480 – Book Review 73

J’avais jamais lu de bouquin de Philip Roth. Pourtant le mec était en bonne place sur ma checklist, après avoir gagné moult prix dont un Pulitzer. Quand j’ai mis Everyman dans ma wishlist mamazone j’avais une putain de bonne raison. Mais entre temps elle m’a échappé. C’est la ressortie Française en poche qui m’a filé la motive de commander ce petit truc de même pas deux cent pages. Prise de risque minimum alors que je suis embourbé depuis des semaines dans deux autres livres que je peine à finir. Si les vilains traducteurs français vous font croire qu’Un Homme est le dernier bouquin de Roth, c’est uniquement car ils sont grave à la bourre sur les sorties chez nous. L’auteur est un forçat, abattant un roman par an pépère. A soixante-quinze balais, ça reste la classe. Mais c’est et aussi et surtout qu’il sait que le temps lui est compté, ce qui est le thème d’Everyman.

Un homme, dont nous ignorerons jusqu’au bout le prénom, est en train d’être enterré à côté de ses parents. Amis et famille sont là pour assister à la cérémonie. Cet homme se sera marié trois fois, aura eu autant d’enfants tout en se construisant une brillante carrière dans la publicité comme directeur artistique. Mais c’est la maladie qui l’aura plus que tout défini. Ses séjours à l’hôpital l’auront hanté toute sa vie, jusqu’à cette dernière intervention dont il ne se sera pas réveillé. Avant de revenir au dernier épisode de cette existence, le roman remontera aux origines, son enfance comme fils d’horloger, ses premiers adultères et sa retraite, période pleine d’inquiétudes, de réflexions et de regrets.

Il n’est pas difficile de faire le lien entre Everyman et son auteur. Philip Roth, comme le personnage principal, est né en 1933, près de New-York et souffre depuis des décennies de problèmes de santé chroniques. Ce roman est du coup une sorte de testament, de réflexion sur une vie par un écrivain qui sent la mort se rapprocher. Le style est simple, tout comme l’intrigue qui s’offre à peine le luxe d’une narration non-linéaire. Pas de twist ni de grand morceau de bravoure littéraire. La simplicité du texte évoque celle de son héros. Pourtant le lecteur est touché, est ammené à se poser les mêmes questions que les personnages. Sans doute que ce bouquin fonctionne d’autant mieux que celui qui le lit est âgé, ou hanté par la maladie. Peut-être un bon candidat pour une relecture dans quelques années. Mais cela ne m’aura pas empêché de l’apprécier et le lire d’une traite, sa petitesse favorisant le one-shot.

Traumatisé à l’idée d’entamer un Roth de 400 pages, je me suis doucement familiarisé avec le bonhomme. Première approche concluante, il va falloir que je m’attaque à plus costaud.
Demain, on parlera de Spider-Man.
Mais à 14h, il y aura une note spéciale. Be there !

430 – Coming Out With My New Affair

Depuis que j’ai emménagé dans mon appart’ du tiers monde, j’ai toujours un bouteille de coke dans le frigo. Qu’il s’agisse d’un coca zéro, d’un vanille, cherry voir light +, y’a toujours du boire pour le milieu de la nuit. Dans l’attente de grandes occasions j’ai aussi mon six-pack de coca blak. Même mon eau du robinet, je la stocke dans des vieilles bouteilles de coca pour de toute façon la boire dans des verres pécho au macdo en forme de canette. Y’a pas à dire, si je suis un non buveur, j’ai quand même un tas de névroses. Pourtant depuis quelques semaines, c’est la guerre froide entre mes réserves de coca et moi. La faute en revient à la nouvelle arrivante. Car si l’on ouvre mon frigo en ce moment, on se retrouve nez à nez avec une putain de bouteille de Pepsi !

Quel est le fuck ?! Alors que je suis un homme relativement intègre, en tout cas suffisamment pour se mettre dans un merdier intergalactique à coup de d’objections de conscience à répétition, alors que je suis fidèle voilà que je me mets à boire du Pepsi ! Quand on pense que sans Coca cette marque n’existerait plus depuis bien longtemps. Fun fact : The Coca Cola Company file régulièrement de la thune à son principal concurrent dans le seul but de l’empêcher de crever, histoire de pas se retrouver avec un procès anti-trust au cul (Bill Gates a encore du mal à s’asseoir). La raison du don d’une nouvelle chance à Pepsi est due à une récente campagne pub d’affichage. Faut dire que depuis la super parodie du cercle des poètes disparu je suis fan de la com de la marque, beaucoup plus créative que son concurrent. Voici la fameuse affiche made of win.

