1092 – Book Review 173

J’aime bien Xavier De Moulins.

Même si, techniquement, c’est pas vraiment possible de ne pas aimer Xavier De Moulins. Déjà il a une bonne tête, genre sympa et tout. Tu lui filerais ta fille sans confession. Ancien animateur du très hype/bobo/branleur Paris Dernière, il office maintenant au journal télévisé d’M6. C’est-à-dire là où même ta mère peut le kiffer. Et parce qu’il est cool comme tout Xavier, il a écrit un bouquin. Ca s’appelle Un coup à prendre (oh oh) et ça sort chez Au Diable Vauvert, pas les derniers pour les signer, les coups (je me comprend). Comme le bouquin fait 200 fausses pages (30 chapitres, plein de pages blanches et des hordes de sauts de paragraphes et autres feintes), j’allais pas mettre 17€ dedans. Mais comme le futur pense à moi, le livre est disponible à 5€ en numérique libre de droit. J’étais prêt à mettre un poil plus mais j’ai pris quand même.

Attention je vais faire style en fait on est sur Wikipédia : CE QUI VA SUIVRE DEVOILE LES MOMENTS CLEFS DE L’INTRIGUE. Non je déconne y’a pas d’intrigue.

En vrai on suit les aventures d’Antoine, papa hype/bobo/branleur parisien qui quitte sa femme pour sa maîtresse. Comme il a deux filles il découvre les joies de la garde alternée. Puis sa maîtresse culpabilise et le plaque. Du coup au bout d’un moment il reveut sa femme mais elle lui présente les papiers du divorce. Fin. Et pardon pour les spoilers.

On va pas se mentir. Ce bouquin on l’a tous lu des dizaines de fois avant. C’est de la littérature hype/bobo/branleur avec un héros pas si fantasmé, trentenaire passé et qui a des problèmes de cul jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’en fait il a des problèmes de cœur. Oh et il boit/se drogue/prends du Valium aussi. Confère Nicolas Rey, Frédéric Beigbeder et leurs potes. Alors oui c’est bien écrit, on sent la graine d’écrivain qui s’éclate : « Papa et maman vous aiment toujours. Ce n’est pas de votre faute si votre père est un porc et se barre avec une sacrée pute. ». Parfois on se donne mêmes des frissons transgressifs : « Il aura l’impression de baiser sa mère, un peu, beaucoup, profondément ». Mais en vrai, l’auteur a un cœur qui bat : « Les amis sont ceux qui prennent le soin d’ouvrir au couteau à huitre les couples qui se séparent. Ils n’oublient jamais de se ranger du côté de la perle. »

Ce type de littérature est interchangeable, creux, vain, tourne en rond. Moi j’aime bien. C’est mon fast food à moi. Le double cheese de la littérature. Aucune surprise, que du classique, pas d’explosion niveau goût mais plaisant, le ptit plaisir comme ils disent chez MacDo.

Je ne jette pas le caillou à Xavier De Moulins. Au fond, je sais qu’un bouquin comme ça j’en écrirai un avec la même joie que le fan de MacDo qui monte son premier double cheese. Acheté pas cher, vite lu, avec quelques jolis morceaux dedans, Un coup à prendre porte bien son nom. Peut-être pas à 17€ par contre.

BUY STAGE !!!

Si vous y tenez vraiment, chopez le chez Amazon. Pour la version numérique demerdez vous je cautionne personne en particulier à ce niveau là.

1090 – All I Can’t Taste Is Champagne

Il ne pouvait en être autrement. L’instant quel est le fuckesque de la soirée d’inauguration du salon du livre eu lieu sur le stand Flammarion. Je discutais avec ma demi-agent entre deux piles de livres quand surgis mon le fringuant Guillaume Robert. Salut, tu vas bien ? Poignée de main franche. Heu, oui, et toi ? Très bien. Puis il s’en est allé. Ca fait donc deux ans de suite que je lui serre la main. La première fois c’était par politesse parce que j’étais accompagné d’un de ses amis. Cette fois c’est parce qu’il se souvenait. De moi, ou du non, du blog, ou whatever. C’était quand même étrange un peu. Comme mon absence d’envie de le taper. Weird.

Sinon je suis arrivé avec ma plus une vers vingt heures. Assez vite j’ai entrepris de partir à la poursuite de mes copains de l’édition. Principalement des stagiaires, parce que niveau réseautage j’en suis là et qu’ils ont presque mon âge, dans un sens ou dans l’autre. En plus ma potesse de Albin jeunesse avait une jolie robe. Sinon, alors que je m’accoudais à une étagère chez Grasset pour faire style, un exposant du Seuil est passé me voir. Hé mais tu es Le Reilly ?! MAIS OUAIS C’EST MOI ! Donc ouais on me reconnait des fois, et c’était cool. Parce que j’ai pu parler blog mais aussi littérature. Un peu comme quand je me suis assis avec un ou deux auteurs pour parler bouquins. Je me suis enflammé à parler de Perfect Ten, du plaisir que me procure l’écriture et le challenge.

