
Le truc le plus cool de ma garçonnière lyonnaise, c’est que mon lit est collé contre mes étagères de BD. En cas d’insomnie, je n’avais qu’à allumer la lumière et tendre la main. Au plus près de moi, près de dix ans de Spider-Man, quelques Hulks, Avengers ou Captain Marvel. En tendant le bras vers le haut c’est les mangas, avec Bleach, Hikaru no Go, Black Jack. Derrière moi je peux récupérer les volumes reliés de Y The Last Man et autres pépites plus indés comme The Amazing Joy Buzzards. Tout ça m’est accessible sans sortir du lit, plusieurs années de goûts changeants, de publications françaises, américaines, japonaises. La bibliothèque à portée de main. Façon de parler, puisque depuis ma boîte parisienne, c’est un peu plus compliqué.
Double frustration, je ne peux pas non plus prêter ma collection adolescente.
Pour Noel j’ai réçu le grand et beau Portugal, écrit et dessiné par Pedrosa. Depuis le temps que j’en entendais parler. Le pavé est si classe que j’ai hésité à le ramener sur Paris. J’étais tenté de le laisser sur Lyon, avec l’édition deluxe de I Kill Giants, mon omnibus Invincible Iron Man ou autre intégrale Daredevil. Tous ces volumes reliés aussi beaux qu’encombrants, qui pèsent dans une valise et grignotent le peu de place que j’ai dans mon 22m². Sauf que dès les premières pages de Portugal (même un peu avant j’avoue), je me suis juré de prêter ce livre. D’ailleurs j’ai commencé une liste mentale des personnes concernées. Et pour être certain de le monter à Paris, malgré son poids et encombrement, je me suis arrêté au premier quart de ma lecture.
Je l’emporte pour le finir. Comme ça je l’aurais sous la main, accessoirement, aussi.
Parce qu’à Paris je n’ai que trois coins à lectures. Sur le meuble de l’entrée les BD et mangas en souffrance, que je lis doucement pour ne pas gâcher. A côté du lit les rares magazines type Technikart que je ramène de mes trajets en train ou d’un vol discret chez mes amis. Enfin la Billy pleine à craquer. Chaque fois que je rajoute un truc j’ai peur que tout s’effondre. Une des raisons qui me pousse vers le numérique. Ca et le fait que 90% de ce que je lis est en langue anglaise, donc de base imprêtable à une bonne partie de mes amis. Mais j’aime pouvoir filer un truc ou deux, à l’occasion, parce que ça me fait plaisir et que c’est aussi la promesse de se recroiser. Tout comme laisser une partie de ma collection à Lyon est la promesse de mon retour.
C’est comme si je m’auto prêtais des trucs en fait. Quelque part.
N’empêche que, juste à côté de moi là, j’ai mon édition deluxe du premier volume d’Ultimate Spider-Man. Un tome que je pourrais filer à tous ceux qui me demandent « Je commence par où ? ». Il pèse, et j’hésite à le trimballer jusqu’à Paris. Sauf qu’il ne sert à RIEN sur Lyon, à rien et à personne. Et à l’ère du numérique, où je lis mes comics et magazine sur l’ordinateur de bureau, mes livres sur reader et téléphone, mes vrais volumes reliés ont désormais pour principale fonction de passer de main en main.
Je suis le 31 décembre, la valise ouverte à côté de moi. Je doute.
Bonne année.
EDIT
Ah, tiens, finalement…


