893 – RIP Satoshi Kon

Le fu. Satoshi Kon est mort. Et ça c’est bien la lose parce que je venais tout juste de regarder Paprika. Vous connaissez ? C’est un dessin animé japonais assez mature sur le thème du rêve. Dans le futur on invente une machine pour aller visiter les rêves des gens et des terroristes en ont volé quelques unes et s’en servent pour vous pourrir le subconscient à coup d’images chelous. Paprika est une demoiselle dont la mission est d’aller sauver les gens prisonniers de leur propre rêve tout en essayant de mettre la main sur les appareils dérobés. Le film est magnifique, complexe et adulte. Question onirisme renvoie à la préhistoire Inception, conçu pourtant bien après. Un déjà classique donc comme on dit. Son réalisateur/scénariste, c’était Satoshi Kon. La semaine dernière, il s’est éteint jeune, bouffé de l’intérieur par un cancer, alors qu’il avait sur le feu un nouveau film.

Là où ça se complique, c’est que l’homme a laissé derrière lui une note de blog. C’est assez étrange, comme pratique, la note de blog pré mortem. Déjà, et j’en sais quelque chose, que la plupart des gens même sachant la mort venir ne prennent pas forcément l’envie ou la force de laisser quelques lignes à leurs proches. Lui a laissé plusieurs pages à l’Internet. Dans son post il parle de sa maladie, d’à quel point il l’a caché jusqu’à sa famille et ses collègues. C’est l’occasion pour lui de faire le bilan de ses films, où il avoue qu’il aurait souhaité qu’ils rapportent plus d’argent bien qu’il soit satisfait de l’accueil critique. Le document est à la fois ultra poignant et très japonais. On sent la culture asiatique et la moralité du pays qui l’habitent. De ce point de vue c’est d’autant plus fascinant à lire, mais on fini tout de même anéanti sous le poids de la tristesse.

Je ne vais pas vous faire le numéro du grand fan en deuil. Je n’ai même pas vu le dessin animé qui a l’a propulsé avec les plus grands : Perfect Blue. Mais j’en ai entendu parler et je compte réparer cette erreur. Je me souviens juste de Millenium Actress, que j’étais allé voir sur les bonnes recommandations de mes lectures de l’époque. Un autre film majeur pour quiconque s’intéresse un peu à l’histoire du Japon, mais surtout une histoire bouleversante et très humaine. Satoshi Kon était de ceux qui racontent des histoires simples avec des dessins. Qui prouvent qu’on peut parler des gens et des sentiments en animation sans vaisseaux spatiaux, combats à mort et animaux qui parlent. Cette sensibilité va me manquer autant que l’homme va manquer à cet art qui peine à s’imposer au milieu des conneries formatées et de l’indifférence du grand public.

A partir de là vous pouvez lire la singulière note de blog, traduite ici en français. Ou alors vous pouvez regarder Paprika, Perfect Blue, Millienium Actress ou n’importe quelle autre œuvre de Satoshi Kon. Garanti bonne came. Moi je vais partir à la recherche de ma volonté de créer, ça m’a motivé tout ça.

876 – Easier With Practice

Hier matin je me suis levé tôt. Genre à 8h du matin dans la montagne, réveil et tout. Biatch j’ai marmonné à personne en particulier en rampant hors du lit. La veille on s’était mis d’accord : randonnée de ouf dans les bois toute la matinée. Même qu’il fallait mettre le réveil. Au final j’étais le seul debout. Mon frangin pionçait peinard, tout comme mon grand-père qui avait décidé sur le coup des six heures du matin que finalement, non, il faisait froid, ça valait pas le coup. Bien content d’avoir été prévenu. Je suis donc allé mâchonner mes tartines de confiture de mûre trempées dans le Nesquick, sans conviction. Le fu. Je voulais aller dans la montagne moi, je voulais luter contre les cailloux, déchirer mon jean de branleur et prendre des photos de petites fleurs en mode macro. Le plus drôle, c’est que j’ai passé 20 ans de ma vie à détester les promenades.

C’est un truc de gosse ça. Quand j’étais môme les balades en forêt, en champ, en montagne, c’était genre la plaie cosmique. Quoi ? Me sortir de devant la TV ? Mais vous êtes des grands malades ! Pour une fois que je peux jouer à la Playstation toute la journée vous voulez me faire voir le soleil ? Personne pense à mes petits yeux délicats de geek bordel ! Donc je faisais la gueule, je donnais des coups de pied dans des bouts de bois et je gueulais sur les vaches qui me regardaient de travers. En gros, c’était un petit con, et une plaie pour la famille. Ce qui me consolait c’est que j’étais pas le seul. Mon bro parle moins mes ses yeux en disaient long. Son regard variait entre le mode « colère parce que j’étais en pleine partie » et « je suis pas là je suis dans mon univers intérieur la réalité n’est plus là ». Sauf que maintenant, j’ai changé d’avis.

