988 – Let The Music Play

Putain. Encore une notification de paiement à Spotify de 9,99 euros. La treizième. Ce qui signifie que ça fait un an ce mois-ci que je suis abonné à Spotify Premium. Ce qui signifie que j’ai donc mit en un an près de cent vingt euros dans de la musique. Moi qui ai acheté en tout et pour tout moins de dix CD dans ma vie. J’ai dépensé en douze mois autant qu’en vingt-quatre ans. Quand j’y pense j’en ai un début de vertige. C’est une augmentation de plusieurs centaines de pour cent. C’est aussi un gros bloc de mon budget annuel d’étudiant. A la lecture de ces lignes je vois déjà ma pauvre mère défaillir, et les haters ricaner rapport au fait que je me plains tout le temps d’être à découvert. Mais un anniversaire d’utilisation du service, c’est l’occasion de faire le bilan, y compris financier.

J’ai épluché mes listes de lecture. En douze mois j’ai eu en playlist environ une quarantaine d’albums, que j’ai donc écouté plusieurs fois. Certains depuis décembre dernier alors que d’autres vont et viennent. En étant très large et optimiste, mettons 7,50€ par album, ça me ferait un total de 300€. Donc déjà là j’y gagne déjà (et j’ai compté que les albums écoutés PLUSIEURS FOIS, pas les trucs essayés mais pas adoptés) sans parler de tous les morceaux écoutés comme single, ou les recherches d’un soir. A un niveau purement quantitatif et monétaire, je suis gagnant vis-à-vis du système « normal ». Avec la contrepartie de ne pas tout avoir (des majors freinent encore des deux pieds) et d’avoir après les pirates (attendre la sortie officielle pour la BO de Tron ou le Kanye West quand tout Twitter se masturbe sur les MP3).

Bien que je remarque que les titres arrivent plus vite et en plus grand nombre qu’il y a ne serait-ce qu’un an. Puis c’est sans oublier le côté pratique de Spotify. L’application musicale la moins gourmande en ressource que j’aie jamais utilisée. Ça ne rame pas, c’est sobre, y’a les couv’, je peux créer des playlists, les partager avec mes autres amis. Surtout putain je peux synchroniser mes listes avec mon téléphone portable. Cool la BO de Tron ! Dix minutes chrono plus tard c’était sur mon Nokia et je partais avec. Royal. Avec depuis quelques mois la possibilité d’importer et synchroniser des morceaux présents sur le disque dur, genre des bandes originales jamais sorties, ou des podcasts, ou ce que tu veux. Quelques clics et un coup de wifi. Magique. J’en oublie même que l’argument principal de passer premium dispense de la pub. Ah bah oui c’est vrai y’a ça aussi…

J’ai reçu ma facture de décembre ce weekend. Ma seconde facture pour un décembre. Je ne regrette rien, je ne télécharge plus de musique, ma conscience n’a aucun problème, je découvre des morceaux, j’échange, je picore. Le streaming a réussi à me vendre de la musique, pour la première fois en vingt quatre ans.

Alors quand j’entends des mecs (majors, artistes) dire que les services de streaming ne rapportent pas assez, qu’il faut les fermer ou limiter le truc, j’ai envie de leur faire bouffer mes relevés bancaires. Abrutis.

847 – Hum… Upgrades

Un peu moins d’un mois plus tôt, j’étais chez Sony à un cours de photo/safari avec l’incroyablement talentueux Rémi Chapeaublanc. C’était aussi (et surtout) l’occasion de tester le NEX 5. L’appareil badass comme un réflex mais petit comme un compact. On a fait les cons dans la rue, au palais de tokyo et de retour chez Sony. J’ai même pu tester et admirer le panorama 3D, sur une TV gigantesque avec les lunettes qui vont bien. Fun fact, je me supporte mieux en 3D que sur une photo normale. Sinon j’ai appris quelques trucs de base sur l’optique et le maniement du matériel ce qui fait que je me suis couché (et réveillé) nettement moins con. Je suis surtout reparti de là avec de la peine. Parce que je savais que je devais remplacer mon Canon Powershot S90. Bien qu’il soit (encore) le plus puissant de sa catégorie et malgré le fait que son achat ne remonte qu’à décembre.

Je suis un mec comme ça moi, je mets à jour mes trucs. Quoi de plus naturel après tout, puisque dans la vie, on fait tous ça. On passe d’une chambre d’étudiant à un studio, un deux pièces et ainsi de suite. Pareil pour une voiture, une télévision. On upgrade, quand on a la volonté, ou les moyens. A titre personnel j’ai surtout la volonté, moins les moyens. Par exemple, mon ordi portable qui date d’il y a cinq ans et que j’ai refusé de jeter dans des escaliers, il faudrait vraiment faire quelque chose. Rapport à Starcraft II, ou à Photoshop (genre perdre moins de temps sur le blog). C’est un peu comme ma TV, j’ai pris la plus maouss que je pouvais me permettre mais sa diagonale reste un peu faible vis-à-vis de la distance à laquelle je la regarde. Okay, c’est pathologique. Une sorte de mélange instable entre mon consumérisme, mon envie et mes pulsions de early adopter. S’il existe mieux pour moi, je dois tout faire pour l’atteindre.

