620 – Shuting The Fuck Up

Le truc qu’il faut savoir sur mon petit voyage aux US, c’est que je suis seul la majeure partie du temps, vu que Sharkboy a un loyer à payer et des maitresses à entretenir. Du coup j’erre dans les rues, je visite et je mange des baconators deluxe chez Wendy’s. Mais surtout, je ferme ma gueule. Parce que je n’ai personne d’amical à qui parler et je suis complètement timide à la base. Pour la première fois depuis je sais pas combien de temps, je ne dis rien. Et comme, souvenez-vous, mon téléphone portable est mort, je n’ai absolument aucun son dans les oreilles, à part celui des gens, de la rue. C’est presque plus fun en fait d’essayer de capter des bribes de conversation en VO. Rien de tel que d’être entouré de personnes qui conversent dans une langue différente pour se sentir étranger, visiteur en terre inconnue.

Enfin j’ai bien essayé de faire des efforts. Mais pour une raison étrange, tous les caissiers de New York sont des renois du ‘hood avec un accent absurde et des expressions chelous. Le mec de la pharmacie ne m’aura pas dit « Hi » mais « Sup’ man, howizitgoin’ ? » et me lâchera un magnifique « Takitizy man ». Et ça c’est quand tu tombes sur quelqu’un de sympa, par opposition à la nana du Burger King qui te gueule dessus tout le long de ta commande pour que t’ailles plus vite. Petite appartée d’ailleurs. Le Burger King est une énorme déception. Je vois pas ce que ça a de si awesome. Wendy’s l’éclate sans problème et l’Angus third pounder deluxe de chez MacDo m’a fait réévaluer toute mon échelle de valeur. Ceci étant dit le fait qu’on l’ait dévoré à trois heures du matin sur le chemin d’une soirée un peu foireuse peut influer sur mon jugement.


L’autre truc marrant quand on garde les oreilles ouvertes sans rien dire, c’est qu’on repère ces enfoirés de français. Sharkboy arrive à les repérer à plusieurs mètres de distance. Tout comme des ricains nous ont avoué être capables de nous identifier au premier coup d’œil. Fuck. Voilà qui tendrait à nous faire nous poser un tas de questions. Plutôt que d’établir que c’est marqué sur notre tronche, je préfère penser qu’il s’agit juste d’une question de mode. Non parce que sérieusement, ces gens sont très étranges. Enfer et désespoir lors de mon entrée dans la boutique Quiksilver de Soho. Pas de pulls sans capuche, pas de chemises sans carreaux, et des tshirt manche longue à coutures étranges, je peux crever. Puis j’ai eu la légère impression d’être le seul mec de la ville à porter des Adidas. Mais vraiment le seul (par opposition au duo Nike/Converse). L’invasion des profanateurs, le retour.

D’ailleurs à l’heure où j’écris cette note je vais aller m’acheter de nouvelles fringues. Non parce qu’à force d’errer à la recherche d’une route qu’on ne trouva jamais, j’ai fini par choper la crève. Oui, maman, tu avais raison, t’es contente ? Ayé ?
Demain rien à voir avec NY, critiques de livres.

BONUS STAGE !!!

Okay, je retire en partie ce que j’ai dit. Aujourd’hui on m’a demandé trois fois de prendre des touristes en photo, deux fois mon chemin dont une fois où on m’a demandé si j’étais mexicain (wtf ma gueule ?) et la nana hyper canon du Starbucks était trop intriguée par mon bouquin en français et à failli me parler pour ne pas oser finalement.

572 – Book Review 92

Je suis grave. J’en arrive à commander des bouquins sur la seule base de leur couverture même sur l’interweb. C’est atroce. On me collerait des rayonnages en 3D que je prendrais même plus la peine de bouger mon cul en librairie. Je suis tombé sur One Day au détour d’un achat sur Amazon UK, le titre était dans la sélection « Si vous avez kiffay machin, vous allez kiffer truc ». Jolie illustration, plein de petites étoiles colorées en jaune. Une lecture de synopsis plus tard et c’était dans mon panier, comme ça, au pif. Jamais entendu parler de David Nicholls. Pour cause, malgré une adaptation ciné de son premier roman, rien n’aura été traduit chez nous. One Day est arrivé avec sa couverture cartonnée toute douce, première édition non poche oblige. Je l’ai zieuté à côté de mon lit pendant des semaines, mourant d’envie de pouvoir m’y coller, malgré l’épaisseur du pavé.

Le 15 juillet 1988 Emma et Dexter sortent ensemble. Deux étudiants qui s’attirent, malgré leurs différences. Dex est un coureur de jupon un peu creux tandis qu’Em est intello précaire avant l’heure, se rebellant contre la guerre, la famine et les droits de l’homme. Ils se séparent au petit matin sans penser se revoir. Chaque 15 juillet, pendant vingt ans, nous allons voir où Dexter et Emma en sont de leurs vies respectives, que ce soit dans leurs projets professionnels ou leurs tentatives de trouver quelqu’un avec qui passer un moment de leur vie. A travers les joies, les peines, les coïncidences et les retrouvailles, c’est presque un quart de siècle qui s’écoule au rythme d’une amitié/romance ordinaire et malgré tout unique. One Day est une histoire d’amour bizarre, une réflexion sur nos rêves d’adolescents, et bien plus encore. En un mot, j’ai adoré.

