause, complètement raison.

J’ai tardivement compris que Twitter permettait de tomber sur et d’être suivi par des personnes complètement extérieures au lectorat du blog. Des vieux, des jeunes, des gens loin, des gens près, des types connus, des types pas connus du tout, c’est un beau bordel. Et quand on prend la peine de s’investir un peu, répondre autant que possible à tout le monde, chercher un bon mot pas trop honteux pour tenir ses followers au courant de l’inexorable avancée du quotidien, bah ça paie. Ca paie en rapports humains, en soirées, en cocas après le boulot, en nouveaux contacts, en amis potentiels, en bisous et gratouille de nuque aussi (quand on a beaucoup de chance). Je twitte en moyenne cinq fois par jour (c’est mes stats qui le disent) et je ne regrette pas l’investissement à la fois temporel et humain, malgré tous les mauvais côtés.

Ouais parce que du côté revers de la pièce, on a par exemple les engueulades pour rien, pour cause de smileys mal placée. Le fritage en public, c’est rarement glorieux. Je pense aussi à l’usure de la connerie de certains, ou la complexité d’essayer de suivre ce qu’il se passe quand on ne reste pas la journée devant sa timeline. Puis autant je me suis calmé sur la branlette statistique vis-à-vis du blog, autant sur Twitter c’est le traumatisme chaque fois que je perds quelqu’un. Pourquoi ? Comment ? Qu’ais-je fais de mal ? Quel connard ! Comment je vais buzzer mon futur livre si j’ai plus personne ? Ma vie est foutue ! Pourtant je suis drôle et spirituel et… Fuck, ayé je pleure.

Je rôde donc encore sur Facebook, pour les quelques vrais gens que j’aime qui sont toujours dessus, et je m’épuise sur twitter à gérer dix tonnes de trucs en même temps. Au fond si je fais tout ça c’est pour que ma mère puisse continuer à gueuler que le web 2.0 ça rend fou. Ou alors je suis maso (un jour je ferai un worst 3 de Twitter).

Demain, bouquin steampunk bling-bling.

LINK STAGE !!!

Sinon, sur le même sujet, vous pouvez lire cet excellent article d’Eric Maillard, que j’ai l’insigne honneur de côtoyer. Grâce à Twitter. A la tienne amigo.

592 – Birdcage

Je ne suis pas un gros addict de twitter en vrai. La preuve, entre le moment où je me suis ouvert un compte et mes premiers tweets réguliers, il aura fallu plusieurs mois d’inactivité. En définitive je crois que je m’y suis mis parce qu’il fallait que je m’y mette. Bien sûr, je trouve un max d’intérêt à suivre des people et kiffer la vibe en suivant les liens du bassiste de Blink 182 au petit matin, un mug de chocapics à la main. Mais pour les vrais gens de la vraie vie. Je sais pas, y’a un truc qui passe moyen. D’ailleurs je ne fais pas d’effort particulier. Si vous me suivez mais que j’ignore qui vous êtes (et que vous n’avez pas de photo sexy ou de lien vers votre blog à succès), je ne vais pas vous suivre en retour. Mon feed est déjà assez bordélique.

D’où les quelques mails reçus, de personne se plaignant que je ne réponde pas à leur tweets à mon encontre. Moi en théorie je veux bien répondre, mais si je ne suis pas, je ne vois pas quand on me parle (une donnée souvent négligée par ceux qui ne maitrisent pas l’outil jusqu’au bout). Puis Twitter c’est de plus en plus chiant à en crever. Je déteste devoir cliquer sur des adresses web raccourcies, sans savoir où je fous les pieds. Merci la petite description et la photo sur Facebook. Je me fous qu’on retwitte son pote, d’ailleurs je ne le fais jamais, de la même façon que je ne fais pas tourner des liens, que je n’annonce pas chaque article de mon blog. En fait toute cette perversion de Twitter pour en faire un concours de bite géant, très peu pour moi. Une personne avertie comprendra assez vite que mon activité sociale sur le web est une sorte de prolongement du blog, des tranches de vie, des citations du réel, un mini journal pas trop intime. C’est quand j’ai vu un mec éditer un livre de ses tweets que j’ai réalisé que j’avais vraiment de construire une histoire parallèle, un fil de souvenirs que je pourrais remonter et partager à l’envie.

