Putain. Encore une notification de paiement à Spotify de 9,99 euros. La treizième. Ce qui signifie que ça fait un an ce mois-ci que je suis abonné à Spotify Premium. Ce qui signifie que j’ai donc mit en un an près de cent vingt euros dans de la musique. Moi qui ai acheté en tout et pour tout moins de dix CD dans ma vie. J’ai dépensé en douze mois autant qu’en vingt-quatre ans. Quand j’y pense j’en ai un début de vertige. C’est une augmentation de plusieurs centaines de pour cent. C’est aussi un gros bloc de mon budget annuel d’étudiant. A la lecture de ces lignes je vois déjà ma pauvre mère défaillir, et les haters ricaner rapport au fait que je me plains tout le temps d’être à découvert. Mais un anniversaire d’utilisation du service, c’est l’occasion de faire le bilan, y compris financier.
J’ai épluché mes listes de lecture. En douze mois j’ai eu en playlist environ une quarantaine d’albums, que j’ai donc écouté plusieurs fois. Certains depuis décembre dernier alors que d’autres vont et viennent. En étant très large et optimiste, mettons 7,50€ par album, ça me ferait un total de 300€. Donc déjà là j’y gagne déjà (et j’ai compté que les albums écoutés PLUSIEURS FOIS, pas les trucs essayés mais pas adoptés) sans parler de tous les morceaux écoutés comme single, ou les recherches d’un soir. A un niveau purement quantitatif et monétaire, je suis gagnant vis-à-vis du système « normal ». Avec la contrepartie de ne pas tout avoir (des majors freinent encore des deux pieds) et d’avoir après les pirates (attendre la sortie officielle pour la BO de Tron ou le Kanye West quand tout Twitter se masturbe sur les MP3).
Bien que je remarque que les titres arrivent plus vite et en plus grand nombre qu’il y a ne serait-ce qu’un an. Puis c’est sans oublier le côté pratique de Spotify. L’application musicale la moins gourmande en ressource que j’aie jamais utilisée. Ça ne rame pas, c’est sobre, y’a les couv’, je peux créer des playlists, les partager avec mes autres amis. Surtout putain je peux synchroniser mes listes avec mon téléphone portable. Cool la BO de Tron ! Dix minutes chrono plus tard c’était sur mon Nokia et je partais avec. Royal. Avec depuis quelques mois la possibilité d’importer et synchroniser des morceaux présents sur le disque dur, genre des bandes originales jamais sorties, ou des podcasts, ou ce que tu veux. Quelques clics et un coup de wifi. Magique. J’en oublie même que l’argument principal de passer premium dispense de la pub. Ah bah oui c’est vrai y’a ça aussi…
J’ai reçu ma facture de décembre ce weekend. Ma seconde facture pour un décembre. Je ne regrette rien, je ne télécharge plus de musique, ma conscience n’a aucun problème, je découvre des morceaux, j’échange, je picore. Le streaming a réussi à me vendre de la musique, pour la première fois en vingt quatre ans.
Alors quand j’entends des mecs (majors, artistes) dire que les services de streaming ne rapportent pas assez, qu’il faut les fermer ou limiter le truc, j’ai envie de leur faire bouffer mes relevés bancaires. Abrutis.





