947 – Than The Prettier Of Your Friends

Avant de sortir avec l’ex-femme de ma vie, j’ai dû suivre un cheminement un peu compliqué. D’abord elle a tenté de me caser avec une de ses copines, la sage. C’était l’époque où j’étais plus kikoolol que bâtard sensible, j’étais donc Ze mec a fourguer à la fille qui ne s’est jamais réellement frottée au sexe masculin. Sauf qu’avec ce genre de meuf, tu sers juste à lui donner suffisamment de confiance pour s’affirmer et te larguer (joie). L’ex-femme de ma vie étant complètement pas disponible à l’époque je suis parti en chasse de sa deuxième amie. Avec des résultats assez pathétiques mais on en parlera pas aujourd’hui. Peut-être plus tard. Puis, enfin, le moment magique, les anges qui sonnent les trompettes et compagnie. Enfin j’étais contenté, pour un tas de raison. Parmi lesquelles ce fait indiscutable : j’étais avec la plus jolie fille de son groupe d’amies.

Avec le recul, je réalise que la plupart du temps je ne me suis casé qu’avec la plus belle fille de sa bande. Quelque part ça me semble logique. Non pas que je sois un beau gosse ou quoi que ce soit. Non, plutôt dans l’idée que si jamais je dois passer du temps avec ma copine, et voir ses amies, il ne faut pas que je passe mes soirées à fantasmer sur les satellites de ma relation. C’est arrivé, une fois, dans mon entourage. Une coupine a découvert que son mec subtilisait les photos des amies de sa dulcinée pour, heu, les longues soirées d’hiver. A priori. De mon point de vue, une relation monogame a peu près saine passe par la limitation des tentations. Et quoi de pire que cette idée infâme derrière le crâne qui dit « hey, peut-être que t’as pas prise la bonne » se conjuguant avec la tentation qui débarque à toutes les soirées. JOIE.

Et là j’entends les romantiques du fond, qui objectent. Oui mais et si, en fait, loin d’être la plus canon du groupe, tu trouves ta copine giga hot parce qu’elle te convient à toi (et que els autres ne sont pas ton type), ou que t’es amoureux ? C’est une très bonne question. Malheureusement on va peiner assez rapidement à trouver la réponse. Je sais que plus je passe du temps en compagnie d’une fille, moins j’arrive à être objectif quand je la regarde. Non pas qu’elle devienne plus jolie, mais disons que je peine de plus en plus à exprimer pourquoi. Elle est jolie, c’est tout. C’est comme ça. Comparer avec une autre ? Mwarf j’y arrive pas trop. Ce qui tendrait à ajouter de l’eau au moulin des romantiques de service. Idéalement pout tester la théorie il faut vivre une rupture, être de retour dans la vraie vie. L’autre tombe parfois de son piédestal. Retour à une relative objectivité.

Bon, idéalement mieux vaut ne pas en arriver là. Tout ça pour dire que cette certitude absolue (plus importante que la réalité des faits), celle d’être convaincu que votre copine est plus bonne que la plus bonne de ses copines, est grisante. En plus d’éviter un tas d’emmerdes par la suite.
Revers du truc, ça fait un critère relou de plus quand on drague, quand on espèce, quand on découvre l’univers de la prochaine. Le fu.

743 – Happily Ever After

Je discute avec cette fille qui a des yeux trop photoshoppés pour être honnêtes. Elle m’annonce son statut de jeune demoiselle en couple, ce qui fait que dans mon classeur mental je la classe dans la catégorie des « pas touche ». Puis je me dis que, de toute façon, si jamais je voulais, j’aurais qu’à attendre l’inévitable rupture. Je veux dire, elle a même pas vingt ans, tout le monde finit par rompre avec son amour de jeunesse. Ou devenir suffisamment chiant pour ne plus exciter personne. Alors que cette conclusion me vient à l’esprit, je me redresse sur mon fauteuil et l’envie me prend de me gifler un bon coup. Parce que cette logique de merde, aussi pessimiste que prétentieuse, elle n’est pas la mienne. Parce que dans mon cas, si je ne suis plus avec mon amour de lycée, ce n’est absolument pas de mon fait, ce n’est pas ma faute.

Si on remonte au lycée, la première fille avec qui je suis resté plus d’une soirée tentait déjà de me bourrer le mou pour justifier ses écarts de conduite. Mais enfin t’es débile ou quoi Matthias ? Les gens mentent, trichent, trompent, et c’est pas parce que t’es un bisounours que ça va changer. Va falloir te réveiller et grandir un peu ! Ce jusqu’à la semaine dernière, où je me plaignais de la dérive d’une ex par Gtalk à une copine. Elle me rétorquait que les princesses ça existe pas, que les filles c’est des êtres humains comme les autres et qu’il faut que j’arrête d’exiger ou d’espérer quoi que ce soit. J’ai longtemps mis cette façon de voir sur le dos de la propre faiblesse de ses défenseurs. Je pêche donc je décrète que tout le monde pêche. C’est plus simple que de s’opposer à ceux qui ne flanchent pas et se sentir inférieur ou faible. Même si, effectivement, c’est aussi ça d’être humain.

