1013 – Another Year

Excusez-moi, juste deux secondes, mais est-ce que quelqu’un peut m’offrir une balle rebondissante s’il vous plait ? J’en avais acheté une Ben 10 mais c’était une bête balle. Je vous dis ça parce que j’essaie d’avoir l’air mélancolique et profond là et que comme le verre de whiskey et la cigarette à la fenêtre c’est pas possible, je me disais que la balle rebondissante contre le mur dans la nuit ça pouvait le faire. Tout ça pour en venir à mon auto bilan de 2010. Cette année partait un peu avec une longueur d’avance sur la précédente dans la mesure où 2009 fut le pire shit-storm de ma vie depuis 2007. Techniquement j’aurais pu me faire amputer d’un bras en essayant de récupérer un Mars pas tombé dans un distributeur que ça aurait quand même été une bonne année. Le côté positif, c’est que j’ai tous mes bras et plein d’autres raisons d’être content de 2010.

Retroussage de manches.

Humainement j’ai perdu 5 kilos. Depuis avril. J’ai donc fait la moitié du chemin, ce qui était aussi inattendu qu’improbable. Je vous en reparlerai sûrement dans quelques temps, quand j’aurais perdu le reste. En attendant je vous renvoie à mes multiples articles sur la piscine. Dans le même temps j’ai considérablement calmé les filles en général, soit moins de larmes, moins de bassesses de ma part et moins de migraines. Plus réglo, mais plus tout seul. En progrès mais peut mieux faire. J’ai renforcé des amitiés, rencontré de nouveaux gens, me suis réconcilié avec d’autres je pense que le ratio amis/ennemis est dans le vert. Good aussi.

Professionnellement c’est un peu open bar Pepsi Max avec des cours qui se passent mieux que ce que le début d’année laissait présager. Oh et puis un stage rempli en douceur et vraisemblablement avec assez de sérieux pour qu’on me propose d’éteindre mon temps de mission. Plaisir dans mon corps. Depuis plusieurs semaines je bosse sur un truc payé en freelance et ça aussi c’est source de joies et de nouvelles baskets. Dans tout pile cinq semaines ce sera mon dernier cours de l’année. Excitation et palpitations. Je n’ai encore aucune idée de comment je vais gérer ça émotionnellement mais j’ai hâte.

Artistiquement c’est plus les dents de scie. Mon bouquin a passé six mois chez Flammarion pour des cacahuètes, m’apprenant ce que je savais déjà sur un milieu qui va mal. Perseverare diabolicum est, je sais, mais je ne perds pas espoir, j’attends des nouvelles, j’envisage des photocopies et des envois postaux. Bref je n’ai pas déclaré l’heure du décès. J’aurais aimé écrire de bout en bout un vrai nouveau livre. A la place j’ai un tiers d’un recueil de nouvelles et un tiers de Dix Parfait. Idéalement il faudrait que je termine l’un des deux (l’un plus que l’autre) avant 2012. Manque plus qu’à trouver l’énergie. Je serais pas contre une victoire éditoriale pour me booster.

Oh et j’oublierais presque le blog dans tout ça. J’essaie de me détendre, preuve en est le format moins cadré de ma note ciné d’hier, mais c’est pas facile. Je dois lutter contre mes bas instincts. Faut dire qu’en vrai j’ai plein de trucs à vous raconter, de sujets à explorer, toussa. Et j’ai la chance d’avoir encore un peu de temps… Incorrigible petit écrivaillon. Au final donc 2010 c’était bien. Ça manquait de câlins mais ça assurait sur le travail de fond, une meilleure santé, des opportunités de boulot qui se concrétisent en positif et toujours la faim d’écrire et de partager. J’ai un tas de résolutions pour 2011 que je garde pour l’instant pour moi, avec la celle certitude que cette année à venir sera celle du changement.

Finies les études, finie la carte 12/25 SNCF, finies les aides de maman, finies tous ces trucs. Que je le veuille ou non, les bouleversements s’avancent. Alors je prends ces dernières lignes du jour faire rebondir ma balle imaginaire et prendre le temps d’apprécier, ce futur qui s’annonce.

992 – Closed For Inventory

Ce lundi est le dernier actif de l’année. Actif dans la mesure où le prochain je serai en vacances, sûrement en train de braver la neige pour rentrer à Lyon, dans mon chez moi. Nous sommes dans la dernière semaine où les gens bossent pour de vrai, où les mails pros circulent encore un peu, où il est possible de prendre un rendez-vous, de partager un café avec un camarade. Après l’univers s’éteint un peu. On se met en off, on prend le temps de laisser s’empiler du boulot en retard. Tout comme on se dit tous qu’on va taffer un peu pour au final ne tristement rien faire. Entre les réunions de famille, les journées digestives post orgie de Noël, qui peut nous jeter le marron glacé au visage ? L’année professionnelle s’achève, et je n’ai rien signé, littérairement parlant. J’ai juste accumulé un tas de mots de partout.

