Charlie Huston va bien depuis la dernière fois. L’auteur de la très recommandable série des Joe Pitt est le scénariste de la dernière série Wolverine en comic et vient de sortir un roman d’anticipation. Après un dixième d’Infinite Jest j’avais besoin de pulpe, enfin de pulp, pour reprendre des vitamines en tant que lecteur. J’ai donc chopé un exemplaire de Sleepless que j’ai commencé à lire dans le métro depuis mon téléphone, ayant laissé mon Kindle à la maison (écosystème Amazon > All).

Le monde est au bord du gouffre depuis l’apparition d’une nouvelle maladie qui empêche de dormir jusqu’à ce que mort s’en suive. Les Sleepless sont contaminés par un prion d’origine inconnue qui bloque une partie de leur cerveau et les condamne à ne pas trouver le sommeil. Les malades perdent peu à peu leur force, leur santé mentale et meurent au bout de quelques mois dans une intolérable souffrance. 10% de la population est atteinte et ce nombre ne fait qu’augmenter. Park est policier dans la ville de Los Angeles, en proie aux pillages, attentats et où règne la loi martiale. Dealer infiltré, il doit surveiller l’éventuelle arrivée du Dreamer sur le marché noir, la seule drogue qui permet aux sleepless de dormir, sans pour autant les guérir. La seule façon de les soulager temporairement.
Sleepless possède une triple narration. On suit Park à la troisième personne, alors qu’il veille sur sa fille et sa femme Sleepless qui, peu à peu, perd la raison. Park tient un journal intime à la première personne où il se confie, pense, réfléchit. Enfin Jasper intervient à la troisième personne. Tueur à gages de soixante ans, il est chargé de retrouver un disque dur dont Park vient de s’emparer dans le cadre de son enquête sur le trafic de Dreamer. Ce sont ses segments qui sont les plus faibles. Son regard nihiliste combiné à la faible fréquence de ses apparitions rend difficile de s’attacher au personnage. En tout cas pendant les deux tiers du bouquin. Tout comme les trois (trop) longues séquences de baston l’impliquant. On a compris qu’il était badass la première fois.
Le livre est un peu bancal dans sa structure et ne devient réellement efficace que lors de son dernier quart. Mais tout le worldbuilding est top niveau, entre les explications médicales liées aux Sleepless et le beau boulot de géopolitique mondiale liée à la propagation d’une telle maladie. L’un dans l’autre j’ai tout de même accroché, notant pour plus tard une ou deux bonnes phases afin de les plagier plus tard (LIKE A PPDA !).
Pas toujours parfait mais agréable de bout en bout, Sleepless est le mélange de pulp, d’anticipation et de thriller cyberpunk (léger, mais World of warcraft joue un grand rôle dans l’histoire, for real) qu’il me fallait pour respirer littérairement cette semaine.
Validé et recommandé.