En ce qui me concerne, j’ai pris ma baffe y’a un moment maintenant, à découvrir que ma princesse était on ne peut plus faillible et lâche face à cette révélation, préférant prendre la fuite. Je me suis réveillé à vingt deux piges, entourés de hordes de gens dépossédés de leurs illusions. Et effectivement, c’est beaucoup plus facile de barbotter avec ces gens là, de devenir un autre connard romantique de service, de baiser, pas rappeler, d’espérer uniquement avec celles dont on sait que ça n’arrivera jamais. Puis, comme aujourd’hui, je me souviens parfois que mes illusions m’ont été arrachées par d’autres, que je ne suis pas le coupable, de responsable de mon passage dans leur âge adulte de merde. L’envie remonte de dire d’aller se faire foutre à tous ceux qui me soutiennent que le monde réel, c’est comme ça. Je n’ai rien perdu de mes illusions, je n’ai rien sacrifié, je m’adapte juste au dépit de mes contemporains.

Alors que je discutais avec cette illuminée de l’amour, que j’avais envie de lui dire que ouais, fallait qu’elle profite bien tant que ça dure, parce que ça n’allais pas duré, et bien j’ai fermé ma gueule. D’abord parce que je trouve ça infâme d’aller lui affirmer que son amour est voué à l’échec alors qu’elle est potentiellement l’exception. Mais surtout, parce que mon innocence est toujours là, à frémir sous la peau, a faire sembler d’acquiescer face aux pragmatiques donneurs de leçon. Je ne suis pas mort.

Demain on fera une sorte de mini top 3.

484 – Cine Club 62

Lire Shakespeare, c’est bien. Enfin, c’est ce qu’on m’a raconté à l’école. Y’a bien eu quelques études de texte de ci de là, un peu plus approfondi en fac d’anglais (si si, I was there). Mais bon, si on peut trouver la même chose en film, c’est mieux. Confère Roméo + Juliette, de Baz Luhrmann. Vous savez, le type qui a suicidé sa carrière en écoutant le public test de Australia et en faisant survivre Wolverine à la fin pour faire plaisir aux petites bites. Tout le monde a vu son Roméo et Juliette façon djeunes, où les mecs se tire dessus à l’automatique tout en parlant au passif de je ne sais quel temps composé. Tout ça c’est bien cool, mais y’a d’autres choses dans la filmo, enfin dans la biblio du petit Bill (diminutif de William). Souffle sur le vieux DVD d’O, enfin d’Othello.

Bon, on va faire style que vous savez pas trop de quoi ça parle, Othello. Donc là comme ça se passe dans un lycée ricain de nos jours, Hugo (Iago) est un petit connard bien vénère que la fille qu’il aime se tape son pote renoi star de l’équipe de basket du lycée, Odin (Othello). Du coup, et parce qu’il sniffe de la cocaïne, il décide de monter un plan machiavélique pour les détruire. Son but est de vriller le cerveau d’Odin. Pour ça il déploie une quantité insensée d’énergie à convaincre son ami que Michael (Cassio) se tape sa copine dans son dos. Forcément tout ceci va prodigieusement mal tourner, avec pas mal de morts à l’arrivée.

O s’est méga viandé sa race au box office US lors de sa sortie il y a 8 ans. Le réalisateur/acteur Tim Blake Nelson pensait pouvoir répliquer le succès de Roméo + Juliette, mais ce fut la cata. Le film était déjà interdit aux moins de 18 (semi-viol/drogue/meurtres) mais sa sortie s’est vue repoussée car se télescopant avec le massacre de Collumbine. D’où vautrage. Mais c’est bien dommage, ne serait-ce que pour le cast trois étoiles, Mekhi Phifer, Josh Hartnett et Julia Stiles en tête. Puis merde le principal du lycée c’est quand même Martin Sheen quoi ! Tout aussi fidèle que le film de Luhrmann, O manque du petit plus procuré par le décalage entre les dialogues et la réalisation, ce qui le cantonne au statut d’adaptation honnête. Pourtant on passe un bon moment en révisant ses classiques dans un enrobage made in high school. Au point que tout ce temps après, j’en garde encore un bon souvenir.

Une fois de plus vous avez échappé à ma critique/recommandation de la version longue ultra rare de Dardevil. Mais vous ne perdez rien pour attendre !
Demain, on causera PDF !

TRAILER STAGE !!!