826 – One To One

Remember la soirée dont je vous ai parlé mardi. J’ai pas été très bon. J’ai passé principalement mon temps à bondir d’une des deux trois personnes que je connais à l’autre. Malgré la présence de plein de gens, je n’ai pas découvert de personnalité, je n’ai pas sympathisé avec des inconnus. Je crois même pouvoir affirmer que je n’ai pas dit au revoir à la maitresse de maison avant de m’éclipser. Forward flashback jusqu’au samedi, où la fille à la plus jolie bouche de toute l’histoire de l’école m’invitait à son anniversaire. En scrollant la liste des invités sur la page Facebook j’ai manqué de courage, entre ceux qui ne peuvent pas me blairer et ceux à qui je n’ai jamais vraiment parlé. Je suis allé au restau avec un pote à la place, me complaisant dans ma timidité maladive.

Ma crainte c’est que ça empire avec l’âge, mes difficultés à composer socialement. Je pourrais faire passer ça pour de l’agoraphobie, prétendre avoir des suées d’angoisse à la simple évocation de plusieurs personnes dans la même pièce. Même pas. En vrai je suis juste pas très bon face à une horde d’inconnus. A quel aller parler ? Qui est potentiellement sympa ? Puis-je m’incruster dans cette conversation déjà bien entamée ? La majeure partie de ma jeunesse le problème ne se posait pas. J’allais en soirée et je connaissais plus des trois quarts des gens. Dans l’éventuellement d’une pièce rapportée c’était plus facile de faire connaissance, les options étaient limités et donc simplifiées. Puis j’ai déménagé, changé de ville, changé d’amis, d’école. Et me voilà pièce rapportée, complètement incapable de gérer le truc, tout juste bon à aller aux soirées twitter, parce qu’au moins vu qu’on est que douze branleurs hypeurs, on se connait tous.

En conséquence je fais plutôt du one to one. Je vois les gens un par un, parce qu’ainsi, je n’ai peur de rien. Quelques heures avant d’écrire cette note j’étais à la pisicne avec une fille que je n’avais jamais vu de ma vie, et c’était super cool, aucune appréhension, bon rythme dans l’eau c’était super. Tout comme je suis persuadé que si on me mettait dans le même pièce que le type qui « lit » mon manuscrit depuis plus de deux mois, on sortirait bras dessus bras dessous en trinquant du coca light. Le tête à tête évite de s’éparpiller, ça donne du temps au temps, de faire le tour des sujets, de parler de trucs plus profonds. Surtout tu ne dois pas jongler avec plusieurs interlocuteurs, faire des breaks entre deux sujets pour aller dire bonjour à quelqu’un d’autre pour des raisons de protocole.

Je ne suis pas anti sociable, je ne voue pas de haine particulière vis-à-vis de mes contemporains. Je suis seulement irrémédiablement timide. Et quand je réalise à quel point je peux passer pour quelqu’un de mal élevé ou antipathique alors que pas du tout, je me dis qu’il faudrait vraiment que je bosse là-dessus.

391 – Top 3 Saturdays 23

Sous la pression populaire, je me suis mis à Twitter, et c’est mal. Enfin pas tout le temps. J’en veux pour preuve le top 3 des genres de gens que je suis bien content d’avoir addés à mon Twitter (et oui, je suis trop malin pour vous faire un article pseudo hype « han twitter à quoi ça sert, looolez »).

Three – Coupaings


A priori, ça peut paraître con vu que je les ai déjà en grande partie sur Facebook. Ça ne vaut pas le coup de s’investir pour les 10% de réfractaires du FB a priori. En plus, un coupain, c’est fondamentalement une sale feignasse de merde, et du coup ça poste la même chose sur tous les réseaux en même temps (merci Ping). L’intérêt réside dans les fonctions de réponse et autres joyeusetés interactives. Ce que je préfère c’est que tout ce petit monde est tellement avide de buzz que dès qu’ils pondent un truc sur leur blog, ils balancent le lien. A force j’ai quasi abandonné les RSS, lourds et lents comparés aux hyperactifs en quête de gloire.

