341 – I Can Haz 90C ?

Mon coude s’enfonce dans le nez du pauvre type qui a eu la malchance de me prendre en stop. Mais je ne peux pas le laisser se garer, malgré le fait qu’un trio de voitures blindées nous intime l’ordre de nous arrêter. J’essaie de contrôler le véhicule en passant sur le corps de mon chauffeur. Un agent sort un pistolet par une des vitres de sa voiture et abat lâchement un de mes pneus. Forcément, dérapage, perte de contrôle et atterrissage dans le bas côté. Sonné, je tente de m’extirper hors du fracas métallique. Un groupe de gorilles est déjà en train de courir dans ma direction. Je tente une fuite en avant, d’un pas mal assuré du haut de mes petites jambes qui regrettent de ne pas avoir plus couru. Pendant dix secondes j’aurais un fol espoir, avant de finir la tête contre les graviers, maîtrisé par une brute épaisse qui se paie le luxe de me tripoter allègrement le cul. Car oui, c’est grosso modo comme ça que j’imagine la fin de la journée où je me serais réveillé dans un corps de fille.

J’imagine que c’est pas du tout ce que Toan avait en tête hier quand il m’a proposé d’écrire une note sur ma vie de fille. J’avais déjà parlé de comment je serai si j’avais un chromosome Y en moins mais effectivement pas d’une éventuelle vie parallèle. Forcément, jeunes d’aujourd’hui, on est complètement éduqué par le hentai. Du coup on s’imagine que le jour où on se réveille en meuf, ça choque les gens mais ils décident de faire comme si c’était pas grave le temps de trouver une soluce. Et du coup l’heureux élu doit, dans l’ordre, se tripoter, se faire tripoter par un violeur en puissance, se retripoter, se faire sauter par un ami ou un prof, se reretripoter et normalement finir en couple lesbien avec son ex meilleure amie dont il a toujours été amoureux. Après on peut mettre des variations et tout, mais dans l’idée la trame fantasmée par les auteurs japoniais, c’est ça.

Mon côté hardcore voudrait penser que le jour où je me réveille en meuf, il ne se passe rien de tout ça. Okay tu checkes la TV pour voir si c’est un phénomène global, t’appelles tes exs pour voir si y’a pas eu un truc réciproque à ce niveau, tu te tripotes un coup histoire de. Mais quand t’es réaliste deux secondes tu réalises que t’es grave dans la merde. Et je parle pas de faire refaire ta carte d’identité. Je parle des chinois du FBI qui veulent t’autopsier vivant ! C’est peut être ma déformation geek qui parle, ou bien ma grande lucidité. Désolé, j’ai pas pu disserter sur « est-ce que je me ferai prendre par un mec sachant que je sais à quel point ça pense de manière gerbante ? », « quel est mon avis sur les fringues a priori super inconfortable qui rendes une nana jolie ? » ou bien encore sur « Si c’est le processus est temporaire ou réversible, faut-il prendre la pilule (et/ou capote) ?.

A la réflexion, ce sujet est inépuisable puisque je pourrais par exemple tenter d’imaginer ce que je serais devenu comme personne, d’un point de vue intellectuel, si j’étais né nana.
Je pense cependant que j’ai suffisamment dit de conneries pour aujourd’hui. Donc siya tomorrow pour le Top 3.

STAGE STAGE !!!

Mon chef de stage m’appelle Lapin…

301 – Necromancer

Nous sommes le lundi 26 janvier 2009, une heure du matin. Le sujet est un roman de race autofictionnelle, mort il y a quelques semaines. Il mesure 32 000 mots et pèse un an de travail. La cause probable du décès est la connerie et le manque de jugement des éditeurs germanopratins. Néanmoins il a été requis une autopsie afin de s’assurer que la mort n’est pas due à un manque de maturité artistique. Je m’apprête à pratiquer la première incision sur la poitrine. Après avoir forcé un peu le faire pénétrer, le scalpel s’enfonce dans les tissus nécrosés. Mes doigts gantés de latex écartent l’ouverture, afin que je puisse accéder aux tripes. Ayant chaussé mes lunettes grossissantes, je balaie les organes du faisceu de ma petite lampe torche.

- Le plus gros problème de ce roman. C’est qu’il a été écrit avec les codes du scénario. Sans connaissance du média littéraire j’ai appliqué mes instincts de scripteur. Il en découle une écriture très visuelle et efficace, mais qui survole un peu trop l’action. Après avoir lu une quarantaine de romans principalement contemporains, je réalise que mon approche est incomplète. Je devrais plus exploiter les spécificités du littéraire, dans les descriptions, l’approche des sentiments des personnages.

- La grosse erreur du noob : ne pas avoir réussi à suffisamment différencier les voix des personnages. Ils ont tous des backgrounds différents et devraient avoir des manières de s’exprimer plus uniques. Y’a un travail de linguistique à faire pour rajouter cette couche d’épaisseur qui fait encore défaut au taf’ actuel. Le côté positif, c’est que c’est quelque chose que peu d’auteurs prennent la peine de faire. Du coup peu sont ceux qui s’en sont rendu compte. Huhuhu !!!

- Quand même, en tant que scénariste j’ai un peu honte de quelques raccourcis scénaristiques qui ont lieu dans le second tiers du bouquin. Ca aurait pu être un peu plus fouillé. Faudrait que je défloute pas mal de notions aussi, où j’ai voulu jouer le mystère par flemme de faire des recherches. A trop mettre de flou on y voit plus que dalle. Sans parler du premier chapitre qui tout en gardant la même idée pourrait être plus accrocheur, retenir l’attention jusqu’au reveal final. Je pourrais être plus clinique, plus hardcore aussi. Je me suis complètement auto-censuré par pudeur. J’aurais pas toujours dû.

