1044 – Intermission

Aujourd’hui, je passe mon dernier partiel oral de groupe en milieu d’après midi. J’aimerais beaucoup vous en parler mais je ne me crois pas capable d’aligner plus de trois mots sur le sujet sans déclencher un incident diplomatique sans précédent et un ou deux décès prématurés pour cause de crâne pulvérisé.

Du coup…

Du coup je peux vous confier que la portabilité de mon numéro de téléphone s’effectuera au même moment. Mais vous vous en foutez à priori.

Du coup…

Du coup je m’autorise cette note qui passe pour un petit erratum vis à vis de mon précédent article concernant ma dernière chemise. Je pensais avoir découvert toutes les subtilités du vêtement. Mais non. En fait, j’ai remarqué que si l’on soulève un des côtés du col on peut trouver une trace de baiser en rouge à lèvres. Le truc typique qui va te mettre régulièrement dans la merde.

Sauf que j’adore l’idée. Alors voilà.

Sinon demain j’ai fini mes partiels et ça sera mon dernier jour de cours en tant qu’étudiant, à priori pour le reste de ma vie. Si je survis à aujourd’hui.

954 – The Only Exception

[Entre la surchage de taf' pour l'école et ma stupide tentative de NaNoWriMo, dont on parle lundi, c'est encore une journée sans images. J'en suis le premier dépité...]

Quand j’étais pas majeur, les quais du Rhône c’était assez glauque comme coin. Ca manquait de lumières, de bancs, d’arbres et de gens de bonne compagnie. Mais vu qu’on était des lycéens rebelles, on finissait quand même nos soirées de printemps au bord du fleuve. A l’époque, j’étais avec Elsa, candidate parmi d’autres au titre de première copine. Don’t ask. Elle, ses potes, et moi, on était assis sur les grosses marches le long de l’eau. A titre personnel, je me sentais un peu seul, dans la mesure où je ne buvais pas. Les bouteilles circulaient mais je ne voyais pas de coca. Je suis donc parti couiner dans les seins d’Elsa, qui venait à peine de déglutir sa dernière gorgée. Ne restant pas insensible à ma détresse affective elle me roula une vraie pelle des familles, qui avait le goût de pomme, mais en chaud, et en piquant. De la Manzanita. Une exception à la règle était née.

J’ai repensé à ça la semaine dernière, à une soirée au restaurant. A la fin du diner, la serveuse à offert un shot à tout le monde, dans des petits verres remplis à 90% de glace pilée. Comme d’ordinaire, j’ai porté mes narines au bord du verre. J’essaie de profiter olfactivement des alcools. Puisque je ne les bois pas. Sauf que là, c’était un shot de Manzana, et l’odorat étant le plus grand moteur de la mémoire, ça m’a rappelé cette fameuse soirée. Et j’avais fortement envie de boire quelques gouttes, en souvenir du bon vieux temps. Après tout, personne allait le voir. Ce qui est débile, comme excuse, dans la mesure où ma consommation d’alcool n’intéresse que moi. J’ai fermé les yeux, humé un peu plus et j’ai donné mon verre au premier qui passait par là. Idéalement, j’aurais aimé avoir une jeune fille en fleur sous la main, pour qu’elle sirote la Manzana et m’embrasse dans la foulée.

A quoi ça sert d’avoir des règles si l’on n’a pas d’exceptions à la règle. En l’occurrence je ne peux pas boire une seule goutte d’alcool d’un verre, MAIS, si une fille qui vient de boire m’embrasse, je peux. Enfin, disons que roulage de pelle > mes principes. Attention, c’est pas non plus l’open bar au n’importe quoi, genre la fille qui garde en bouche une goulée pour la transférer. C’est tricher et c’est super méga dégueulasse. Y’a des limites. C’est donc ainsi que je sais à peu près quel est le goût de la bière, par exemple, ou du vin blanc. Pensez ce que vous voulez, niveau ivresse, avoir le cœur qui bat et explorer une saveur du bout de la langue dans un baiser, ça bat la meilleure vodka du monde. C’est un kif perso, que je n’ai au final pas souvent le loisir d’expérimenter. Qui se ressemble s’emboitant sous les draps, les deux tiers de mes copines ne boivent pas, ou très peu.

