Deux semaines sur liste d’attente pour obtenir le Kindle, succès oblige. Ça vous donne une idée du nombre de bouquins qui ont atterri sur ma wishlist entre temps. Le packaging est ultra minimaliste. A l’intérieur : un mini guide d’utilisation, un câble et l’eReader. On le charge trois heures pour une autonomie au final d’une semaine en Wifi et un mois déconnecté (tuerie). Le design reste austère vis-à-vis de la concurrence mais ce Kindle 3 encore plus fin qu’avant m’est agréable tant à l’œil (couleur graphite), qu’au toucher (plastique doux qui marque très peu les traces de doigts). Le temps de configurer les paramètres wifi et je transférais mon premier livre acheté sur le Kindle Store (après avoir déclaré habiter aux US pour ne pas payer la TVA et avoir accès aux 25% du catalogue en plus interdit par les éditeurs à l’Europe). Temps total de la manip’, trente seconde. J’ai beau être habitué aux MP3 en streaming ou aux Divx, ça m’a fait quelque chose d’avoir instantanément mon bouquin.

Il m’aura fallu moins de 24 heures pour m’habituer à l’engin. Le contraste de l’écran eInk est juste phénoménal, bien meilleur et agréable à l’œil que celui d’un papier moyen. La possibilité d’adapter police, taille de police, écartement des lignes et mode paysage permet d’optimiser son confort de lecture par rapport à un livre écrit trop petit par exemple pour économiser de la place. Les boutons pour tourner les pages sont en double de chaque côté de l’écran. Du coup je peux me saisir du Kindle et naviguer avec une seule main. Royal. Le temps d’allumage et d’arrêt est proche du néant, magique. Au final j’ai vite réalisé que je lisais plus vite, plus agréablement et plus souvent. Ce sont les avantages de la technologie eInk et du faible encombrement du reader (je refuse de dire liseuse, académiciens, je vous méprise). Au bout de deux jours je ne me voyais pas repasser au papier.

Le feeling du papier c’est cool, mais je peux toujours imprimer des feuilles A4 et les froisser sous mes narines si je suis en manque. Le fait est que je m’en suis passé bien plus vite que prévu. Moi qui suis habitué aux éditions de luxe et couvertures qui brillent, je suis le premier étonné de réaliser que les bénéfices du Kindle oblitèrent les quelques nostalgies vis-à-vis du livre que je pouvais avoir. Je me demande si les réticences de la plupart des gens ne sont pas une sorte de fantasme symbolique plus qu’autre chose. Bien sûr, je vais encore devoir en acheter, principalement en littérature française, mais une semaine post découverte, je ne peux m’empêcher de grogner lorsque ce que je veux n’est pas disponible en version numérique. Sinon je me dois de signaler la présence d’un système assez bien fichu de marque-pages. On peut aussi prendre des notes, stabiloter des passages (et les partager avec les autres utilisateurs) ou surligner un mot pour voir immédiatement apparaître sa définition grâce au dictionnaire intégré. Fonction bien pratique.

Tout n’est pas rose il reste quelque défauts. Il est par exemple détestable de devoir choisir une affiliation par pays, les US, les UK et l’Europe n’ayant pas les mêmes catalogues. Merci les éditeurs protectionnistes nazis ! Autre truc bien relou, la décision d’Amazon de ne pas supporter le format ePub mais Mobi. Or en France tout est vendu en ePub, précisément pour faire chier Amazon. Si je veux lire un truc français sur mon Kindle je dois acheter le ePub, hacker les DRM puis convertir le fichier en Mobi moi-même. Autant dire que les éditeurs français peuvent aller se faire royalement foutre. A part ces deux petits points de détail, je suis on ne peut plus conquis.
C’est bizarre l’adoption d’une nouvelle technologie. J’ai l’impression que mon usage et mes schémas de pensée ont complètement basculés en quelques jours. La seule chose qui n’a pas changée, c’est le texte, le cœur du roman, retranscrit intact, avec ou sans papier, avec ou sans édition bling bling.
Il reste le même. Et c’est tout ce qui compte.





