738 – Clashing It The 2D Way

Cette semaine je vais enfin retourner au cinéma après un bon moment de disette et de manque de motivation/accompagnateurs. J’ai méga envie de me payer Clash Of The Titans. Y’a des scorpions géants et Liam Neeson putain ! J’en demande pas plus. En plus, à chaque fois que je vais au taf’ le matin je tombe sur le posteur lenticulaire dans le métro, celui qui est en fausse 3D quand tu bouges et que putain je regrette de pas me taper quelqu’un à la RATP tellement je vais être deg’ de pas pouvoir en récupérer un. Par contre, je n’irai pas voir le film « en 3D dans les salles équipées ». Car s’il y a bien un consensus au niveau des critiques US, c’est que la 3D sur Clash Of The Titans est la plus merdique de tous les temps. Un point de détail pas assez souligné à mon goût dans notre beau pays (oh, wait, les journalistes français… lawle).

Petit cours technique. Clash Of The Titans a été tourné en 2D, la décision de le transférer en trois dimensions n’ayant été prise qu’au cours de la production. Du coup le relief a été ajouté en post prod. C’est-à-dire qu’à moins de trois mois de la sortie du film, une équipe de mecs à découpé chaque image plan par plan pour en dégager 3/4 et ainsi créer la version 3D. Avec aussi peu de temps, ça aurait été fait à la salaud, avec des arbres mal détourés, ou des cheveux au vent pas dans le même plan entre la racine et la pointe. Un résultat bien dégueulasse qui provient d’une part du timing serré et aussi de la technique en elle-même. Là où James Cameron a filmé avec une vraie technologie 3D avec deux images qui créent un relief en volume (sur les personnages comme sur la profondeur du décor), la post production 3D ne permet que de dégager des plans. Un peu comme dans un théâtre de marionnettes.

Si seulement il n’y avait que ça. Fun fact. Il faut à l’œil humain environ deux secondes pour se réhabituer à une nouvelle perspective. D’où les plans toujours longs d’Avatar, pensé pour la 3D de bout en bout. Louis Letterier, le réal du Clash privilégie un montage rapide, avec des plans ultra courts. D’où une bouille oculaire qui rend l’action illisible et favorise les migraines. Dans le même ordre d’idée, pensé et tourné en 2D, la lumière du film n’est pas adaptée et la version 3D est donc beaucoup plus sombre que prévu (les lunettes absorbant la lumière). Ou comment arriver à une catastrophe cosmique pour de simple raisons de rentabilité. En effet, la place de ciné en 3D coûte plus chère, gonfle les chiffres et fait bander les actionnaires. Tout comme certains fanboys vont tout voir dès que c’est en trois dimensions. Argument marketing imparable.

Pendant ce temps là, Michael Bay continue de hurler qu’il refuse que Transformers III soit converti en 3D en postproduction. Sincèrement je pense que la Paramount va lui forcer la main mais si Bayhem tient le coup, respect. Car la 3D est un autre langage cinématographique, avec ses propres codes et une vision d’ensemble nécessaire. J’ai lu une dizaine de critiques du Clash ces dernières semaines. TOUTES insistaient sur la 3D dégueulasse et suppliaient les spectateurs d’aller voir le film tel qu’il a été conçu à l’origine, en 2D, tant pour le plaisir de spectateur que pour dire aux studios d’aller se faire foutre. En plus, c’est économique.

Demain on parlera encaissement de critique.

TRAILER STAGE !!!

695 – Top Three Saturdays 46

Nan mais en fait je hais UGC. Sans déconner. Je les hais. Pas autant que Sony, mais ils sont pas mal placés. Parce que loin des problématiques tarifaires ou policières, UGC commet des crasses bien plus flippantes en ce qui me concerne. D’où le Top 3 des vraies bonnes raisons de détester UGC.

Three – Don’t Be Evil

J’ai encore de travers les ravages qu’a causé UGC dans la ville de Lyon. Quand j’étais môme, une salle, le Comoedia, était genre la salle indé de ouf. Toute moche mais avec une programmation de luxe, ultra pointue et qualitative, allant du film slovaque pour Téléraman jusqu’au festival d’animation japonaise avec des inédits. Puis, un jour, le Comoedia a déposé le bilan. Plusieurs associations et entreprises se sont portés acquéreurs, donc UGC. La ville de Lyon a fait confiance à la grosse machine, lui a vendu le bâtiment, qu’UGC a fermé quelques mois plus tard. Un concurrent de moins. Hop, c’est toujours ça de pris. La destruction du bâtiment était programmée mais la mairie à fait bloc, trouvé un nouveau financier et racheté le cinéma à UGC, avant de geler tout projet d’expansion de la marque sur Lyon. Un revers qu’ils paient encore alors que tous les projets sont donnés au groupe Pathé. Un exemple parmi d’autre de la politique d’expansion maléfique d’UGC, et je ne parle même pas de la province mal desservie.