Si le pitch m’avait attiré, j’avais très peur du côté artificiel de l’écriture. Mais Nicholls sait gérer sa structure narrative, ne rend pas chaque 15 juillet extraordinaire et arriver à tirer du sens même d’évènements complètement banals. La moitié du plaisir de lecteur est de reconstituer ce qui s’est passé dans chaque année qui sépare deux chapitres. Le reste du kiff réside dans l’incroyable fraîcheur des dialogues, qui arrachent sans peine un sourire de temps à autre. Dexter et Emma sont accompagnés de personnages secondaires qui grandissent avec eux, disparaissent et reviennent. Là est le point fort de One Day, d’arriver à encrer son histoire dans un réel éloigné des bouquins à l’eau de rose ou d’un quelconque Marc Levy. Arrivé au bout des quatre cent et quelques pages, j’avais l’impression de connaître tous les personnages et le final m’aura broyé les tripes au fond du lit dans lequel j’avais décidé de troquer mon sommeil contre la lecture du dénouement.

J’ignorais tout de David Nicholls mais la qualité de son écriture m’aura convaincu d’aller me renseigner sur ses autres bouquins. En attendant je ne peux que vous conseiller One Day à mort, vu que cela faisait longtemps que je n’avais pas autant été habité par un bouquin. Encore une traduction qui se perd. Fais chier.

Demain, j’avais prévu de parler mon FAI, mais actu oblige, j’irai taper sur les iMoutons.

TRAILER STAGE !!!

Si je signe un bouquin, je veux un truc comme ça, tout pareil, pour mouaaaaa !

428 – Cine Club 54

Jeudi je regardais Hot Fuzz pour la quatrième fois avec une jolie fille et une pizza (WIN !). Elle (la fille, pas la pizza) n’arrêtait pas de s’exclamer que ce film c’était quand même un grand n’importe quoi, que c’était incompréhensible qu’on ait filé autant de thune pour produire ça. Après tout, le pitch d’Hot Fuzz n’est t’il pas « Bad Boys II dans la Corrèze anglaise ». Tout ça c’est la faute de Shaun Of The Dead. Tourné avec un budget moyen, le premier film d’Edgard Wright à démontré que le film de genre pouvait attirer le grande public en ne se prenant pas au sérieux. D’où la carte blanche pour un second long-métrage (la fameuse “Licence To Be Awesome”. Avec Hot Fuzz, il était temps pour la team de réalisateur/scénaristes/acteurs de continuer sur leur lancée, produire un grand foutoir d’action et de comédie, mais tout en faisant ça avec une précision d’orfèvre et une qualité finale irréprochable.

Le sergent Nicholas Angel (Simon Pegg : Shaun, Star Trek) est le policier le plus efficace de tout Londres, tellement que Bill Nighy (1 film anglais sur 2), son supérieur, l’envoie se faire voir dans l’arrière pays, histoire que ses collègues arrêtent de paraître n’être qu’une bande de bras cassés. Son nouveau coéquipier, Danny (Nick Frost : Shaun, Good Morning England) est un gentil incapable fan de buddy movies tandis que le reste du commissariat du petit village de Stanford préfère se la couler douce plutôt que d’être tatillon sur l’application de la loi. Mais lorsqu’une série d’accident rempli la morgue de la ville, Nicholas soupçonne qu’un meurtrier est à l’œuvre dans la bourgade trop tranquille. Encore faut-il convaincre le reste des forces de l’ordre qu’une machination œuvre au crime, tapis dans l’ombre de la campagne.

Dit comme ça, ça peut paraître un peu étrange. Mais cinq minutes devant le film et on comprend que l’on est pas en face d’un téléfilm de l’Inspecteur Derrick. La réalisation est ultra moderne, hache son montage de manière agressive pour conserver une dynamique presque épuisante. Tous les plans du film sont ultra travaillés, fourmillant de petits détails qu’il est impossible de tous remarquer à la première vision. Il en va de même pour les blagues, jeux de mots ou autres trouvailles visuelles, allant du vulgaire de base jusqu’à la plus délicate des subtilités. Le film enchaîne ses deux heures sans temps mort jusqu’à un final d’anthologie, complètement absurde et bourrin. Ca pète de partout, les références à Bad Boys II et Point Break s’enchaînent entre deux répliques complètement classes à base de « Yeah Motherfucker ! ». Hot Fuzz est aussi riche que généreux, preuve qu’avec du savoir faire l’on peut obtenir un objet magnifique formellement et possédant une réelle épaisseur dans le fond. Tout simplement intestable.

Le plus beau, c’est que Shaun et Hot Fuzz ne sont que les deux premiers opus d’une trilogie de revisite du film du genre par la même équipe. Le troisième épisode, annoncé depuis quelques temps, ne pourrait arriver assez vite. Accessoirement c’est le genre de films qui prouve que si on avait des couilles et du talent, il y aurait moyen de mettre la misère au cinéma d’action mondial en tournant un truc avec des vieux dans le trou du cul de l’arrière pays Français. Quand les roastbeefs nous filent une claque de plus… Shame on us !
Demain on causera de travail acharné.

AWESOME TRAILER STAGE !!!

Petite précision, si vous regardez Hot Fuzz autrement qu’en VOST, vous ne valez pas mieux que les terroristes.