
Au bureau, on a une équipe qui est payée (en partie) pour déterminer les chiffres de ventes des futures sorties du monde des jeux vidéo. L’autre jour, ça dissertait à voix haute sur l’avenir d’El Shaddai, un jeu japonais complètement barré. J’ai hurlé que je l’attendais depuis des mois et que je le voulais et que ça allait être trop bien. Là, manager a regardé son stagiaire avant de lui enseigner le métier :
- Tu vois, par exemple, plus Matthias te dit qu’il attend un jeu, moins il va se vendre. Ça marche à peu près à tous les coups.
J’ai voulu protester, mais contre quoi ? La vérité ? Plus j’aime un jeu d’amour fort et intense et plus il a de chance de flopper complètement. Une pensée pour Shadows Of The Damned, le meilleur jeu de l’année auquel vous n’avez pas joué.
Ce qui m’a rappellé une super étude de Ok Cupid.
Ok Cupid c’est le site de « rencontres » mondial gratuit. En gros c’est comme les autres mais en mieux sauf que y’a moins de monde (ce qui tendrait déjà à valider ma théorie). Comme ils ont une gigantesque base de données de célibataires ils se permettent d’étudier des tas de comportements pour en tirer des papiers de psycho-sociologie. Un de mes préférés s’appelle Les mathématiques de la beauté. Il cherche à savoir qui des filles canons ou moches reçoit le plus de messages. Oui parce que le site intègre un système de notation du physique, qui permet du coup de situer les membres sur un beau graphique. Sachant que le nombre de messages est décompté par le serveur.
Et la principale conclusion de l’étude est que les filles qui reçoivent le plus de missives sont celles qui divisent le plus les garçons. Bien entendu je simplifie un max, et j’oublie la partie qui fait intervenir la théorie des jeux.
Pour la version longue, allez lire par là.
Je me souviens du jour où j’ai présenté la fille du livre à mon meilleur ami. Il a haussé les épaules. Tout ça pour ça. Non seulement il ne lui trouvait rien de particulier, mais il est allé jusqu’à avouer à demi mot qu’elle n’était pas super jolie. QUEL ABRUTI ! La plus belle femme du monde bordayl ! Plus près de nous, un ami me faisait l’inventaire de ses conquêtes, photo à l’appui, et autant parfois j’étais bouffé par la jalousie, autant vis-à-vis d’autres je me demandais ce qui avait bien pu lui prendre. Il était fier, malgré tout. C’est une histoire de « personnalité » physique. Un visage dessiné différemment, des yeux aux formes qui sortent de l’ordinaire, des hanches qui débordent pile comme il faut, ce qui tranche est un repoussoir pour l’un et un violent atout pour un autre. Ce qui ne se conforme pas divise.
Pour les filles comme pour les jeux vidéo.
Tout l’été j’ai vanté les mérite de Shadows Of The Damned, Vanquish ou encore Catherine. Autant de jeux qui ne produisent que des haussement d’épaules polis de la part de mes amis et collègues. Alors que je me prosterne devant un génie que je semble être le seul capable d’apprécier. Le problème est que j’ai trop de bonheur pour mon petit corps furtif et autant de frustration de ne pouvoir le partager.
Idéalement il me faudrait une chérie cheloue avec des goûts chelous en matière de jeux vidéo.
Ca se tente.
Une jeune femme est abordée à la terrasse d’un café. Anna ? Demande William qui croit reconnaître son rendez-vous. L’inconnue répond par l’affirmative et se lance le défi de jouer le jeu. Pour William, photographe, elle sera Anna, galeriste cultivée. Après tout elle a l’habitude, d’inventer des personnages (tel Alice Khan, artiste imaginaire qu’elle fait vivre depuis des années). Elle se conforme à l’image qu’elle pense que le photographe a d’elle, tout en essayant de le modeler lui.