Two – Too Old For School

Dimanche dernier j’ai vu Ninja Assassin au Publicis. La séance était en projection numérique HD exclusive. Jamais entendu parler. Au bout de cinq secondes de film je saignais des yeux tellement l’image était la plus belle que j’aie jamais vue de ma vie. Encore plus détaillé, pointu et net qu’en IMAX. Sur le cul. Incompréhension totale, renouveau de l’expérience cinéma. J’ai failli pleurer de bonheur. Merci le numérique (et le distributeur du film, merci merci merci). Pendant ce temps là, aucun UGC du pays n’est équipé en projecteur numérique, et donc en 3D. Parce qu’un projo numérique, même bas de gamme, ça coûte de l’argent, et qu’investir, ça rogne sur le chiffre d’affaire. Puis la 3D, c’est qu’une mode, ça marchera jamais. Une fois de plus UGC a payé très cher ses choix en se faisant fumer la gueule par Avatar. Quand Gaumont, Pathé, Kinnepolis, Mega CGR, MK2 et les indépendants passaient le film en 3D, avec une image de qualité, UGC proposait uniquement une version 2D, pellicule, floue. Je vous dis pas le manque à gagner. Assez pour que ce mois-ci la chaîne annonce équiper une salle et seulement une en numérique 3D par ciné cité. Soit quinze. En tout. Pour commencer qu’ils nous assurent. Lol. Je retourne au Publicis, merci.

One – WTF Is This Shit ?

On a pas mal parlé de la programmation “anti-racaille” d’UGC l’année dernière. Les cinémas de banlieue « sensible » n’ont pas diffusé Banlieue 13 Ultimatum de peur d’attirer une clientèle peu fréquentable. Mais le mal est, en ce qui me concerne beaucoup plus ancien. A l’époque où les cinés cités ont été créé, ils passaient de tout, et exclusivement en VO. Mais les pontes se sont rendu compte que la masse est trop conne pour l’éclectisme et s’est recentré doucement sur son cœur de cible, les gens moyens de la vraie vie. Les films d’horreur, science-fiction, comédie US geek ont été relégués dans des petites salles loin des multiplexes (big up à l’Orient-Express à Paris et à Part-Dieu IV sur Lyon). Car oui, 20€ pour l’illimité, c’est assez peu cher pour que les geeks, les branleurs et les banlieusards s’offrent un abonnement, squattent les salles et ternissent l’image de marque de l’enseigne. J’ai le souvenir d’un été où le ciné cité Lyon préférait conserver des films français qui faisaient salle vide pendant trois mois plutôt que diffuser le thriller Sci-Fi qui faisait salle comble systématiquement dans le centre commercial mal fâmé. Très classe. Et nous voilà au présent avec des programmations amputées, le retour de la VF (Percy Jackson ou le dernier Disney avec seulement deux séances en VO par jour au ciné cité Bercy). Le public exigeant, le public à problèmes ont débarrassé le plancher, cédant leur place au public made in TF1 qui se gave joyeusement.

Le plus triste dans tout ça, c’est qu’en imposant la VO il y a presque dix ans UGC avait nivelé vers le haut une bonne partie de la population, forçant des amis à mois, mes parents, ma famille à s’éduquer, s’ouvrir à la VO, à aller voir un des quatorze films proposés. J’étais fier et heureux, c’est con mais c’est comme ça. Ma carte UGC, je la brandissais comme le sésame qui permettait aux gens de s’ouvrir au cinéma, aux langues, à tous les films. Maintenant je vais quasi exclusivement dans des salles indépendantes ou au MK2 pour trouver des spectateurs pas casse-couilles, à peu près respectueux et surtout une programmation digne de ce nom. Pendant ce temps là, UGC continue son repli nationaliste et populiste gerbant. Et si les clients UGC ont parfois des attitudes de connards, j’ai envie de dire qu’ils ont la clientèle qu’ils méritent.

