Sid est un bon gros blaireau avec un ami roux à lunettes. Du coup pour pécho de la bonnasse fraîchement débarquée de New-York dans son lycée pour bourgeois, c’est pas gagné. Quand après un coup de bol il se retrouve a lui parler, il réalise qu’il n’a pas de portable pour noter et utiliser le numéro de la belle. Forcément non seulement c’est un crétin mais en plus c’est un pauvre ! Du coup pour se buyer un cellphone le voilà forcé de dealer avec un antiquaire chinois (forcément). Mauvaise pioche, le portable est maléfique, Christine de Stephen King/Carpenter staïle et est bien décidé à butter la prétendante de notre héros. Omagad c’est trop la merde !
Oui, vous n’osiez le croire et pourtant je vais bel et bien en ce jour du seigneur tenter de faire valoir les mérites d’Hellphone !

Le slogan est juste... intestable.
Bon vous êtes pas tous partis en courant ? C’est bien. Peu de marketing pour ce film sorti en catimini l’année dernière. La seule bande annonce est complètement mal foutue (oui on sait, c’est une BA française) et vendait un film potentiellement aussi daubesque que mythique. Faut dire que l’argument Jean-Baptiste Maunier fait flipper comme il faut. Le seul truc un tant soit peu rassurant était la présence derrière la caméra de James Huth. Son premier gros film, Serial Lover, était une tuerie atypique dans le paysage ciné français. Bon après y’a eu Brice de Nice et c’était le drame, plutôt du côté scénario pour le coup (ma grande théorie était que Dujardin n’a pas compris pourquoi le public était fan de Brice, m’enfin passons). C’était donc mêlé d’espoir et d’appréhension que je pénétrais dans la salle.

La vérité c’est que j’y suis retourné à peine quelques jours plus tard. Ce film est bel et bien mythique, et ce pour un tas de raisons. Déjà c’est foutrement drôle pour peu qu’on possède un humour un tant soit peu large (« Tu comprends pas, ce téléphone il est spécial ! – Hitler aussi il était spécial ! » = Awesome, « C’est marrant pour un vendeur de skate j’aime pas les roux. » = Double Awesome). Ensuite c’est hardcore sur la fin et voir des élèves d’Henri IV se faire défoncer la gueule à coup de tronçonneuse, bas ça caresse mon côté prolo. Mais surtout Hellphone c’est très, très, très bien filmé ! James Huth se fait plaisir entre plans impossibles et une esthétique mi-parisienne mi-ricaine des années 80. Ca ne ressemble à rien d’autre et c’est ce qui fait son charme. Et puis un film où t’entends un chant Mogwaï chez un antiquaire chinois et où la solution a tous les problèmes se trouve être de l’azote liquide ne peut qu’être excellent.

Trop visuellement stylé pour l’ado de base, trop drôle pour les amateurs de slasher et trop hardcore pour les fans de comédie, le film a fait un flop retentissant. Et pourtant, en vérité je vous le dit mes frères, Hellphone est énorme ! Et pas dans le genre “c’est si mauvais que ça en devient bon”, non non, c’est juste bon tout court. Si vous ne me croyez pas, au pire vous pourrez mater de la bonnasse (no stress elle a plus de 20 piges) pendant une heure et demie.
Demain je vais parler de ma relecture de roman, en quoi ça consiste. Pi y’aura de la goodies pour les fans de PDF. Je sais qu’il y en a.
BONUS STAGE !!!
And here is la Bande-Annonce qui, je le trouve encore à l’heure actuelle, est trop bâtarde pour vendre correctement le film. (Au passage j’emmerde la prod’ qui trouve ça trop drôle d’interdire l’embed de leur vidéo sur youtube, ce qui me casse prodigieusement les couilles en plus d’être anti productif et anti marketing. Un conseil : virez les connards qui font vos plans médias.)