Remember la soirée dont je vous ai parlé mardi. J’ai pas été très bon. J’ai passé principalement mon temps à bondir d’une des deux trois personnes que je connais à l’autre. Malgré la présence de plein de gens, je n’ai pas découvert de personnalité, je n’ai pas sympathisé avec des inconnus. Je crois même pouvoir affirmer que je n’ai pas dit au revoir à la maitresse de maison avant de m’éclipser. Forward flashback jusqu’au samedi, où la fille à la plus jolie bouche de toute l’histoire de l’école m’invitait à son anniversaire. En scrollant la liste des invités sur la page Facebook j’ai manqué de courage, entre ceux qui ne peuvent pas me blairer et ceux à qui je n’ai jamais vraiment parlé. Je suis allé au restau avec un pote à la place, me complaisant dans ma timidité maladive.

Ma crainte c’est que ça empire avec l’âge, mes difficultés à composer socialement. Je pourrais faire passer ça pour de l’agoraphobie, prétendre avoir des suées d’angoisse à la simple évocation de plusieurs personnes dans la même pièce. Même pas. En vrai je suis juste pas très bon face à une horde d’inconnus. A quel aller parler ? Qui est potentiellement sympa ? Puis-je m’incruster dans cette conversation déjà bien entamée ? La majeure partie de ma jeunesse le problème ne se posait pas. J’allais en soirée et je connaissais plus des trois quarts des gens. Dans l’éventuellement d’une pièce rapportée c’était plus facile de faire connaissance, les options étaient limités et donc simplifiées. Puis j’ai déménagé, changé de ville, changé d’amis, d’école. Et me voilà pièce rapportée, complètement incapable de gérer le truc, tout juste bon à aller aux soirées twitter, parce qu’au moins vu qu’on est que douze branleurs hypeurs, on se connait tous.

En conséquence je fais plutôt du one to one. Je vois les gens un par un, parce qu’ainsi, je n’ai peur de rien. Quelques heures avant d’écrire cette note j’étais à la pisicne avec une fille que je n’avais jamais vu de ma vie, et c’était super cool, aucune appréhension, bon rythme dans l’eau c’était super. Tout comme je suis persuadé que si on me mettait dans le même pièce que le type qui « lit » mon manuscrit depuis plus de deux mois, on sortirait bras dessus bras dessous en trinquant du coca light. Le tête à tête évite de s’éparpiller, ça donne du temps au temps, de faire le tour des sujets, de parler de trucs plus profonds. Surtout tu ne dois pas jongler avec plusieurs interlocuteurs, faire des breaks entre deux sujets pour aller dire bonjour à quelqu’un d’autre pour des raisons de protocole.

Je ne suis pas anti sociable, je ne voue pas de haine particulière vis-à-vis de mes contemporains. Je suis seulement irrémédiablement timide. Et quand je réalise à quel point je peux passer pour quelqu’un de mal élevé ou antipathique alors que pas du tout, je me dis qu’il faudrait vraiment que je bosse là-dessus.





