995 – For Myself

[No pics today parce que dernier partiel de l'année, aujourd'hui, en début d'aprem'. Samère.]

La semaine dernière je suis entré en possession d’une relativement confortable somme d’argent. Légalement. J’avais bossé. Un peu. Anyway, j’ai pris la déchirante décision de la dépenser en intégralité dans des trucs chiants, dans des trucs utilitaires. Souvenez-vous de la fois où je vous avouais que ma gestion des priorités était complètement à la ramasse. Cette fois, j’ai décidé de faire un effort. J’ai acheté une nouvelle paire de chaussures pour la première fois de toute l’année. J’ai remplacé une partie de mes boxers et chaussettes trouées. Mon sèche-cheveux étant mort le mois dernier, j’en ai racheté un nouveau, dans le genre classe au-dessus de 9000. Pour finir j’ai acheté de la vraie viande sans gras, et des légumes, deux putain de kilos de légumes. Jusqu’à ce qu’épuisement du pécule s’en suive. J’aurais pas mis un seul euro de la somme dans du divertissement, dans de la culture, dans un resto entre potes. De l’utilitaire !

Okay. Depuis la dernière fois que j’ai acheté des boxers (don’t ask), quelqu’un a découvert la vallée souterraine secrète dans laquelle vivent les licornes, et s’est mis à tresser des sous-vêtements avec leur crin. C’est la seule explication que j’ai trouvée à la douceur de fou furieux de mes nouveaux boxers. Le genre de doux que t’as envie de te caresser avec contre tes joues. J’en perds ma grammaire. Même tarif pour mes chaussettes en poils de Rondoudou. Je glisse sur ma moquette comme si le poids du monde était parti voir ailleurs s’il y était. Et je ne vous parle pas de mes baskets tellement grosses que je peux écraser une meute de loups d’un seul coup (utile en banlieue passé 17h). Puis je saute plus haut, je cours plus vite et tous ces trucs. Je m’autofélicite de redécouvrir la vie en me gavant de cheesecake Frü à la myrtille parce que je le vaux bien.

Je conçois que tout ça, vous n’en avez rien à foutre (même si c’est important d’avoir les fesses serrées dans du doux). Si je le blogue, c’est pour me souvenir. Je sais bien que ma prochaine rentrée d’argent partira dans des jeux Xbox, des bouquins, des verres hors de prix dans des bars. Le risque c’est que j’oublie à quel point j’ai eu l’impression ces jours d’être un homme neuf. Plus avoir les pieds plein de flotte, appeler sa meilleure amie pour s’extasier sur mes boxers, me sécher les cheveux en quelques secondes, pas déprimer quand je cuisine. Ca fait du bien. Mais je vais l’oublier vite, mes priorités de garçon endurci vont reprendre le dessus. C’est donc important que je prenne acte de mon petit effort pour me bousculer. Pour qu’une prochaine fois, je me dise que ouais, je peux refaire ce qui me parait un effort alors qu’au final ce sera juste une bénédiction.

En fait, le bonheur c’est pas compliqué. C’est juste quelques cheveux de licorne et un peu de bonne volonté. Voilà. JE SUIS HEUREUX BORDEL ! Je tenais juste à le dire. Maintenant je vais aller acheter des trucs débiles sur le net et pleurer que je suis pauvre à nouveaux. Pauvre mais tout doux sous mon pull.

991 – Time Is Money

Dans mon esprit, une séance de cinéma ça vaut entre 7 et 9 euros. Suivant si carte étudiant, horaire, tous ces trucs. Disons que c’est le prix moyen que j’associe à un film. Sachant qu’un film moderne ça dure entre 90 et 120min, on va dire 105min en moyenne, je considère qu’une heure de cinéma coûte à peu près 5 euros. Si je vous raconte tout ça, c’est que du coup, en ce qui me concerne, quand je dois dépenser des sous dans un truc culturel/divertissement, j’évalue le rapport temps/prix en fonction d’une place de cinéma. Par exemple, ça ne me dérange pas de payer quarante euros Dance Central si je sais que je vais passer huit heures dessus. Par contre un jeu comme Vanquish sur lequel je vais passer environ six heures, j’attends qu’il tombe en dessous de la barre des trente keuss. Bref, vous avez saisi l’idée, mon système de mesure.

Au niveau des bouquins, ça se traduit par du 80 pages à l’heure en moyenne, quand je suis motivé. Du coup, ça me casse les couilles de dépenser plus de quinze euros dans du 240 pages français par exemple. Pour les DVD c’est assez basique. Si je sais que je regarderai le film au moins une fois plus bonus, je prends à partir de dix euros. Si j’ai la certitude absolue de le faire tourner à plusieurs reprises, j’accepte de prendre le prix fort (Scott Pilgrim, I’m looking at YOU). En dessous de cinq euros j’en arrive même à acheter des trucs sans les regarder. Par exemple j’ai toujours Carlito’s Way et Alpha Dog sous blister dans ma garçonnière lyonnaise. Un jour je les verrai. Peut-être. Malheureusement cette échelle cinématographique se casse les dents assez vite quand on approche les concerts et la bande dessinée en général.