En fait j’étais globalement hystérique ce soir-là. D’une part parce que j’avais peu dormi la veille, ensuite parce que j’avais passé la journée à être sage au taf’. C’est bien simple, une autre fille avec une jolie robe m’a caractérisé comme un mélange d’hystérie et de pathétisme. Mais t’es gentil hein ! Oui non mais okay. De toute façon passé vingt-trois heures elle voulait faire du pole dance sur le stand du Diable Vauvert. En fin de soirée c’était de toute façon LE point de ralliement. Là où il restait de l’alcool et des gens motivés pour faire la fête. Bon comme d’hab’ j’ai traité en douce le patron du stand de sale con mais il s’est vengé en estimant que mon amour pour la Drôme et les escargots à l’ail était un signe très clair de mon appartenance politique à la droite. Of course.

Cette année c’était mieux que l’année dernière. J’étais plus à l’aise, je connaissais plus de monde, y’avait plus de jolies robes. Oh et du saucisson aussi, très cool ça le saucisson. J’ai pas vendu mon bouquin, of course. Mais j’ai pas eu d’envie irrépréssible d’en coller une à qui que ce soit. Pas mal.

Je suis resté jusqu’à la fermeture. Bras dessus bras dessous avec une fille éméchée, j’ai quitté le salon en sachant pertinament que je n’aurais pas le courage d’y retourner dans le weekend.

A l’année prochaine, donc.

733 – The Biggest Bookstore

Ces derniers jours c’était donc le salon du livre. Encore. J’en avais parlé l’année dernière, ayant résumé mon expérience globale avec le truc. Chaque fois c’est forcément décevant. C’est l’évènement à la con dont je sais pertinemment que je vais ressortir frustré et un peu plus dépressif qu’avant. Déjà cette année c’était mal parti sur le principe. La plupart de mes potes dans la BD n’étaient pas présents, la faute à Soleil qui n’a jamais de stand et à un planning de sortie pas compatible avec les beuveries habituelles. Ensuite Hachette avait décidé de dire merde à la manifestation, pour une basse raison (entre autre) de réduction des coûts. Il faut dire qu’un stand dans la plus grande librairie de France, ça coûte une blinde. L’année dernière je disais que je ne foutrais pas les pieds au salon sans un plan pique assiette. Bingo. J’ai réussi à gratter une invitation pour l’inauguration VIP sa race.

En vrai merci à Henscher pour avoir grillé son +1 pour mes beaux yeux.

Enfin, VIP, ça se discute vu le nombre de personnes présentes. Sincèrement on se serait presque cru un samedi aprem’. Entre deux allées je croise même mon patron, celui de cette année, mais aussi celui de l’année d’avant. Mains moites, cœur qui s’explose contre la cage thoracique. Je n’oserais pas lui dire bonjour. Par contre je discute avec ce jeune dandy qu’est Charles, éditeur en culotte courte au Diable Vauvert. Puis j’escalade le stand Robert Laffont pour aller dire bonjour à cette raclure de William Rejault avant de retrouver des potes de la vraie vie, avec ou sans leurs ambitions de publication. Au final je me tire presque tôt, deux heures après l’ouverture des portes. Trop de gens, trop de discussions auxquelles je ne suis pas invité. Je vole quelques tucs au Diable avant de me rentrer. Finalement, pas le choix, je vais devoir y retourner samedi pour croiser d’autres copains.

Quel chic type ce Charles, à assumer comme ça !

Bis repetita comme on dit. Le samedi c’est l’enfer. Les files d’atteintes qui bloquent tout le monde dans les allées, l’odeur de sueur, la chaleur et les réflexions merdiques des vrais gens lorsqu’ils croisent une célébrité. On m’a rapporté que les badauds cerclaient Beigbeder de leurs doigts tendus sur son passage. Je ris des stands de Le Dilettante et XO éditions qui ne sont là que pour accueillir leur auteur star de la mort. Pendant ce temps là, Werber gueule en conférence que les éditeurs n’acceptent pas des bouquins de SF et Eric Naulleau trouve que lire sur un écran, ça sert à rien. Je zappe les conférences et reste avec mes coupains. L’éditeur de Florian Zeller chez Flammarion, Guillaume Robert, passe dans le coin. Je le salue, toise sa coiffure et comprend pourquoi Florian a été publié (faut le voir pour le croire, une coupe pareille, très street cred).

Finalement je suis tellement épuisé, assommé par la chaleur et le rhume carabiné qui m’habite depuis dix jours, que je finis par être pris en défaut sur Bad Boys II par Charles, lors d’un retour sur le stand du Diable. Je ferais la fermeture, à discute avec coupine Dhalia, à refaire le monde entre deux cocas. Puis je rentre, comme chaque année, un peu dépité, autant par l’attitude des vrais gens que celle des professionnels. Mais bon, j’y étais, comme si c’était logique, incontournable, un appel que je ne comprends ou digère pas vraiment. A l’année prochaine du coup.

Demain on parlera bouquin, du genre bien, qu’on trouve pas chez nous.