De toute façon mes mises à jour Twitter ne sont que des copies de mes statuts Facebook, copiés collés automatiquement sur toutes les plateformes d’un coup. Ma vraie vie 2.0 est plutôt sur Facebook. Le système de commentaires est beaucoup plus simple à gérer, tout comme la gestion de qui voit quoi. Et puis j’aime savoir à qui j’ai affaire, pouvoir échanger le cas échéant autrement que par tweets interposés. Déjà que je suis quelqu’un de surmené, je préfère me concentrer sur un seul réseau social plutôt que de m’éparpiller à gérer des comptes de partout. Je peux comprendre que des gens ne veulent pas partager leur profil Facebook avec moi, ou qu’ils soient timides, et du coup se contentent de mon Twitter. Il est là pour ça, pour ces personnes là. Le zozio demeurera une succursale de mon univers FB, une sorte de version démo accessible à tous.

Avant de retourner à mes occupations de la vraie vie, je me dois de rappeler un petit coup aux gens qui m’ajoutent sur Facebook qu’un petit message de présentation, ça mange pas de pain. Sérieux, Virginie P, who are you ? Voilà. Stoo. Bon, qu’est-ce que je vais statufier pour aujourd’hui ?

Demain, double note, mille mots, une seule critique : le nouveau Gavalda.

386 – Mirrors

J’ai pas mal de débats en ce moment avec plein de gens quand à l’image que je renvoie à travers mon blog. Les réactions sont diverses : « Bwah ah ah mais ce blog, c’est carrément trop toi ! », « En lisant entre les lignes j’ai l’impression qu’on te retrouve bien » ou encore « Bon courage à ceux qui croient te connaître en lisant ton blog ». Fuck ! Voilà qui ne m’aide absolument pas du tout. On a coutume de dire qu’il y a qui on est, qui on croit être et qui on aimerait être. A partir de là c’est forcément le bordel et je me pose la question de qui je mets en avant à travers mes textes tel un forcené depuis plus d’un an. Même si, j’ai quand même déjà une toute petite idée sur le sujet.

La magie du net, du texte seul face à son clavier, c’est qu’on peut raconter tout et n’importe quoi. Je peux être plus brave et hardcore que dans la vraie vie, m’inventer des réparties que j’aurais été incapable de pondre dans le feu de l’action. A l’inverse je peux aussi occulter quelques détails, des petits riens qui infléchissent tout doucement le sens que l’on peut donner à mes actes. J’invente rien là, je fais pas style je découvre la lune. Avoir ma seule version romancée en permanence, c’est forcément un coup à déformer le réel. Paradoxalement le fait que je me lâche plus pousse à se poser la question de si je ne suis pas plus moi-même sur le net. Bah ué, pas con là d’un coup, le net comme révélateur de vrai moi en plus du moi fantasmé.

Si je vous parle de ça, c’est parce que quand je rencontre des lecteurs, des personnes qui ne me connaissent principalement que par le blog, je me demande comment ils peuvent me voir. C’est aussi et toujours super weird de commencer à raconter une anecdote perso et se faire couper par un « ouais je sais, tu l’as dit sur ton blog ». Putain de traumatisme 2.0 dans ma face ! De quoi m’encourager à garder mes meilleures histoires pour la vraie vie. Sans parler de la famille ou des vieux amis qui viennent squatter jusqu’ici. Quand le blog vient se caler entre le fromage et le dessert durant les réunions de famille, ça fait un poil réfléchir à ce que je peux balancer. Peut être que finalement le blog est complémentaire de ma personnalité, insuffisant pour tout comprendre mais contenant pas mal de pièces du puzzle.

Hum, tant de psycho dans un seul post, ça fait rêver ! Faut que j’arrête de me prendre pour un type super profond. Heureusement que demain on parlera sport, enfin rollers je veux dire.