Un concert à 20 euros, je trouve ça déjà cher, ça me pique quand j’ouvre la carte bleue. Alors quand je vois mes potes dépenser le double, le triple voire plus, je m’étrangle dans mon fort intérieur. Puis je me souviens que je ne suis pas fan de musique et then I relax’d. Pour la BD c’est plus galère. Depuis que je suis à Paris, depuis trois ans, j’ai acheté en tout et pour tout quatre albums francophones. Et encore, l’intégralité de ce que j’ai acquis est le travail de copains. J’achète que pour faire plaisir aux potes. Parce que treize euros le truc que je boucle en 15/20min, ça pique trop le jeune que je suis. Je tolère un peu mieux les mangas parce que pour sept euros j’arrive à faire le grand écart nécessaire pour en choper un de temps en temps. En vrai, c’est des trentenaires/quadra les acheteurs de BD en France. Fact.

En fait tout ça me ramène à mon budget d’étudiant. D’une part vis-à-vis de mon obsession du rapport prix/temps. Comme j’ai pas beaucoup de thune mes achats DOIVENT m’occuper un moment. De l’autre mon échelle actuelle est calquée sur le cinéma et si j’étais plus fort thuné, sûrement que je me callerais sur autre chose, genre une BD franco-belge et ses vingt-six euros de l’heure.

On verra. En attendant je vais compter ce qui me reste de sous pour aller faire mes cadeaux de noel.

988 – Let The Music Play

Putain. Encore une notification de paiement à Spotify de 9,99 euros. La treizième. Ce qui signifie que ça fait un an ce mois-ci que je suis abonné à Spotify Premium. Ce qui signifie que j’ai donc mit en un an près de cent vingt euros dans de la musique. Moi qui ai acheté en tout et pour tout moins de dix CD dans ma vie. J’ai dépensé en douze mois autant qu’en vingt-quatre ans. Quand j’y pense j’en ai un début de vertige. C’est une augmentation de plusieurs centaines de pour cent. C’est aussi un gros bloc de mon budget annuel d’étudiant. A la lecture de ces lignes je vois déjà ma pauvre mère défaillir, et les haters ricaner rapport au fait que je me plains tout le temps d’être à découvert. Mais un anniversaire d’utilisation du service, c’est l’occasion de faire le bilan, y compris financier.

J’ai épluché mes listes de lecture. En douze mois j’ai eu en playlist environ une quarantaine d’albums, que j’ai donc écouté plusieurs fois. Certains depuis décembre dernier alors que d’autres vont et viennent. En étant très large et optimiste, mettons 7,50€ par album, ça me ferait un total de 300€. Donc déjà là j’y gagne déjà (et j’ai compté que les albums écoutés PLUSIEURS FOIS, pas les trucs essayés mais pas adoptés) sans parler de tous les morceaux écoutés comme single, ou les recherches d’un soir. A un niveau purement quantitatif et monétaire, je suis gagnant vis-à-vis du système « normal ». Avec la contrepartie de ne pas tout avoir (des majors freinent encore des deux pieds) et d’avoir après les pirates (attendre la sortie officielle pour la BO de Tron ou le Kanye West quand tout Twitter se masturbe sur les MP3).

Bien que je remarque que les titres arrivent plus vite et en plus grand nombre qu’il y a ne serait-ce qu’un an. Puis c’est sans oublier le côté pratique de Spotify. L’application musicale la moins gourmande en ressource que j’aie jamais utilisée. Ça ne rame pas, c’est sobre, y’a les couv’, je peux créer des playlists, les partager avec mes autres amis. Surtout putain je peux synchroniser mes listes avec mon téléphone portable. Cool la BO de Tron ! Dix minutes chrono plus tard c’était sur mon Nokia et je partais avec. Royal. Avec depuis quelques mois la possibilité d’importer et synchroniser des morceaux présents sur le disque dur, genre des bandes originales jamais sorties, ou des podcasts, ou ce que tu veux. Quelques clics et un coup de wifi. Magique. J’en oublie même que l’argument principal de passer premium dispense de la pub. Ah bah oui c’est vrai y’a ça aussi…

J’ai reçu ma facture de décembre ce weekend. Ma seconde facture pour un décembre. Je ne regrette rien, je ne télécharge plus de musique, ma conscience n’a aucun problème, je découvre des morceaux, j’échange, je picore. Le streaming a réussi à me vendre de la musique, pour la première fois en vingt quatre ans.

Alors quand j’entends des mecs (majors, artistes) dire que les services de streaming ne rapportent pas assez, qu’il faut les fermer ou limiter le truc, j’ai envie de leur faire bouffer mes relevés bancaires. Abrutis.