[Entre la surchage de taf' pour l'école et ma stupide tentative de NaNoWriMo, dont on parle lundi, c'est encore une journée sans images. J'en suis le premier dépité...]
Quand j’étais pas majeur, les quais du Rhône c’était assez glauque comme coin. Ca manquait de lumières, de bancs, d’arbres et de gens de bonne compagnie. Mais vu qu’on était des lycéens rebelles, on finissait quand même nos soirées de printemps au bord du fleuve. A l’époque, j’étais avec Elsa, candidate parmi d’autres au titre de première copine. Don’t ask. Elle, ses potes, et moi, on était assis sur les grosses marches le long de l’eau. A titre personnel, je me sentais un peu seul, dans la mesure où je ne buvais pas. Les bouteilles circulaient mais je ne voyais pas de coca. Je suis donc parti couiner dans les seins d’Elsa, qui venait à peine de déglutir sa dernière gorgée. Ne restant pas insensible à ma détresse affective elle me roula une vraie pelle des familles, qui avait le goût de pomme, mais en chaud, et en piquant. De la Manzanita. Une exception à la règle était née.
J’ai repensé à ça la semaine dernière, à une soirée au restaurant. A la fin du diner, la serveuse à offert un shot à tout le monde, dans des petits verres remplis à 90% de glace pilée. Comme d’ordinaire, j’ai porté mes narines au bord du verre. J’essaie de profiter olfactivement des alcools. Puisque je ne les bois pas. Sauf que là, c’était un shot de Manzana, et l’odorat étant le plus grand moteur de la mémoire, ça m’a rappelé cette fameuse soirée. Et j’avais fortement envie de boire quelques gouttes, en souvenir du bon vieux temps. Après tout, personne allait le voir. Ce qui est débile, comme excuse, dans la mesure où ma consommation d’alcool n’intéresse que moi. J’ai fermé les yeux, humé un peu plus et j’ai donné mon verre au premier qui passait par là. Idéalement, j’aurais aimé avoir une jeune fille en fleur sous la main, pour qu’elle sirote la Manzana et m’embrasse dans la foulée.
A quoi ça sert d’avoir des règles si l’on n’a pas d’exceptions à la règle. En l’occurrence je ne peux pas boire une seule goutte d’alcool d’un verre, MAIS, si une fille qui vient de boire m’embrasse, je peux. Enfin, disons que roulage de pelle > mes principes. Attention, c’est pas non plus l’open bar au n’importe quoi, genre la fille qui garde en bouche une goulée pour la transférer. C’est tricher et c’est super méga dégueulasse. Y’a des limites. C’est donc ainsi que je sais à peu près quel est le goût de la bière, par exemple, ou du vin blanc. Pensez ce que vous voulez, niveau ivresse, avoir le cœur qui bat et explorer une saveur du bout de la langue dans un baiser, ça bat la meilleure vodka du monde. C’est un kif perso, que je n’ai au final pas souvent le loisir d’expérimenter. Qui se ressemble s’emboitant sous les draps, les deux tiers de mes copines ne boivent pas, ou très peu.
Néanmoins, la possibilité existe. Et les souvenirs aussi. Malgré tout le ressentiment que je peux avoir envers Elsa, les coups de pute et le grande n’importe quoi de ce qu’on est devenu avec les années, le goût de la Manzanita reste. Assez pour me faire douter presque dix ans après au fond d’un restaurant parisien.