La neige lui glace les pieds à travers ses minces baskets. Seulement ça il ne le sent pas. D’ailleurs il ne sent plus grand-chose, bravant les bourrasques glacées, torse nu en haut d’une montagne Tibétaine. Le jeune garçon mord ses lèvres bleues pour ne pas se déchausser les dents à force de grelotter. Tous ses muscles sont bandés, formant une frêle et temporaire armure contre le froid. Un pas de plus, voilà ce qu’il pense. Encore un. Ne pas s’arrêter. Gravir la montagne. Au loin il distingue la silhouette de son maître qui l’attend. Plus qu’une centaine de mètres, Allez ! C’est alors qu’un terrible hurlement retentit à travers la tempête. Le yéti est là.

Le garçon regarde frénétiquement autour de lui. Il cherche mais ne voit rien à travers les flocons. Ses veines apparentes sous le froid intense palpitent de plus belle. Le bruit du flot de sang qui pulse le long de ses tempes l’empêche d’entendre quoi que ce soit. Quand la bête fondra sur lui, il ne le saura qu’au dernier moment. Il en a conscience. Alors il se baisse et ses doigts insensibilisés attrapent avec peine une pierre. Les secondes passent tandis qu’il reste immobile. Sans bruit, sans avertissement, une ombre blanche jaillit de nulle part et plante ses griffes le long du torse exposé de l’adolescent.

Aucun son ne s’échappe de sa gorge alors qu’il veut crier sa douleur. Sous le coup de l’influx nerveux tous ses sens reviennent brusquement. Se préparant pour ce qu’il sait être son baroud d’honneur, son corps lâche l’ensemble de ses réserves hormonales. Sa vue de nouveau acérée, le garçon retrouve sa cible en un éclair. Faisant fi du froid et de sa douleur il récupère la pierre qu’il avait lâchée un instant plus tôt. Dans un cri primal il saute sur le démon du froid, frappant la bête en plein visage. Personne n’avait résisté à l’animal depuis des années. C’est terrifié que le Yéti s’enfuit en dévalant les pentes rocailleuses. Le jeune homme jettera la pierre à sa suite en guise d’ultime bravade, avant de s’effondrer dans la neige qui peu à peu se tâche de sang.

Le maître est au chevet de BenReilly à son réveil dans la grande salle du temple. Des brasiers réchauffent le visage de celui qui est maintenant un guerrier. Des bandages imbibés d’onguent le maintiennent au sol. Le vieux sage esquisse un sourire pour la première fois depuis l’arrivée du garçon de la ville. Avec cette dernière épreuve son entraînement est achevé. Il aura désormais la force de mettre à jour son blog tous les jours, sans jamais faillir. Car la force est pour toujours en lui.
Voilà, ça répond à ceux qui me demandent comment je fais pour poster une note par jour. Tout devrait s’expliquer pour eux maintenant. Quant à demain, je causerai de ce qui se passe quand je croise des scénaristes/auteurs fondamentalement plus intelligents que moi.
BONUS STAGE !!!
Une série de petites pubs qui gagnent en hystérie comique à être regardées d’affilée. Ceci prouvant qu’un peu de fantasme dans la vie quotidienne peut motiver comme jamais.

