A Lyon ça a toujours été un peu la guerre avec les voisins, principalement à cause du bruit. Habitant au dernier étage d’une maison ancienne divisée en trois appartements, la famille Reilly a tendance à marcher sur la tête des voisins du dessous. Tout ça ce serait rien que la faute de leur plafond qui serait hyper mal isolé et que s’il y avait moyen de faire quelque chose, ce serait à leur niveau. Sauf qu’ils sont encore plus fauchés que nous et maxi bornés. D’où une lutte depuis plus de vingt ans, où lorsqu’ils considèrent que nous ne nous déplaçons pas avec assez de discrétion, ils augmentent sensiblement le volume de leur TV. La grande classe. Je pense qu’il y a là du bon matos pour un numéro spécial de sans aucun doute. Enfin, faudrait que je vous raconte la totale sur mes voisins un de ces quatre y’a de quoi faire.

Si je vous raconte ça, c’est qu’à l’heure où j’écris ces lignes, mardi, pas celui là, celui d’avant, je suis au bord de la rupture n’anévrisme. J’ai passée ma nuit à écrire comme un forçat, en passant par un double café 40% du brésil à trois heures du matin, histoire de profiter de mon flow pour boucler le truc. C’est à six heures et demie que je me suis pieuté, complètement mort. Pas de bol, deux heures plus tard un de mes fils de pute de voisin a décidé de s’entraîner à planter des clous à répétition et produire des putains de bruits sourds qui ébranlent tout mon 22m². Vous savez, ce genre de sons qui vous vrillent les oreilles sans être spécialement bruyants. En combo avec le fait que je sois au premier étage avec vue sur un arrêt de bus, mon espoir de repos était juste flingué.

Faut dire qu’avant je ne me rendais pas trop compte. Sur Lyon j’ai habité le grenier d’une baraque en banlieue riche. La rue en contrebat produisait juste assez de bruit pour évoquer un ronronnement faisant office de berceuse. Quand j’ai débarqué sur Paris, j’étais chez mon ex, au cinquième étage avec vue sur cour et aucun son le matin pour vous pourrir une nuit de dur labeur. Le contraste est saisissant et je me mets à comprendre que l’on puisse perdre la raison en quelques mois. Personne n’est capable de se prendre ça dans la tronche sans broncher, c’est un truc de malade. J’hésiterai presque à faire mon sale papy et investir dans des boules quiès. En tout cas soit je vais finir par mourir d’une rupture soit je vais prendre un fusil à pompe et dégommer tout l’immeuble, appart’ par appart’. Putain d’immeuble du tiers monde !

Entre temps j’ai découvert qu’au dessus des mecs retappaient entièrement leur appart’, je vais prendre cher encore un moment… Allez j’ai qu’à me dire que cette fin de semaine je rentre sur Lyon, où les gens sont moins des gros connards et où ma mère me cuisine des légumes.
Demain, bouquin !