Alors ouais, ces arguments sont moins sexy que l’anti-flic primaire. Et pourtant, à mes yeux ils sont cent fois plus importants. Dans les faits je boycotte quasiment UGC et ne garde ma carte que pour les MK2/Indés. Et mine de rien, ça me fait de la peine. J’aimerais tellement qu’il en soit autrement.

Demain, ciné justement.

638 – Epic Mickey Pt 2

[Suit de la note 637]

Après quelques minutes d’incompréhension et de grogne, un responsable prend le micro et nous annonce qu’ils ont un problème. La bande VO n’a été livrée que quelques dizaines de minutes avant la séance. Trop court pour la tester, la faute à pas de chance si c’est pas calé. Ils n’ont pas réussi à recadrer le problème à la volée. Pour ceux qui le souhaitent, Avatar sera diffusé en VF. Pour les autres, ils sont invités à quitter la salle et prendre contact pour un geste commercial (deux places offertes). S’ensuit un bon quart d’heure de battement, où un tiers de la salle se barre, y compris mes amis à usage unique m’ayant promis le partage d’un taxi. Fuck. Double fuck parce qu’après trois heures à sympathiser, je sentais que je pouvais briser un couple et repartir avec la fille. Au moins ceux qui n’avaient pas pu choper une bonne place ont pu se rattraper avec tous ces départs. En ce qui me concerne, l’image est plus importante que le son, et je vais voir un film en Image MAX, pas en VOMAX. Puis avatar, le jeu des acteurs ricains, s’pas le plus important. Alors je reste.

Puis bon, après un trajet épique, une attente épique, je ne partirai pas sans mon putain de film épique ! Les lumières s’éteignent à nouveau. Le film reprend. Reprend ? Des geeks se lèvent, hurlent au projectionniste de remettre le long métrage depuis le début. La voix répond que « ce n’est pas un DVD, on ne peut pas rembobiner ». Allez, pour dix minutes, au point où on en est. Jake découvre son Avatar, rentre dans la machine, se connecte. La VF est de très bonne qualité, que ce soit en trad ou au niveau des voix. « C’est le pied ! » Puis ayé, on est lancé, vingt minutes dans le film, Jake découvre les forêts de Pandora et se fait attaquer par le Thanator. Quand tout à motherfucking coup, les sous-titres réapparaissent sur l’écran ! Holy shit ! Mais what the ?! Mais ?! Des voix commencent à s’élever. Cette fois, c’est certain, le Gaumont Disney Village va être rasé par une horde de fanboys en colère. A ce moment précis, au bord du précipice, de la fin de la civilisation, du retour à la barbarie, les enceintes crépitent. La bande son saute, avant de switcher sur une piste VO. Parfaitement calée.

Tonnerre d’applaudissements.

J’ai vécu les deux heures suivantes comme un premier rendez-vous avec une fille que je convoite depuis longtemps. Je n’ai pas été surpris, mais en m’offrant exactement ce que j’espérais, elle n’aurait pas pu me combler d’avantage. On aura essayé de me dire qu’elle n’est pas jolie, qu’elle manque de conversation. Au point que j’aurais tort de l’aimer, que je n’aurais pour des raisons absurdes pas le droit d’être heureux avec. Bile déversés par les cœurs de pierre, les prétentieux de tout poil. Car parfois il suffit juste de se laisser porter, de profiter du moment. Et je sais que j’ai bien fait d’attendre, de ne pas lui sauter dessus à la première occasion. En patientant jusqu’au bon soir, en lui laissant le temps de se faire belle, j’en ai pris plein les yeux, qui sont restés écarquillés. Tout ça valait le coup, la difficulté du périple ayant sublimé la rencontre. J’en suis rentré des images plein la tête, avec une seule certitude, le besoin de la revoir.

Le public a applaudit une nouvelle fois à la fin du film, mais cette fois ce n’était pas pour le projectionniste. Quant au retour, il fut à la hauteur de l’aller. J’ai patienté après minuit pour prendre le bus de nuit, direction gare de Lyon en une heure trente de trajet. Coups de téléphone pour partager mon expérience, finissage du Paul Auster, tous les moyens étaient bons pour que je ne m’endorme pas. Le trajet à pied de Gare de Lyon jusqu’à Oberkampf aura terminé de m’achever. D’où un effondrement au fond du lit, pour une nuit plein de beaux rêves.