Two – Pas Encore Coupaings


Attention névrose ! Y’a un tas de gens merveilleux dont j’adorerai être le pote, l’ami, l’amant, mais que pour un tas de raisons (timide, pas d’occaze, je suis un connard), bah on se connaît super peu/pas. Alors je fais comme tout bon stalker, j’ajoute leur feed. A force de me délecter de leurs nuggets de vie, j’ai l’impression de les connaître, d’être là. Et puis, qui sait, un jour… Rha bordel ! Mais en fait c’est super glauque comme truc ! Pourquoi j’arrive pas a être plus raisonnable que ça ? Tout ça c’est la faute des journées au bureau qui passent trop lentement ! Puis pitetre qu’un jour je croiserai quelqu’un que je follow, on deviendra potes et j’aurais plus honte de vivre par procuration. Allez, en vrai y’en a pas tant que ça appartiennent à cette catégorie.

One – Jamais des Coupaings


Voilà ce que je préfère dans Twitter, par rapport à Facebook : on peut se greffer à quasiment tout le monde sans validation. Voilà comment je me retrouve à suivre les lifes du bassiste de Blink, de Tony Hawk, de la moitié des éditeurs de chez Marvel Comics, du réalisateur d’Iron Man 2 etc… La liste est longue mais vous avez saisi l’idée. Plus sympa que des communiqués de presse et tout aussi instructif, les twiits de ces personnalités ayant embrassé le web 2.0 a fond, c’est le pied. Ca sera jamais des potes, mais twitter permet d’instaurer un rapport différent avec sa fanbase, au points que ces « stars » sont les plus gros squatteurs du service, à poster parfois une trentaine de fois par jour. De quoi m’occuper toute la journée !

Maintenant vous savez quoi faire pour que je vous add, soyez mes amis, soyez des gens dont j’ai envie d’être l’ami ou bien soyez des stars ricaines. C’est pas compliqué en fait Twitter, même si ça reste nettement moins fun que FB à mon goût.
Demain ciné club numéro 50. Yay !

386 – Mirrors

J’ai pas mal de débats en ce moment avec plein de gens quand à l’image que je renvoie à travers mon blog. Les réactions sont diverses : « Bwah ah ah mais ce blog, c’est carrément trop toi ! », « En lisant entre les lignes j’ai l’impression qu’on te retrouve bien » ou encore « Bon courage à ceux qui croient te connaître en lisant ton blog ». Fuck ! Voilà qui ne m’aide absolument pas du tout. On a coutume de dire qu’il y a qui on est, qui on croit être et qui on aimerait être. A partir de là c’est forcément le bordel et je me pose la question de qui je mets en avant à travers mes textes tel un forcené depuis plus d’un an. Même si, j’ai quand même déjà une toute petite idée sur le sujet.

La magie du net, du texte seul face à son clavier, c’est qu’on peut raconter tout et n’importe quoi. Je peux être plus brave et hardcore que dans la vraie vie, m’inventer des réparties que j’aurais été incapable de pondre dans le feu de l’action. A l’inverse je peux aussi occulter quelques détails, des petits riens qui infléchissent tout doucement le sens que l’on peut donner à mes actes. J’invente rien là, je fais pas style je découvre la lune. Avoir ma seule version romancée en permanence, c’est forcément un coup à déformer le réel. Paradoxalement le fait que je me lâche plus pousse à se poser la question de si je ne suis pas plus moi-même sur le net. Bah ué, pas con là d’un coup, le net comme révélateur de vrai moi en plus du moi fantasmé.

Si je vous parle de ça, c’est parce que quand je rencontre des lecteurs, des personnes qui ne me connaissent principalement que par le blog, je me demande comment ils peuvent me voir. C’est aussi et toujours super weird de commencer à raconter une anecdote perso et se faire couper par un « ouais je sais, tu l’as dit sur ton blog ». Putain de traumatisme 2.0 dans ma face ! De quoi m’encourager à garder mes meilleures histoires pour la vraie vie. Sans parler de la famille ou des vieux amis qui viennent squatter jusqu’ici. Quand le blog vient se caler entre le fromage et le dessert durant les réunions de famille, ça fait un poil réfléchir à ce que je peux balancer. Peut être que finalement le blog est complémentaire de ma personnalité, insuffisant pour tout comprendre mais contenant pas mal de pièces du puzzle.

Hum, tant de psycho dans un seul post, ça fait rêver ! Faut que j’arrête de me prendre pour un type super profond. Heureusement que demain on parlera sport, enfin rollers je veux dire.