Le truc qu’il faut savoir sur mon petit voyage aux US, c’est que je suis seul la majeure partie du temps, vu que Sharkboy a un loyer à payer et des maitresses à entretenir. Du coup j’erre dans les rues, je visite et je mange des baconators deluxe chez Wendy’s. Mais surtout, je ferme ma gueule. Parce que je n’ai personne d’amical à qui parler et je suis complètement timide à la base. Pour la première fois depuis je sais pas combien de temps, je ne dis rien. Et comme, souvenez-vous, mon téléphone portable est mort, je n’ai absolument aucun son dans les oreilles, à part celui des gens, de la rue. C’est presque plus fun en fait d’essayer de capter des bribes de conversation en VO. Rien de tel que d’être entouré de personnes qui conversent dans une langue différente pour se sentir étranger, visiteur en terre inconnue.

Enfin j’ai bien essayé de faire des efforts. Mais pour une raison étrange, tous les caissiers de New York sont des renois du ‘hood avec un accent absurde et des expressions chelous. Le mec de la pharmacie ne m’aura pas dit « Hi » mais « Sup’ man, howizitgoin’ ? » et me lâchera un magnifique « Takitizy man ». Et ça c’est quand tu tombes sur quelqu’un de sympa, par opposition à la nana du Burger King qui te gueule dessus tout le long de ta commande pour que t’ailles plus vite. Petite appartée d’ailleurs. Le Burger King est une énorme déception. Je vois pas ce que ça a de si awesome. Wendy’s l’éclate sans problème et l’Angus third pounder deluxe de chez MacDo m’a fait réévaluer toute mon échelle de valeur. Ceci étant dit le fait qu’on l’ait dévoré à trois heures du matin sur le chemin d’une soirée un peu foireuse peut influer sur mon jugement.

L’autre truc marrant quand on garde les oreilles ouvertes sans rien dire, c’est qu’on repère ces enfoirés de français. Sharkboy arrive à les repérer à plusieurs mètres de distance. Tout comme des ricains nous ont avoué être capables de nous identifier au premier coup d’œil. Fuck. Voilà qui tendrait à nous faire nous poser un tas de questions. Plutôt que d’établir que c’est marqué sur notre tronche, je préfère penser qu’il s’agit juste d’une question de mode. Non parce que sérieusement, ces gens sont très étranges. Enfer et désespoir lors de mon entrée dans la boutique Quiksilver de Soho. Pas de pulls sans capuche, pas de chemises sans carreaux, et des tshirt manche longue à coutures étranges, je peux crever. Puis j’ai eu la légère impression d’être le seul mec de la ville à porter des Adidas. Mais vraiment le seul (par opposition au duo Nike/Converse). L’invasion des profanateurs, le retour.

D’ailleurs à l’heure où j’écris cette note je vais aller m’acheter de nouvelles fringues. Non parce qu’à force d’errer à la recherche d’une route qu’on ne trouva jamais, j’ai fini par choper la crève. Oui, maman, tu avais raison, t’es contente ? Ayé ?
Demain rien à voir avec NY, critiques de livres.
BONUS STAGE !!!
Okay, je retire en partie ce que j’ai dit. Aujourd’hui on m’a demandé trois fois de prendre des touristes en photo, deux fois mon chemin dont une fois où on m’a demandé si j’étais mexicain (wtf ma gueule ?) et la nana hyper canon du Starbucks était trop intriguée par mon bouquin en français et à failli me parler pour ne pas oser finalement.