Mes projets de bouquins sont exactement dans l’état dans lequel j’espérais ne jamais les voir : un gigantesque foutoir. Niveau trucs finis j’ai un manuscrit quasi bouclé dans un tiroir, un manuscrit multi refusé à réécrire, un manuscrit qui refuse de se vendre. Niveau trucs pas finis j’ai quinze pages écrites il y a deux ans, une vingtaine de pages d’un recueil nouvelles et une autre vingtaine de pages de Perfect Ten. Mais c’est la foire aux incipits ! C’est SUPAYR ! Ca m’avance vachement ! Oh et niveau trucs que j’aimerais écrire j’ai deux synopsis plus ou moins détaillés dans les cartons. Je vous dis pas la tête que fait mon arborescence de dossiers et fichiers de prose. Je commence déjà à paumer des trucs. Entre les notes d’idées et les débuts de nouvelles abandonnés, il m’arrive de passer un bon moment à tout retrier régulièrement. Une accumulation qui me fatigue au plus haut point.

Je suis une usine sans clients. Je continue à fabriquer des trucs, parce que je suis fait pour ça, parce que même quand j’essaie d’arrêter je fonctionne toujours au moins au ralenti. Mon stock se remplit d’un tas de feuilles, de mots, d’encre numérique de partout. Et comme rien ne part, faut pas s’étonner si l’inventaire se complique. Un peu comme mes soucis. On m’a demandé quand est-ce que je réécris mon premier bouquin et que je le signe et qu’on pourra le lire ? GOOD QUESTION ! J’ai l’impression d’être un disque rayé, de radoter, seulement je suis obligé d’admettre (encore) que j’ai besoin d’avancer pour regarder en arrière. Si jamais je signais, je saurais que ayé, c’est bon, je suis au niveau pour réécrire le vieux, puisque le neuf est vendu. Rebosser mes anciens projets alors que je fais pas valider les plus récents, ce serait piétiner. Sur place.

L’année se termine. Je n’ai pas pondu un bouquin. Mais j’ai pondu un tas de pages d’un tas de trucs. Maintenant ça serait pas mal de libérer un peu d’espace dans mon petit entrepôt mental. Ca n’aura pas été pour 2010. On verra en janvier.

988 – Let The Music Play

Putain. Encore une notification de paiement à Spotify de 9,99 euros. La treizième. Ce qui signifie que ça fait un an ce mois-ci que je suis abonné à Spotify Premium. Ce qui signifie que j’ai donc mit en un an près de cent vingt euros dans de la musique. Moi qui ai acheté en tout et pour tout moins de dix CD dans ma vie. J’ai dépensé en douze mois autant qu’en vingt-quatre ans. Quand j’y pense j’en ai un début de vertige. C’est une augmentation de plusieurs centaines de pour cent. C’est aussi un gros bloc de mon budget annuel d’étudiant. A la lecture de ces lignes je vois déjà ma pauvre mère défaillir, et les haters ricaner rapport au fait que je me plains tout le temps d’être à découvert. Mais un anniversaire d’utilisation du service, c’est l’occasion de faire le bilan, y compris financier.

J’ai épluché mes listes de lecture. En douze mois j’ai eu en playlist environ une quarantaine d’albums, que j’ai donc écouté plusieurs fois. Certains depuis décembre dernier alors que d’autres vont et viennent. En étant très large et optimiste, mettons 7,50€ par album, ça me ferait un total de 300€. Donc déjà là j’y gagne déjà (et j’ai compté que les albums écoutés PLUSIEURS FOIS, pas les trucs essayés mais pas adoptés) sans parler de tous les morceaux écoutés comme single, ou les recherches d’un soir. A un niveau purement quantitatif et monétaire, je suis gagnant vis-à-vis du système « normal ». Avec la contrepartie de ne pas tout avoir (des majors freinent encore des deux pieds) et d’avoir après les pirates (attendre la sortie officielle pour la BO de Tron ou le Kanye West quand tout Twitter se masturbe sur les MP3).

Bien que je remarque que les titres arrivent plus vite et en plus grand nombre qu’il y a ne serait-ce qu’un an. Puis c’est sans oublier le côté pratique de Spotify. L’application musicale la moins gourmande en ressource que j’aie jamais utilisée. Ça ne rame pas, c’est sobre, y’a les couv’, je peux créer des playlists, les partager avec mes autres amis. Surtout putain je peux synchroniser mes listes avec mon téléphone portable. Cool la BO de Tron ! Dix minutes chrono plus tard c’était sur mon Nokia et je partais avec. Royal. Avec depuis quelques mois la possibilité d’importer et synchroniser des morceaux présents sur le disque dur, genre des bandes originales jamais sorties, ou des podcasts, ou ce que tu veux. Quelques clics et un coup de wifi. Magique. J’en oublie même que l’argument principal de passer premium dispense de la pub. Ah bah oui c’est vrai y’a ça aussi…

J’ai reçu ma facture de décembre ce weekend. Ma seconde facture pour un décembre. Je ne regrette rien, je ne télécharge plus de musique, ma conscience n’a aucun problème, je découvre des morceaux, j’échange, je picore. Le streaming a réussi à me vendre de la musique, pour la première fois en vingt quatre ans.

Alors quand j’entends des mecs (majors, artistes) dire que les services de streaming ne rapportent pas assez, qu’il faut les fermer ou limiter le truc, j’ai envie de leur faire bouffer mes relevés bancaires. Abrutis.