976 – Landlord III

Mon premier réflexe à la réception de Fable III, c’était d’aller faire un gosse à une copine. La dernière fois j’étais traumatisé par la mise en place d’un système de gestion des capotes dans le jeu. Cette année, l’idée de pouvoir me marier avec un autre joueur et de l’engrosser, je kiffe. Du coup je suis rapidement allé frapper à la porte d’une potesse plutôt mignonne dans la vraie vie. Dis, tu veux te marier avec moi et coucher avec moi et faire un enfant avec moi ? Dans Fable III je veux dire. Aveuglée par sa vocation de testeuse, elle a dit oui. Puis elle est retournée jouer à autre chose en attendant d’avoir le jeu. Du coup je suis parti à l’aventure pour m’occuper. Je me suis fait beau, avec des habits cools. Je suis allé acheter une bague de fiançailles. Puis j’ai acheté une maison. Et là, le drame.

Parce que sauver le monde, c’est cool, mais avoir plein de thunes, c’est bien aussi. En même temps ça tombe pile quand je suis en méga découvert. Mais voilà, je suis parti faire des petits boulots (des mini jeux débiles de rythme, chiant à en crever) jusqu’à pouvoir m’acheter ma première maison, que j’ai loué. Et dès que j’ai eu assez de thune pour en acheter une autre, j’ai sauté dessus. Et ainsi de suite. JE SUIS RICHE, TRES RICHE, CHUI DANS L’IMMOBILIER ! Enfin, vous avez saisi le truc. C’était déjà ça dans Fable II, où même après avoir fini le jeu je suis retourné jouer pour acheter toutes les baraques du pays, tous les magasins du pays, tout quoi. Rien ne m’apporte plus de joie que de voir de la thune tomber régulièrement pendant que je fais autre chose. Un véritable idéal de vie.

Idéalement je voudrais pouvoir faire ça IRL. Okay, je sais que ça va beaucoup moins vite, qu’il faut payer des taxes, trouver des locataires, les gérer, s’occuper des réparations et compagnie. Oui bon là je réalise que je vous explique que le monde réel c’est pas comme les jeux vidéo. Passons. Toujours est-il que me prendre pour un petit magnat de l’immobilier est un plaisir assez malsain chez moi. Bien sûr je vais sauver le monde et mes loyers sont « normaux » (on peut moduler plus ou moins contre des points de moralité). Mais à quoi ça sert d’être le roi du pays alors que je peux en être le propriétaire ? Et là je réalise que je suis en train de vous expliquer la différence entre un gouvernement moderne et une multinationale. Qui a dit que les jeux vidéo ne nous apprennent rien ?

Bien sûr si ça se trouve je vais tout plaquer pour coppuler royalement (get it ?) avec ma pote. Mais il faudra bien que je trouve de la thune pour veiller sur ma famille ! J’ai besoin de plus d’argent ! J’ai besoin de plus de maisons !

Saleté de Fable III…

528 – Back Again

Jeudi. Sa mère la pioute les Transports en Commun Lyonnais ! En me bloquant 150€ de caution pour ma carte Vélo’v de la semaine, ils m’ont foutu dans le rouge, pile le jour où je rentrais sur Paris, le jour où je devais tirer ma réservation. Heureusement Pollux, dit l’homme qui tombe à pic, m’a dépanné d’une avance de trente keuss. Ce problème réglé, restait la question de savoir comment rembarquer à moi seul ma Xbox, mes rollers, mes bouquins, fringues et affaires de toilettes d’un coup. A une demi-heure du départ du TGV, j’avais enfin gagné ma partie de Tetris à coup de jumps sur mes valises. Old School. Mais fuk, pensais-je, où avait bien pu passer mon billet ? Hum. Aurais-je oublié de récupérer le dit billet dans le sac de Pollux avant qu’il ne reparte pour l’autre bout de la ville ? Ironie fatale dans trois, deux, un…

Imaginez maintenant Pollux sur un Vélo’v, sautant des trottoirs à toute vitesse, pédalant de toutes ses forces en direction de la gare. Dézoom jusqu’à une vue satellite replongeant sur ma bagnole, où je vociférai dans le téléphone portable pour obtenir la position précise de mon meilleur ami et du précieux billet. Train au départ dans quinze minutes. J’aime à croire qu’avant d’être en nage sur le quai, Pollux a freiné son vélo dans un dérapage d’étincelles et de graviers. Surchargé, surstressé, j’ai finalement pris place dans le TGV, non sans un uber-hug à mon meilleur ami, ponctué d’un check autrement plus viril. La fin de deux mois de cocooning à Lyon. Le retour à la réalité prit la forme d’un wagon bondé et d’une voisine pour qui le concept du déodorant étant on ne peut plus étranger. Deux heures et dix euros de taxi plus tard, j’étais de retour à l’appart’, mon appart’.