Néanmoins, la possibilité existe. Et les souvenirs aussi. Malgré tout le ressentiment que je peux avoir envers Elsa, les coups de pute et le grande n’importe quoi de ce qu’on est devenu avec les années, le goût de la Manzanita reste. Assez pour me faire douter presque dix ans après au fond d’un restaurant parisien.

390 -The Hunger

Au lycée on aimait bien m’arranger des coups. Pour être plus précis, on aimait me refiler à des filles qui n’avaient jamais eu de copains. J’étais un peu le garçon safe, celui qui est sympa et qui va pas scarifier leur cœur de jolie timide. Mwouais, j’ai toujours trouvé ça paradoxal. Confère toutes celles qui m’auront traité de gros connard de merde, confère y’a pas longtemps. Anyway. J’étais avec celle là, et c’était super weird. Parce qu’en plus d’être physiquement super timide, elle était vocabulairement super timide, du genre écomiseur de mots professionnelle. A un moment, n’y tenant plus je tente de meubler le vide de ses lèvres en y plaquant les miennes. Si seulement j’avais pu avoir la moindre idée de ce qui m’attendait. Multipliant par neuf mille sa pression sanguine, la belle se saisissait de mon visage et m’embrassait comme si sa vie en dépendait.

Je crois que j’ai dû me débattre, faire des moulinets dans le vide avec mes bras. Mais avec le manque d’oxygène dû à l’exposition prolongée à une fougue incontrôlable, mon cerveau a eu du mal à fixer les souvenirs de cette scène du très long métrage de ma vie. Quand j’en reparle, je mentionne toujours le fait que si j’avais été enrhumé ce jour là, le nez bouché, je ne serais sûrement plus de ce monde. En une demi-douzaine d’année, personne ne m’a embrassé aussi violement, longtemps, que ce petit bout de fille de 16 ans. Si je repense à ça maintenant, c’est que y’a peu, je me suis retrouvé serré dans les bras d’une autre fière représentante du genre féminin. Bordel ! La pression exercée par ses minces doigts contre mon dos, la force de ses jambes enroulées autour des miennes. J’ai eu un instant peur d’être broyé, de suffoquer, et pourtant pour rien au monde je n’aurais voulu m’extirper de cette étreinte.

Il y a de ces moments qui font surgir une faim qui dépasse la simple attirance physico-émotionnelle. Où l’âme à un besoin à satisfaire et où le corps prends possession de ce qui manque de manière brutale. Ces fois où je vais planter mes ongles dans le jean de la fille en face de moi, parce que si je ne me maîtrisais pas je lui déchirerais la peau, où bien lorsqu’une main contractée du cou à la tempe paralyse un visage que je veux faire mien. Tout ces trucs, c’est mieux que l’amour, c’est mieux que le sexe, c’est encore un cran au dessus. Quand on rentre dans l’âge adulte, tous les verrous qui paralysaient face à la baise ont sauté. Le cul est banalisé, rangé entre le Mc Flurry et les six heures de sommeil. On en finit par chercher autre chose, des tics au milieu des gestes, des indices entre deux baisers, autre chose pour se prouver que ouais, sur ce coup là, y’a quand même un truc qui se passe. Peu importe ce que l’autre en pensera ou rationalisera après coup, on sait.

Hum, en fait je suis content de moi. Je me suis bien démerdé malgré le fait que j’ai du réécrire complètement cet article. La première idée était trop perso, hop dans la cave aux notes secrètes. Private eyes only.

Demain on repart dans du topage d’un tas de trucs.