Ayé, c’est cette époque de l’année, celle où l’on tope tout et n’importe quoi. Avant on avait déjà les bétisiers de la TV, les 100 plus grands fous rires et autres conneries. Toutes les publications y allaient de leur top. Les mags de ciné élisent les meilleurs films de l’année, les mags littéraires ou de jeux vidéo font de même. C’est un peu la foire au podium. Mais de nos jours de l’an deux mille c’est encore pire, parce que les gens ont des blogs. Du coup chacun peut afficher son plus ou moins mauvais goût à la face du monde. En plus pour tous les désœuvrés de la mise à jour ça fait un sujet un peu facile. Sans parler du fait qu’on change de décennie là bientôt et que du coup, bah hop là, tu peux aussi faire un top des années mille et zou, une seconde note gratuite !

En vrai je suis aigri, un peu, mais j’aime beaucoup les tops, surtout quand ils sont fait par des gens que j’aime. Exemple. Sur Ain’t It Cool, Mr Beaks s’est cassé le cul à faire un top 100 des films de la décennie. Et pas juste une liste sans âme. Non non, il est parti chercher des extraits de ses critiques sur dix ans avant de rajouter un petit paragraphe pour commenter en quoi son choix se défend dans le cadre du classement actuel. Fascinant à lire, à s’émerveiller devant la redécouverte de pépites oubliées ou à pester contre ces foutus films qu’on a jamais pu blairer (entre autres Drag Me To Hell, Kill Bill 2, The Incredibles…). Je sais que mon critique ciné, Drew Mc Weeney est en train de faire de même de son côté. Et rien que pour ces mecs là, je suis prêt à tolérer tous les tops de merde des parangons des goûts de chiotte de la presse, web ou papier.

J’avoue que de par chez moi, j’ai beaucoup réfléchi à la question. J’ai même dégainé mon nouveau petit carnet (je vous en parlerai bientôt) pour mettre des noms dans le désordre. Mes films préférés de l’année. Mes films préférés de la décennie. Les meilleurs objectivement. Les meilleurs subjectivement. Les meilleurs que j’ai pas vus. Ca commence à en faire des listes. Car plus que tout autre sentiment, ces tops de fin d’année m’ont donné envie d’aller découvrir tous ces trucs que j’ai loupé, que j’ai refusé à cause de mes à priori, que je ne connaissais tout simplement pas. Finalement j’ai décidé de ne pas céder à la tendance, je pense garder mes tops pour moi. De toute façon, mon top 10 subjectif de la décennie, je vous ai parlé de tous les films par le passé en long en large et en travers. Sauf du premier, parce qu’il méritera son ciné club 100, sa quintuple note.

Mais je crois que plus que tout, les tops de fin d’année sont une manière comme une autre d’écrire la mémoire. Au-delà de la gratification nostalgique immédiate, ces tops sont des points de repère. Pour leur auteur comme j’imagine bien Mr Beaks dans dix ans relire son top des années mille pour se souvenir, pour leurs lecteurs, comme je me suis déjà vu à plusieurs reprises mettre à charger mon ignorance, pour une jolie séance hivernale, tant que durent les vacances. Aussi c’est ce que je vous souhaite en ces derniers jours de 2009. Puissiez vous vous trouver un top qui vous plaise, et l’explorer de fond en comble. Parce que, mine de rien, malgré tout ce qu’on peut reprocher aux années deux mille. Elles étaient pas si mal.
Demain, critique lité !