1166 – Get Smurfed

A la base je voulais vous parler la lettre refus type de POL que j’ai reçu vendredi. Mais j’ai beaucoup mieux. Je vais vous parler du film des Schtroumpfs !

Sans déconner.

J’aime me confronter au truc infâme que personne ne va affronter. Ca se moque après coup en mode « comment t’as pu oser t’infliger ça, t’as vraiment des goûts de merde ». Oui sauf que je peux parler et mépriser en connaissance de cause. Je suis allé en enfer et j’en suis revenu. Je détiens la vérité.

A savoir que Les Schtroumpfs le film, c’était pas si mal que ça.

Déjà les acteurs humains sont en mode serious business, ils paient leurs impôts, mais avec professionnalisme. Neil Patrick Harris assure en directeur marketing futur papa (personnage à chier) tandis que Hank Azaria joue Gargamel à fond, sans aucun second degré. On admire. Ensuite les Schtroumpfs ne sont pas si insupportables. Okay on a un Schtroumpf gay qui organise le spectacle du village et s’admire dans le miroir. Mais on a un Schtroumpf narrateur qui fait la voix off, ce qui est DROLE. Oui j’ai ri et je vous emmerde. Tout comme j’ai marché à fond que NPH google les Schtroumpfs et découvrent que ce sont des créatures mythiques belges ou quand le grand Schtroumpfs recopie des recettes de magie depuis une BD de Peyo.

META !

Et comment résisté à la fin quand le grand Schtroumpf fait un câlin à NPH ? En 3D en plus !

J’aurais eu 6 ans j’aurais adoré de bout en bout. Pas de chance j’ai 25 piges et je me suis rarement senti aussi agressé par les placements de produits. On a une séquence qui dure TROIS MINUTES durant lesquels NPH et les Schtroumpfs jouent à Guitar Hero. Le Schtroumpf grognon drague pendant DEUX MINUTES une poupée miss M&Ms alors qu’au même moment la Schtroumpfette découvre le consumérisme au rayon Barbies du supermarché : « Ca alors on peut porter plus d’une seule robe ?! Je les veux toutes ! ». Au-delà de l’odieux merchandising on a droit à tous les poncifs merdiques des comédies à bonhommes en images de synthèse d’hollywood : un passage en rap, une chute dans les toilettes, une référence à une chanson de Katy Perry et des blagues sur qui a pété. Voilà voilà.

Au moins le running gag du film qui consiste à ce que tous les personnages humains du film fassent remarquer aux Schtroumpfs que leur chanson est horripilante est très drôle.

Nous étions une grosse douzaine dans la salle de deux cent places. Que des adultes, qui ont ri deux trois fois. La 3D était cool et le film était beaucoup moins merdique que prévu. C’était au final plutôt efficace, même si très sale. En vérité je m’attendais à bien pire que ce que j’ai vu. Il faut par contre gratter sous la croute et survivre aux moments qui vous donnent envie de vous éclater la tête contre le dossier d’en face.

Ce n’est possible qu’en ayant 6 ans d’âge mental, ou mon incroyable capacité à voir le bien partout, même au milieu du néant moral qu’est Hollywood.

Vivement 2013 pour le II.

TRAILER STAGE !!!

1138 – Come Get Some

Quelque part au fond d’un carton poussiéreux, un américain a retrouvé son reçu de précommande pour Duke Nukem Forever. En 1997 il a donné 5$ à son magasin physique préféré pour s’assurer un exemplaire du jeu à sa sortie, prévue pour l’année d’après. Quatorze ans plus tard, le nouveau Duke arrive dans les bacs. Le magasin de quartier a été racheté il y a bien longtemps par la tentaculaire chaîne Gamestop. Au début du mois, la direction du revendeur a annoncé que oui, ils allaient honorer toutes les précommandes de Duke Nukem Forever, y compris celles passées il y a plus d’une décennie dans des boutiques qui n’existent plus. Effet d’annonce qui ne mange pas de pain et ne coûtera pas grand-chose. N’empêche, plusieurs personnes se sont présentées au comptoir, avec leur ticket jauni. Parce qu’aujourd’hui (chez nous), débarque la plus grande arlésienne de l’histoire du jeu-vidéo.

Je serais incapable d’énumérer tous les articles que j’ai pu lire plus de la moitié de ma vie (!) concernant Duke Nukem Forever. Suite de l’extraordinaire Duke Nukem 3D sur PC, un jeu avec de la gueule, des seins et des freeze rays, Forever est un cas d’école sur le perfectionnisme et le voilage de face. Si on l’attend depuis si longtemps, c’est parce que son créateur, Georges Broussard, a forcé l’équipe de développement à retravailler encore et encore le projet. Dès qu’un nouveau moteur 3D voyait le jour, il fallait que Duke débarque dessus. A chaque nouvelle idée de jeu dans un first person shooter, il fallait un niveau équivalent sur Forever. Et ainsi de suite. Les bénéfices de l’opus précédent, les ressorties sur toutes les consoles (y compris iPhone et Xbox Live Arcade) et le soutiens de l’éditeur 2K games a permis au développement de trainer et d’être repris à zéro pendant douze ans. Jusqu’à la banqueroute du studio.

Ce qui tend à prouver que la recherche de la perfection conduit à la ruine, l’expression de mon big up à Georges Lucas et tout. Parfois il faut savoir lâcher prise et accepter de sortir une grande œuvre plutôt qu’un chef d’œuvre.