C’est alors que sous les yeux médusés du légiste, le visage toujours plongé dans les entrailles gluantes, le roman bougea un doigt. C’était impossible ! Il était mort, carbonisé par neuf refus ! Et pourtant ses phalanges frissonnaient dans des craquements d’os. A cet instant la porte de la morgue vola en éclat.

- Par Crom ! Ecartez vous de ce roman !
- Mais qui êtes-vous ?!
- Moi ? Je suis Le Reilly ! Et je vais sauver ce texte, même si je dois passer des nuits entières à le réparer !

Bon, en gros, avec mes dizaines de lectures de ces derniers mois, les commentaires parfois avisés de mes camarades, je crois avoir mis le doigt sur les défauts de jeunesse de cette version 2. Ceux qui me gènent vraiment je veux dire, ceux auxquels je peux remédier. Vous avez donc compris que je vais m’y remettre, le cœur brisé mais gonflé d’espoir. Je sais que je peux faire mieux. J’en suis certain. Non pas que je renie cette première version. Mais avec l’expérience acquise ces six derniers mois j’ai beaucoup de mal à regarder la V2 sans être déprimé. Ce qui du coup me retourne le ventre quand des fois on me propose de faire passer le texte à des gens plus ou moins influens. Dans ces moments là je me dis que putain, je devrais l’upgrader tout de suite ! Je n’oublie pas cependant mon second texte, qui doit continuer à vivre. La semaine pro c’est les vacances, le moment ou jamais de reprendre de bonnes résolutions niveau écriture.

Demain, on parlera espagnol. Enfin on parlera pas en espagnol, mais d’espagnol. Ca y est je m’embrouille déjà.

043 – Oops, I Did It Again !

Dans une raffinerie désaffectée du nord de l’Ukraine, BenReilly tappote sur son ordinateur portable. Les moufles rendent l’opération complexe mais il n’a pas le choix. ILS le pourchassent sans relâche depuis des semaines à présent. Entre deux claquements de touches de clavier il entend le bruit de lourdes bottes dans la neige. ILS sont là, ILS l’ont retrouvé pense t’il. En toute hâte il bâcle la fin de son dernier chapitre, matraque le bouton entrée afin d’en finir. Lorsque la troupe d’élite investit la pièce, tout ce qu’ils trouvent est un cadavre encore fumant, un pistolet à la main. ILS ne l’auront pas eu vivant.

Quand j’avais lancé mon blog, c’était avant tout pour m’occuper les doigts en attendant de pouvoir réviser mon roman une toute dernière fois. Je m’étais dit qu’il ne fallait pas que je m’attèle à un nouveau gros projet tout de suite, sous peine de perdre l’état d’esprit dans lequel j’étais. Ma peur c’était de ne pas retrouver mon mojo originel au bout du clavier pour la réécriture si jamais je passais à autre chose. Sauf que ce weekend, j’ai craqué. J’ai écrit le premier chapitre de mon prochain bouquin.

J’insiste sur le fait que ce n’est pas ma faute. Depuis plusieurs mois je tricote mentalement mon intrigue. J’ai passé plusieurs semaines à nouer lentement les fils narratifs entre eux. Chaque nouvelle pièce du puzzle me faisait saliver d’autant plus le moment où j’allais me poser devant Word. A l’heure actuelle je suis dans la phase où je pourrais commencer à poser le squelette du bouquin dans un zoli tableau avec chapitrage et tout. Un truc de beau gosse quoi. Sauf que je prends un max sur moi pour ne pas me plonger à corps perdu là dedans. Je blogue tous les jours à écrire des pavés, au point de prendre des jours d’avance. Tout ça ne suffisait plus, je n’avais pas le choix, j’ai dû me masturber le cerveau une bonne fois pour toute.
Quelques recherches en matière de câblages électriques et de modèles d’avion histoire d’être sûr de mon coup, plus une bonne journée de structuration mentale et c’était parti ! Ainsi j’ai expulsé les quelques premières pages qui composent le premier chapitre de ce nouvel opus. Bien sûr je ne peux pas aller plus loin sans mon squelette. Ecrire à l’aveugle n’est pas quelque chose que j’ai envie d’expérimenter de suite. J’ai encore beaucoup de préliminaires à faire. Une chose est sûre, même si je me sens un peu sale, je me sens surtout mieux. Cette sensation ne durera pas je le sais. Il va falloir très vite que je reprenne le vieux bouquin, qu’il me monopolise les neurones, sous peine de faire une nouvelle rechute.

C’est sous le coup de l’excitation de l’auteur en moi que commence cette nouvelle semaine de blog. Les perspectives que m’ouvre une toute nouvelle histoire sont réellement grisantes et j’ai hâte de pouvoir vraiment bosser ce nouveau roman. Rien que d’en parler ça me donne envie d’encore plus en parler. Le retour du cercle vicieux !

Il faut que je focus sur totalement autre chose, c’est pour ça que demain je parlerais des straight-edges. Mais si, vous savez, le mouvement punko-philosphique ! En tout cas je poserais la vraie question qui fâche : suis-je straight edge ?

BONUS STAGE !!!

Pour me punir voilà un peu de Britney. Désolé.

Ceci dit c’est la giga trique que les mecs aient osé lié ça à Titanic sur la fin. Shameless.