Quand je vois une bonne idée qui fait plaiz comme ça, j’ai envie de retenter. Après tout, mon palais s’est aiguisé à différencier les cocas. Puis autre fun fact : le Pepsi est scientifiquement meilleur que le Coca. Des dizaines de tests à l’aveugle ont prouvé qu’une écrasante majorité des gens préfèrent le goût du Pepsi au Coca. Sauf qu’une fois que l’on leur fait boire avec les canettes visibles, les résultats s’inversent. La preuve de la toute puissance de l’image de marque, la justification d’exister de millions de marketeux dans le monde. Le fait est que le Pepsi est plus doux, avec un arrière goût en bouche moins sec que le Coca. Au point que si je conserve mon affection pour les cocas spéciaux, j’ai remplacé le normal par le Pepsi depuis le mois dernier. Et dieu que je me sens sale, traitre à ma propre cause.

Au moins je sais ce que ressens un musulman face à son premier saucisson. Enfin, dans l’idée quoi. Paraît que y’a que les cons qui ne changent pas d’avis. Mais quand on était un gros fascho du cola, c’est pas hyper évident à assumer.
Allez, demain on parle bouquin !

165 – My Dick, My Rules

Avant d’avoir un meilleur ami ébènophile, grand et poilu, j’avais un meilleur ami filiforme, imberbe et dans le doute sexuellement. Joël, puisque tel est son prénom, avait en effet un problème d’inclinaison sentimentale. Un jour il m’avoua :

- Putain je peux pas être bi !

Moi, tout candide :

- Baaah… Heuuu… Pourquoi ?
- Parce que c’est pas classe !
- Aaah ! Okay.

Oui, il était comme ça Joel. Bon j’aurais des tonnes d’anecdote à son sujet mais je dois faire un flash-forward. Un an plus tard, homosexuel réalisé et heureux, Joel à muté. J’ai en effet recroisé un ami commun au détour d’un bar qui va bien dans le centre ville de Lyon.

- Yo Nigga t’as de la news sur Jo ? (oui je parle comme ça en vrai)
- Du tout, on se voit plus.
- Mais what the fuck mon ami ?
- Bah… En fait il est devenu hétérophobe…

Permettez-moi d’élaborer. Après plus de dix-sept ans de tâtonnement sexuels (dans tous les sens du terme), Joël s’était décidé pour l’arrière des Volkswagen mâles. Du coup le gars à rattrapé une adolescence de frustrations. Trop fier de sa nouvelle vie il s’est mis à tenir des discours assez flippants du genre « nan mais être hétéro c’est un truc de perdant », « putain mais comment tu peux baiser un vagin, tu me dégoûtes ! ». Quelques mois plus tard, Joël avait radié tout ce qui n’était pas une fille ou gay de la liste de ses amis. Si je vous raconte ça, c’est que dernièrement y’a un truc qui me casse prodigieusement les couilles. Dans la real life, sur les blogs, t’as un tas de gens qui sentent le besoin de justifier leurs préférences sexuelles en public, si possible en chiant sur la gueule des gens qui pensent pas comme eux. Ah mais tu es hétéro ? Pauvre type t’as rien compris à la vie. T’es infidèle ? Ca fait quoi d’être un animal qui hait l’humanité ? T’es encore avec ton amour de lycée ? Pauvre animal social lobotomisé qui passe à côté de la vie. Tout ce à quoi j’ai envie de répondre : allez vous faire foutre !!!

Non parce que fondamentalement, trouver quelqu’un qu’on soit sûr d’avoir envie de sauter et qui nous procure le genre de sentiments au fond du bide qui donne à la vie la peine d’être vécu, c’est pas donné à tout le monde. Of course dans le jeu sadique et cruel du sexe il faut choisir un camp : gay ou hétéro, fidèle ou pas. Bon y’a des variations, mais dans l’idée on doit admettre qu’on peut pas bouffer tout le gâteau tout seul. Obviously les gens sont frustrés. Les gars casés jusqu’à la moelle se branle sur YouPorn pendant que leurs potes volages se disent que ça serait pas mal d’avoir un truc unique en construction. C’est le jeu. Quand on à pigé ça on vit plus sainement. Dommage qu’il subsiste quelques néanderthaliens méprisants. Mieux vaut vomir sur ceux qui pensent pas comme nous, ça nous rassurera quand à nos propres systèmes de pensées. J’en lol encore. Pendant que vous traitez vos insécurités de gamins à coup de haine et que vous décimez le peu d’amis véritables qu’il vous reste, moi et mes potes plein de tolérance on va s’éclater dans des relations suivies, exclusives, adultérines ou homosexuelles.

C’est assez commun de dire qu’on aime pas l’intolérance, mais quand on s’en prend à ma bite et ce que j’aime en faire, ça me les brises (logique géographique). Voilà, je voulais juste faire style j’étais un bloggueur vénère en fait. Demain je vous parle de Chrome, le nouveau navigateur de Google qui va bien, et de conquête du monde. Promis garanti 100% geek et hard science.