J’avais jamais lu de bouquin de Philip Roth. Pourtant le mec était en bonne place sur ma checklist, après avoir gagné moult prix dont un Pulitzer. Quand j’ai mis Everyman dans ma wishlist mamazone j’avais une putain de bonne raison. Mais entre temps elle m’a échappé. C’est la ressortie Française en poche qui m’a filé la motive de commander ce petit truc de même pas deux cent pages. Prise de risque minimum alors que je suis embourbé depuis des semaines dans deux autres livres que je peine à finir. Si les vilains traducteurs français vous font croire qu’Un Homme est le dernier bouquin de Roth, c’est uniquement car ils sont grave à la bourre sur les sorties chez nous. L’auteur est un forçat, abattant un roman par an pépère. A soixante-quinze balais, ça reste la classe. Mais c’est et aussi et surtout qu’il sait que le temps lui est compté, ce qui est le thème d’Everyman.

Un homme, dont nous ignorerons jusqu’au bout le prénom, est en train d’être enterré à côté de ses parents. Amis et famille sont là pour assister à la cérémonie. Cet homme se sera marié trois fois, aura eu autant d’enfants tout en se construisant une brillante carrière dans la publicité comme directeur artistique. Mais c’est la maladie qui l’aura plus que tout défini. Ses séjours à l’hôpital l’auront hanté toute sa vie, jusqu’à cette dernière intervention dont il ne se sera pas réveillé. Avant de revenir au dernier épisode de cette existence, le roman remontera aux origines, son enfance comme fils d’horloger, ses premiers adultères et sa retraite, période pleine d’inquiétudes, de réflexions et de regrets.

Il n’est pas difficile de faire le lien entre Everyman et son auteur. Philip Roth, comme le personnage principal, est né en 1933, près de New-York et souffre depuis des décennies de problèmes de santé chroniques. Ce roman est du coup une sorte de testament, de réflexion sur une vie par un écrivain qui sent la mort se rapprocher. Le style est simple, tout comme l’intrigue qui s’offre à peine le luxe d’une narration non-linéaire. Pas de twist ni de grand morceau de bravoure littéraire. La simplicité du texte évoque celle de son héros. Pourtant le lecteur est touché, est ammené à se poser les mêmes questions que les personnages. Sans doute que ce bouquin fonctionne d’autant mieux que celui qui le lit est âgé, ou hanté par la maladie. Peut-être un bon candidat pour une relecture dans quelques années. Mais cela ne m’aura pas empêché de l’apprécier et le lire d’une traite, sa petitesse favorisant le one-shot.

Traumatisé à l’idée d’entamer un Roth de 400 pages, je me suis doucement familiarisé avec le bonhomme. Première approche concluante, il va falloir que je m’attaque à plus costaud.
Demain, on parlera de Spider-Man.
Mais à 14h, il y aura une note spéciale. Be there !