Comme annoncé par mon frangin, de bref passage dans le coin, la salle de bain est inondée. Le robinet des chiottes qui goutte, une à la fois. Plic. Ploc. Rien à en tirer, impossible de faire quoi que ce soit à neuf heures du soir, sans lumière, sans matos, sans expertise. Mes valises étaient encore fermées à côté du lit que j’épongeais comme je pouvais la cata avec une serviette détrempée. Pour la première fois de ma vie je mettais une casserole sous la fuite, me condamnant à une nuit de bruits infâmes quoi vous empêchent de dormir. Ce jusqu’à réparation de la cata. Sans vider mes affaires, sans rien en fait, je me suis tiré. J’avais une copine à voir, une exposition à vernir dans le coca citron avec les copains. Même pas une heure que je suis rentré dans la capitale et me voilà déjà à courir. C’est pas si mal.

A mi-chemin, j’ai fait l’acquisition d’un superbe Big Mac pain complet que j’ai dévoré comme un type qui n’aurait pas mangé depuis des heures. Me léchant les doigts, je me suis demandé ce que cette soirée, ce que cette rentrée allait me réserver. Here we go again. Paris.

Demain, on parlera d’un bouquin que j’ai vraiment adoré.

514 – Joe’s Appartment

Pour compenser cet été de misère où j’ai oublié de faire le tour de la planète et de batifoler dans les vagues avec des filles nues, j’ai accepté à peu près tous les plans possibles et imaginables. C’est comme ça que je me suis retrouvé à chausser mes rollers au milieu de la nuit pour débarquer chez des inconnus et boire leur coca, entre autres aventures (de quoi blogguer un moment). Dans l’opération j’ai squatté dans pas mal d’apparts aux quatre coins de Lyon, des pentes bobos de la Croix-Rousse aux maisons en banlieue, en passant par les studios sur la presque-île. A paris il n’y a que la ville, les mêmes immeubles de partout, vaguement séparés de quartier en quartier par des subtiles variations de niveau de vie ou de population. On ne dit pas intra-muros pour rien, puisque Paris est une prison architecturale géante, où le peu d’espaces un peu différents sont circonscrits à un bloc d’immeuble égaré ça et là.

J’ai un super souvenir d’appart’ Lyonnais. C’était chez une petite copine de l’époque, enfin, vaguement, longue histoire courte. La porte de chez elle était presque penchée, le long des pentes, de la Croix-Rousse. Ce qui m’a scotché, c’est que son appartement communiquait avec l’immeuble d’à côté. A un endroit où les deux grosses maisons à étages devaient être séparées, quelqu’un avait abattu un mur avant de condamner l’autre porte d’entrée. En passant la tête par une des fenêtres, il était clair qu’elle habitait à cheval sur deux immeubles, créant un espace complètement inédit. Un peu avant que je ne fasse voler son soutien-gorge à travers sa chambre, j’ai eu le temps de décréter cet appartement officiellement le plus cool de tous les temps. C’était il y a presque dix ans, et je n’ai jamais trouvé mieux, en terme d’appart’ je veux dire.

Y’a quelque mois, mon ami marabout prophétisait entre deux bouchées de pizza surgelée premier prix que j’irai vivre à New-York avant de finir ma vie entre Saint-Germain et une maison à la campagne. Ca me semblait pas impossible sur le coup. Quand même, ça me ferait super chier de ne pas avoir vécu quelques temps à Lyon. Bon, y’a les prix de l’immobilier qui font que mes potes ont des apparts de fou furieux trop bien placés pour moins que mon cloaque parisien. Il s’agit surtout de mon amour pour la ville, pour ces quartiers où je ne me sens pas étouffé et qui sont si différents les uns des autres. Mais pour l’instant je n’ai absolument rien à faire à Lyon, pas d’études, pas de grosses boîtes ni d’éditeurs à poursuivre. Rien dans l’avenir, qu’il soit proche ou a moyen terme. Impossible cependant d’oublier l’appartement des parents de Coline, devant lequel je ne peux m’empêcher de passer de temps en temps.

514---Stalk-Lettré

Dans une semaine je retrouve mon vingt-deux, sa salle de bain aux robinets qui se dévissent, l’odeur de kebab quand on ouvre la fenêtre et les voisins cleptomanes. Back 2 Skool !
Demain, bouquin pour fillette !