Rapidement le bras de fer s’est engagé entre l’éditeur 2K qui voulait récupérer son argent ainsi que les droits du personnage et les créateurs de chez 3D Realms. Ce qui sentait le procès interminable s’est réglé en coulisses, contre un gros chèque. Venu à la rescousse, le studio Gearbox responsable de quelques bons jeux, a repris le développement de Duke Nukem Forever, effectuant le tri de plus de dix ans de travail, pour accoucher d’un tout cohérent. Le destin à le sens de l’humour, puisque Randy Pitchford, le PDG de Gearbox, est un ancien de 3D Realms. Le Forever qui sort aujourd’hui est technologiquement en retard, un patchwork d’idées et la relique d’une époque où les seins pixélisés dans Duke valaient tous les Youporn du monde. Dans un marché dominé par des héros muets qui tuent des russes sans nom dans l’interminable troisième guerre mondiale, Duke n’a plus sa place.

C’est en tout cas ce que croient plusieurs de mes amis, qu’ils bossent dans le jeu vidéo ou pas.

Ils ont tort.

Si cette semaine où se tenait l’E3, le plus grand salon de jeux vidéo du monde, nous a appris quelque chose, c’est à quel point l’industrie est conservatrice, tourne créativement au ralenti. Duke Nukem Forever possède un atout rare : une personnalité. Et pas simplement un traitement graphique cartoon sur un jeu sérieux, ni une idée de gameplay originale dans un univers déjà vu. Une vraie personnalité, machiste, vulgaire, profondément débile, où l’on passe des cochons géants alien au rayon réducteur avant de leur marcher dessus.

Duke Nukem Forever pourra être le plus mauvais jeu de l’année, ça n’aura une aucune importance. Je vais prendre mon pied pareil.

TRAILER STAGE !!!

949 – Tron 1.5

Disney s’est pris pour la Fox ce jeudi. Vous vous souvenez quand, cet été, toutes les salles IMAX du monde diffusaient une vingtaine de minutes d’Avatar gratuitement ? J’y étais, et ça restera de mon point de vue comme le meilleur outil à bouche à oreille de l’année. Gratos, à l’avance et démocratique (pas de traitement de faveur pour les journalistes), c’est super effective comme on dit ! Donc, Disney, qui lance la suite de leur film cheapos/culte Tron cet hiver, a décidé de faire pareil. Rendez-vous donc au Pathé Ivry, en début de zone industrielle, pour voir 23 minutes de Tron : Olivia Wilde En Combinaison Moulante Maquillée Comme Une Pute Pendant Deux Heures En 3D. Ca serait moi je mettrais ça comme titre sur l’affiche, au lieu de Tron : L’Héritage. Anyway. C’est sans parvenir à motiver qui que ce soit d’autre que j’ai posé mes fesses dans la salle FIMAX d’Ivry.

Une salle FIMAX, c’est une salle Faux-Imax. Cherchez pas, c’est de moi. En gros c’est quand tu prends une salle normale, que tu vires les trois premiers rangs pour rapprocher l’écran et créer l’illusion d’immensité, que tu colles un projo IMAX et que tu fais payer ça avec un surcout IMAX. C’est un demi-disneyland. C’est un plan cul avec un petit pénis. C’est le FIMAX. Donc un mec de Disney, genre vieux beau, débarque et nous vend le film. Vous êtes les premiers au monde à voir ce montage, exclu, ça sort en février, c’est les daft punks à la bande son, ça va être culte, kiffez bien. Il nous prévient que la première partie du montage est en « 2D relief ». Heu… okay. En vrai il voulait dire que les dix premières minutes se passaient dans le monde réel avec des vrais décors, mais que ça sera en 3D. Ou pas, en l’occurrence, parce que problème technique. Le mec avouera à la fin de la projection qu’il avait eue la bobine que quatre jours plus tôt et qu’il l’avait pas testée. Heu… okay ?

Le problème du montage de 23min, en plus de l’absence totale de 3D, c’était qu’il était super mauvais. Personne dans la salle n’était venu voir 10min d’exposition avec des personnages qui discutent en champ/contre-champ. Gâchis. Le doublage français était catastrophique, car sûrement rushé à la dernière minute pour l’évènement. Entre ça et le jeu d’acteur qui ne vend pas du rêve, je n’ai rien ressenti. Quand les lumières se sont rallumées, personne n’a applaudi. L’ambiance était morose. J’ai croisé un ami dans la salle, il était prêt à mettre le feu à une peluche de Mickey tellement il était dégouté. Comme je n’ai pas d’attachement particulier au premier Tron, et qu’Olivia Wilde en émo-pute sur grand écran me satisfait amplement, ça allait. Mais d’un point de vue marketing, en tout cas à cette séance d’Ivry, c’était un bel échec. Une suite de mauvais choix allant d’une absence totale de communication sur l’évènement (la salle à peine pleine) jusqu’à l’erreur technique grossière par manque de répétition.

Peut-être que monté correctement, en 3D et en VO, Tron Legacy ça enverra du bois. J’espère. Parce que si j’étais venu enthousiaste à la projection, j’en suis reparti beaucoup moins optimiste. L’effet contraire escompté par le marketing de Disney. Ooch. Quand on sait qu’en plus je suis le cœur de cible, c’est mal barré.

MUSIC VIDEO STAGE !!!