J’ai réussi à vendre mon Canon à un prix plus que correct. Combiné au bon de 10% récupéré chez Sony le jour du cours, je m’en suis pas si mal tiré. J’ai mon NEX 5, qui à mes yeux représente le meilleur compromis entre puissance et mobilité. Je commence à peine à m’amuser avec je l’aime déjà. Pourtant j’ai eu un pincement assez crade au cœur lorsque j’ai du empaqueter mon Powershot. Je me suis souvenu la joie ressentie lorsque je suis reparti du Best Buy à New York, et tous les clichés pris avec, les réactions des proches, le partage. Fuck. C’est un peu comme ma vieille Xbox Elite, que j’ai depuis trois ans à présent, qui fait un boucan pas possible, chauffe et a le disque dur encrassé. Je pense passer à un modèle slim, plus petit, silencieux et plein de stockage. Je pense aussi donner la vieille, qui ne vaut plus grand-chose à mon crevard radin de petit frère. Mais…

Je m’attache aux choses autant que j’ai un besoin malsain d’en changer. C’est paradoxal et un peu débile. Tout comme je sais que dans six mois mon NEX risque d’avoir pris un coup de vieux. A un moment je me suis demandé si ma frénésie technologique ne cachait pas la frustration de ne pas évoluer sur les autres plans, sur mon appart’, sur mes études, sur mes écrits, sur tout ce m’échappe ou est lié à une attente forcée.

J’aurais pu écrire cette note là-dessus, mais pourquoi faire sérieux et introspectif quand on peut faire léger et sans intérêt ?

804 – Book Review 135

En fait j’avais acheté American Psycho y’a longtemps. Je veux dire, c’est un classique contemporain à priori. Vu le prix j’en avais pris un exemplaire y’a des mois dans une commande UK, tant qu’à payer les frais de port. Puis, manque de motivation oblige, je l’ai laissé traîner dans un coin de ma table, jusqu’à l’oublier. Sauf que le mois prochain sort le prochain Bret Easton Ellis. Et j’avais plus rien à lire. L’un dans l’autre, je me suis dit qu’il était temps. Je commençais la lecture d’American Psycho. D’ailleurs, je l’ai twitté tellement j’étais fier de moi. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’était les réactions assez violentes des gens du web. Entre le critique qui me demande si je préférerais pas lire un vrai livre à la place et la fille qui hurle que ça va me scarifier à vie le cerveau, j’avais un peu peur. C’est qu’un livre, right ?

Je veux dire, déjà y’a pas d’histoire. Enfin, ça raconte les trépidantes aventures de ce sacripant de Patrick Bateman, vingt sept ans, toutes ses dents. Le garçon passes ses soirées en boîte à se poser des questions métaphysiques sur quoi porter avec quoi et quand pour avoir la classe en société. Des fois il se tape sa copine, ou la copine de ses potes, ou des putes, tout en se tapant des lignes de coke, avant, pendant ou après. Patrick aime vaguement la musique, beaucoup son talk show du matin et à la folie les biographies de serial killers. Il semblerait aussi qu’il aime découper des gens, des enfants, des animaux, en morceaux pour faire plein de trucs avec les cadavres après. Mais bon, tout ça c’est le stress de sa vie de merde, où à force de ne vivre que pour le fric et les filles, plus rien n’a réellement de sens, de consistance, d’épaisseur. Patrick Bateman en est devenu un psychopathe, un vrai.

Okay, ce n’est pas qu’un livre. Pas seulement, puisqu’avant même sa sortie il créait le scandale. L’éditeur de Bret le lâchait, forçant l’auteur à émigrer chez Vintage, qui sorti le livre directement en couverture souple, sans passer par la case bling. En mettant un grand kick dans l’univers des traders, des yuppies, du rêve américain, Ellis aura été le premier à vraiment mettre le doigt où ça fait mal, à montrer le plomb sous l’or. Le style est aussi très efficace. Rarement j’aurais été aussi mal à l’aise devant des passages d’une cruauté hallucinante (même l’absurde de la surenchère finit aura fini par m’anesthésier). J’ai aussi apprécié les petits jeux de dialogues, les détails qui mettent la puce à l’oreille. Ou, lors de la grosse scène d’action de fin, quand on perd le « je » au profit du « il » en plein milieu de chapitre. Heureusement que y’a de quoi se faire plaisir entre les lignes, parce que la structure est juste complètement à la ramasse. Oui, je sais que c’est fait exprès.

Par exemple en plein milieu on a trois chapitres qui sont des commentaires morceaux par morceaux d’albums de musique. Pas d’intervention de Patrick, du reste des personnages, des références au reste. Non, c’est posé là, comme ça. Sinon pas vraiment de trame. Enfin, il se passe des trucs, on a des bouts de storylines qui progressent et y’a une escalade dans la violence, mais pas de vraie trame qui unifie tout ça. Les deux tiers du roman sont d’ailleurs répétitifs au possible (soirée en boîte, réservation de resto, tête à tête amoureux etc…), effet de vertige, l’impression d’être piégé avec Patrick dans le néant de son existence. Alors c’est long, mais étrangement pas chiant. Faut dire que j’ai rapidement décidé de survoler systématiquement toutes les descriptions de vêtements. On gagne pas mal de temps.

Un pote m’aura dit que cracher sur American Psycho c’était vraiment une mentalité d’abruti qui se croient hypes. J’ai pas assez de recul là-dessus, mais ça me rappelle les réactions à l’annonce de ma lecture du bouquin. Fun stuff. J’y repenserai.

DEBAT STAGE !!!

Sinon, sans déconner, pour vous y’a deux interprétations possibles (il a tout imaginé ou il est vraiment psycho) ? Non parce que pour moi, c’est quand même assez clair.