A chaque fois que je réalise que ouais, je suis un peu plus mature et différent qu’avant, je déprime un peu. Parce qu’à l’époque, j’étais persuadé d’être un génie, d’avoir raison et tout compris à la vie. Fuck you les vieux qui disaient que ça viendra avec l’âge. Vous avez raison et je vous déteste pour ça. Je sais tout bordel ! Ou pas des fois. A Lyon on est parti dîner chez des amis qui, à une époque, nous forçaient toujours à crapahuter dans la forêt. Je détestais. Maintenant que j’aimerais bien glander dans les bois de banlieue, marcher un peu dans la verdure, les adultes préfèrent se vautrer et se bourrer la gueule pour oublier qu’ils ont cinquante balais passés. Puisque je vous dis que je suis grand, mature et profond à présent ! Je veux aller marcher et réfléchir au sens de la vie à l’ombre des chênes ! Vous faites chier tiens.

Tout ceci pour dire que mine de rien, je grandis encore dans ma tête et dans ce qui me plait de la vie en général. Ca prouve aussi que j’étais un connard avant, et que je le suis un peu moins maintenant. Ce qui est bon à savoir que j’aurai des gosses, qui seront casse couilles. Même si, à part ces histoires de rando, soyons honnêtes, j’ai tout compris à la vie depuis que j’ai douze ans, minimum. Hé hé hé…

798 – That Went Well

Aujourd’hui je termine mon stage de Community Manager pour Fluctuat.net chez Lagardère Active. J’ai bien aimé dire que je bossais chez Lagardère. Je veux dire, techniquement les mecs ils construisent légèrement des avions de combat et ça, c’est cool (même si le Cinquième Elément nous apprendra dans le futur que la guerre, c’est pas bien). Mais Lagardère c’est aussi Hachette publishing ! Bordel mais je suis dans la même boîte que Grasset (techniquement) ! Bon j’appelle ce vieux filou de Manuel Carcassonne, directeur littéraire chez Grasset et je lui dis qu’on est collègue. A moi la gloire et le numéro de téléphone de Lolita Pille ! Ou pas en fait. Parce que Lagardère Active, c’est les magazines et les internets. Un peu comme le magazine Be, lancé y’a pas longtemps. J’ai bossé sur le bureau d’en face de la guerrière du lol qui rédige les tests psycho qui finissent dans vos mimines de modasses ébahies.

Okay, je triche un peu, aujourd’hui c’est pas mon dernier jour. En vrai c’est demain. Seulement, demain, Boss n’est pas là, obligation professionnelle. Demain je débarquerai face à une porte fermée que j’ouvrirai avec le petit double des clefs qu’on m’a prêté. Un sésame que je laisserai sur le bureau de la secrétaire canon avant de tourner les talons en fin d’après midi. Dans l’idée je me demande pas si je vais pas passer ma pause midi à me faire le sandwich le plus bâtard de tous les temps pour fêter mon retour au monde merveilleux de la grasse matinée. Au final ça se sera pas si mal passé. D’une, je me suis pas fait virer, ce qui est un bon début, niveau appréciation du taf’. Et de deux parce que j’ai même appris des trucs. Seriously. Le community management étant le job le plus bullshit branleur du moment, personne ne sait vraiment à quoi ça sert ni ça vaut le coup qu’on paye pour ça. Mine de rien t’en ressors avec quelques idées sur la question, et c’est mieux que la moyenne des abrutis qui en parlent.

A présent j’ai hâte de pouvoir reprendre un rythme de sommeil cohérent (3h->11h) et surtout finir la horde de jeux Xbox que j’ai à la bourre. C’est un peu ça tous les étés. Dans un rythme de taf’ d’être humain normal c’est la misère pour espérer suivre tout ce qui sort. D’où la perspective de vacances consistant entre un aller-retour perpétuel de la TV à la piscine des potes avec potentiellement un arrêt au stand féminin de temps en temps (si Raptor Jésus le veut). Enfin, c’était sans compter sur le mémoire, cet espèce de serpent de mer, limite le plus gros Leviathan de toute ma scolarité. Une bête infâme dont la simple évocation glace le sang. Finalement c’est pas en juin que je jouerai à Alan Wake entre deux parties d’Army Of Two Two. A la place je vous donnerai des nouvelles de l’état de l’union et des dispositions prises par la communauté internationale vis-à-vis du dit mémoire.

Tout ça pour dire que je suis venu, j’ai fait des cafés, et je me suis pas fait virer. Si j’étais ma mère je serais grave fier de moi. Ayez une pensée pour moi demain, dans la solitude de mon petit bureau solitaire mal chauffé. Ca va finir je vais laisser plein de post-its avec des gros mots sur l’ordi de Boss.

Demain, Ex et top 3 !