437 – White Noise

A Lyon ça a toujours été un peu la guerre avec les voisins, principalement à cause du bruit. Habitant au dernier étage d’une maison ancienne divisée en trois appartements, la famille Reilly a tendance à marcher sur la tête des voisins du dessous. Tout ça ce serait rien que la faute de leur plafond qui serait hyper mal isolé et que s’il y avait moyen de faire quelque chose, ce serait à leur niveau. Sauf qu’ils sont encore plus fauchés que nous et maxi bornés. D’où une lutte depuis plus de vingt ans, où lorsqu’ils considèrent que nous ne nous déplaçons pas avec assez de discrétion, ils augmentent sensiblement le volume de leur TV. La grande classe. Je pense qu’il y a là du bon matos pour un numéro spécial de sans aucun doute. Enfin, faudrait que je vous raconte la totale sur mes voisins un de ces quatre y’a de quoi faire.

Si je vous raconte ça, c’est qu’à l’heure où j’écris ces lignes, mardi, pas celui là, celui d’avant, je suis au bord de la rupture n’anévrisme. J’ai passée ma nuit à écrire comme un forçat, en passant par un double café 40% du brésil à trois heures du matin, histoire de profiter de mon flow pour boucler le truc. C’est à six heures et demie que je me suis pieuté, complètement mort. Pas de bol, deux heures plus tard un de mes fils de pute de voisin a décidé de s’entraîner à planter des clous à répétition et produire des putains de bruits sourds qui ébranlent tout mon 22m². Vous savez, ce genre de sons qui vous vrillent les oreilles sans être spécialement bruyants. En combo avec le fait que je sois au premier étage avec vue sur un arrêt de bus, mon espoir de repos était juste flingué.

Faut dire qu’avant je ne me rendais pas trop compte. Sur Lyon j’ai habité le grenier d’une baraque en banlieue riche. La rue en contrebat produisait juste assez de bruit pour évoquer un ronronnement faisant office de berceuse. Quand j’ai débarqué sur Paris, j’étais chez mon ex, au cinquième étage avec vue sur cour et aucun son le matin pour vous pourrir une nuit de dur labeur. Le contraste est saisissant et je me mets à comprendre que l’on puisse perdre la raison en quelques mois. Personne n’est capable de se prendre ça dans la tronche sans broncher, c’est un truc de malade. J’hésiterai presque à faire mon sale papy et investir dans des boules quiès. En tout cas soit je vais finir par mourir d’une rupture soit je vais prendre un fusil à pompe et dégommer tout l’immeuble, appart’ par appart’. Putain d’immeuble du tiers monde !

Entre temps j’ai découvert qu’au dessus des mecs retappaient entièrement leur appart’, je vais prendre cher encore un moment… Allez j’ai qu’à me dire que cette fin de semaine je rentre sur Lyon, où les gens sont moins des gros connards et où ma mère me cuisine des légumes.
Demain, bouquin !

061 – The First Place

Parmentier. Ca c’est un pur nom débile de station de métro. Sur le quai une fresque nous explique la grande et passionnante histoire de la pomme de terre. Une statue de Parmentier brandissant une patate Hamlet Style nous accueille. Tout ce que je retiens c’est qu’il y a un escalator et un MacDo ouvert 22 heures sur 24. Je sens que je vais me plaire ici. La seule lose vient du fait que c’est quelqu’un d’autre qui m’a trouvé l’annonce et appelé le proprio tellement je suis un autiste téléphonique. Mais c’est pas le moment de faire un sursaut de fierté. Je suis venu signer un bail et récupérer des clefs. Durant les deux cents mètres qui me séparent de l’appart’ je me demande quel est le pourcentage de chances que le proprio m’empale sur un tuyau de la salle de bain avant de s’enfuir avec mes chèques.

Faut dire que le gars est un peu flippant. Un quinqua technophobe qui voulait trouver quelqu’un limite trop vite pour être honnête. Il répète tout ce qu’il dit au moins deux fois, pour moi ou pour lui je ne sais pas trop. Contre toute attente il est là, les papiers pré-remplis. Le temps de s’accorder sur l’état des lieux et me voilà en train de griffonner une signature approximative. Il rentre tous les fusibles un à un, allume le compteur et ouvre les vannes de la plomberie. Le ballon d’eau chaude produit un bruit un peu flippant en se mettant en branle. Nous y voilà, finie la recherche. Cette fois c’est bel et bien décidé, je n’aurais ni mieux ni moins bien. Ces quatres murs seront mon chez moi pendant au moins un an. C’était mardi, c’est mon appartement.

Toujours pas vu Joe’s Apartment ?

Hier j’ai du prendre les mesures et les reporter sur un plan approximatif. On m’annonçait un 22 mètres carrés, c’est à peu près ça.. Une pièce avec micro kitchenette semi équipée en combo avec une micro salle de bain qui fait accessoirement office de toilettes. Deux fenêtres doublement vitrées donnent sur une rue qui fait dos au soleil. Au moins je ne risque pas de perdre mon teint pâle si durement acquis à force d’ordinateur. Pieds nus, je me dis qu’une moquette ça à tous les défauts du monde, mais c’est quand même vachement la trique niveau pieds ! Plus qu’à remplir tout ça avec la collection complète des premiers prix d’Ikea et attendre le raccordement à Internet.

Dans deux semaines je devrais être paré pour un emménagement et la pendaison de crémière qui va avec. L’appréhension monte. Je sais pertinemment que ce ne sera pas mon Best Place, mais en tout cas c’est mon First Place. Et normalement aujourd’hui si je suis à la bourre pour répondre aux éventuels commentaires, c’est que je serais en train de me battre dans un camion Ikea ! Ca méritera bien une note la semaine prochaine.

D’ici là demain dimanche j’expliquerais pourquoi depuis une semaine je fredonne du Tokio Hotel (indice : gardez vos vannes en commentaire pour demain y’aura de quoi faire…).

BONUS STAGE !!!

Je vais être cool. Plutôt que de vous gonfler avec les photos de la chose, je vous lâche quelques petits collectors de Best Place, la vieille BD de moi. Le premier qui se moque de mes skills de dessin de quand j’étais au lycée je lui kick la gueule !