- Quoi, t’as pas lu Life Of Pi ? Mais my god comment est-ce que je peux ne serais-ce que t’adresser la parole, mécréant que tu es !
Ca m’apprendra à demander à une copine quel est le bouquin que, selon elle, je dois avoir lu. Mine de rien, j’aime bien ce petit exercice, me plonger dans un des textes préférés de me potes. La vie de Pi, donc, jamais entendu parler. Epic fail de ma part visiblement vu que ce truc sorti y’a quelques années s’est vendu à moult millions d’exemplaires de part le monde. Cet été le site officiel du roman a organisé une lecture planétaire autour d’un forum pour que les gens échangent autour de l’œuvre au fur et à mesure de leur lecture. Quelque part, c’est stylé. Un sacré jackpot pour son canadien d’auteur, Yann Martel, qui bosse depuis sept ans sur son prochain livre.

Piscine Patel a vraiment un nom à la con, tout ça a cause d’une famille de nageurs. A force que ses camarades se moquent de lui, le surnommant « Piss In », il décide que désormais il serait connu sous le nom de Pi. Le garçon passe les seize premières années de sa vie en Inde. Il partage son temps libre entre le zoo que dirige son père et les différents temples religieux où il rencontre Dieu sans pouvoir pour autant se réclamer de confession judaïque, musulmane ou catholique. Il finit par choisir les trois. Sa vie bascule au cours d’un voyage en bateau pour le Canada. Il voyage avec sa famille et une partie des animaux du zoo lorsque le bateau coule à pic. Seul survivant, Pi se réfugie sur un canneau de sauvetage qu’il doit partager avec un zèbre, un orang-outang mais surtout Richard Parker, un tigre.

Il faudra un tiers du bouquin pour en arriver là, l’auteur passant plus de temps sur l’enfance de Pi que je ne l’avais imaginé. On découvre moult anecdotes à propos des animaux sauvages, de la religion et la culture indienne. Ce qui rend cette longue introduction pas si pénible. Une fois les choses sérieuses en route, je suis resté bluffé par la capacité de Martel à tenir deux cent pages sur un gamin et un tigre sur un canoë. Pourtant l’intrigue tient bon. On passe par toutes les émotions, de la joie à la peur en passant par des chapitres plus introspectifs. Sur la fin l’histoire bascule presque dans le fantastique à la faveur d’une ultime péripétie très sympa. Puis vient le sauvetage et une amorce de twist, pas très convaincante, comme si l’auteur n’était pas certain de sa propre version. Ce dénouement ajoute tout de même une profondeur supplémentaire au texte, qui mérite sans conteste son succès.

A part quelques petites baisses de rythme de ci de là, le rapport à la religion du personnage et ses prières régulières m’aura parfois fait lever un sourcil. Rien de grave cependant. Une fois plus en faisant confiance à mon entourage je n’aurais pas été déçu. Moralité, les amis, c’est bien (conclusion sponsorisée par Disney).
Demain, on parlera marché parallèle.





