888 – Road To 999

[Suite de la note 666]

[Suite de la note 777]

Je regarde passer les voitures sur la grande rue en bas de l’hôtel. Dans ces moments là que je regrette de ne pas fumer, ou de pas boire. Les trottoirs sont déserts, les immeubles éteints. Elle dort dans la chambre, épuisée par une journée de marche et de restaurants bas de gamme. Je l’entends ronronner dans son sommeil. Ces vacances en Espagne, c’était mon idée. Le dernier effort auquel qu’elle m’imaginais consentir. Pourtant nous y voilà. Je lui devais bien ça. Assis en tailleur sur le balcon, le netbook  fermement coincé entre les cuisses, je rédige ma note 888. C’est ça d’être irrécupérable. Si je parlais de mon petit arrangement démoniaque avec quelqu’un on me conseillerait sans nulle doute d’arrêter de bloguer. Après tout, si je ne ponds pas 1000 notes, personne ne viendra m’enlever. Il est une heure du matin, je suis en vacances et je blogue encore, à à peine plus de trois mois de la fin de tout.

Quand je prends le temps de reconnaître ce que m’a apporté le blog, j’en arrive presque à me dire que ça valait le coup. En 888 jours j’ai rencontré des dizaines personnes, je me suis fait des amis, des ennemis. J’ai pu dérober un ou deux baisers dans des allées sombres. Sans parler des bons plans, les incrustations à des soirées pleine de petits fours. Mon budget étudiant remercie le blog pour tous ces repas à l’œil. Quant à la véritable raison d’être du blog, me rapprocher le plus possible de mes ambitions éditoriales, le bilan n’est pas dégueulasse. J’ai échangé des mails, découvert des petits secrets, des individus prêt à pas mal de trucs pour me mettre des bâtons dans les roues. Mais aussi l’inverse, avec des mains tendues parfois inattendues. Quand je vois l’emballement de ces derniers mois, j’ai hâte de voir où je me trouverai d’ici la note 999. Peut-être c’est ça, l’ironie. Voir le bout du tunnel juste avant l’abîme.

Le temps d’un pause pour finir ma cannette de pepsi sans bulles, je joue avec l’amulette de l’antiquaire. Pas sûr que mes parents avaient pensé à, ça question investissement, quand ils ont mis en place une cagnotte pour mes études. La bulle cerclée de pics roule entre mes doigts. Une seule pression et elle éclaterait, déversant son contenu dans la pièce. Je verrai alors la vérité des lieux, occupants, ouvriers, couples, meurtre même. J’ai la certitude de m’en servir le moment venu, au seuil de ma dernière note de blog, quand je devrai repayer ce qu’on m’a donné. Le pouvoir de pondre 500 mots par jour. Tu parles d’un pacte débile. J’aurais pu demander n’importe quoi. Mais non. Il a l’esprit chafouin, à venir me voir pile quand je souhaite un truc idiot. Au moins je le regarderai en face, yeux dans les yeux, sous son masque. Peut-être que j’aurai l’idée du siècle le moment venu. Mais je ne me cacherai pas.

Une note de plus sur mon petit bonhomme de chemin. L’heure de retrouver la belle endormie. Une fois encore je n’ai pas failli à la tâche. Le pacte était débile, mais mon créancier aura eu le mérite de tenir parole. 500 mots, réglés comme une horloge. Pour encore 111 jours.

Et puis le vide.

879 – Wax On, Wax Off

Pas de grande note ciné, juste du pragmatisme aujourd’hui.
- Nombre de pages d’un mémoire normal: 40
- Nombre de pages de mon mémoire à l’heure actuelle: 31
- Ce qui manque ? Des transitions, une ou deux pages partie II et des corrections partie III
- Date de rendu: Mercredi. Avant la fermeture, après reliure.

Autant dire que c’est la merde.
Donc au lieu de vous taper un pavé avec des loltoshops, j’ai dessiné un truc.

Sur ce, je retourne bosser.

643 – Everything That Has A Beginning

Holishit. Demain c’est l’an 2010. Mais fuck, changement de décennie et tout, la vieillesse bordayl ! Pardon, c’est mon côté vieux con. Celui qui fait que par exemple cette année j’ai pu fêter les vingt ans d’une fille avec qui j’ai des rapports d’ordre sexuel tout en me disant que j’étais putain de vieux. Les années passent et ça devient de plus en plus dur de faire comme si j’étais toujours un teen. Pourtant j’ai l’avantage d’être très immature, très petit et très jeune du visage (Michael J. Fox powa). Enfin, on y peut rien, c’est la nouvelle année. Mais c’est surtout ma dernière chance de me retourner sur les douze derniers mois et de voir ce que j’ai fait, pas fait, appris ou expérimenté. Exemple, comme je l’ai sous entendu fortement quelques lignes plus haut, j’ai tenu ma résolution numéro deux, coucher avec quelqu’un de nouveau.

L’autre résolution tenue c’est la première, avoir écrit un nouveau bouquin. Janvier arrive, et je l’attends de pied ferme avec un manuscrit flambant neuf au bon petit goût d’inédit sous le bras. Niveau écriture 2009 a aussi été l’année où j’ai rencontré un tas de gens dans la vraie vie, des critiques pas si méchant, des écrivaines pas si vaines, ou des écrivains très vains. Une pensée pour ma nouvelle envoyée au mag de Science Po, une première aussi, que je sois retenu ou pas. Question lecture j’ai bien cartonné aussi, ne renonçant jamais à mon rythme d’un roman par semaine minimum. Même tarif pour le blog, qui n’a pas essuyé de jour sans (enfin, pas dans la forme en tout cas). En définitive c’est ma résolution numéro trois que j’aurais qu’à moitié tenu. Question efforts de longue haleine j’ai écrit, j’ai lu, mais j’ai pas maigri. En fait j’ai même pris. Quatre kilos en un an. Uber dépression.

En vrac je retiendrais aussi un max d’autres trucs. La visite à New York était folle, pour un premier voyage à l’étranger, un premier avion. Je ne peux m’empêcher d’avoir envie d’y retourner vite, très vite. Le stage était aussi épique, avec un licenciement tellement ouf qu’on aurait pu en faire un bouquin. J’ai toujours le numéro de portable de mon directeur de création, on verra si un jour j’appelle pour un dernier debrief. Parce que je ne regrette pas. J’ai plus appris sur moi, sur les autres et sur l’entreprise dans la tourmente du baptême du feu que dans n’importe quel stage parfait où tout se passe bien. 2010 est l’année de la remise en selle ou de la chute définitive dans l’errance scolairo-professionnelle. Si seulement j’étais gymnaste je saurais ce qu’on fait quand on tombe de cheval (Zoolander encore).

Niveau 2009 je retiens aussi mon appareil photo de bourgeois, mes sentiments conflictuels pour Ice Girl, la tonne d’articles de blog, les rencontres avec des gens qui le lisent, des soirées à mater du catch entre mecs en buvant du thé, les crises de jalousie, les crises de nerfs, les rétines décalquées au cinéma, face à ma Xbox, Spotify et un tas d’autres trucs que j’ai grave oublié et que c’est mal et que je m’en souviendrai sûrement après coup.

Allez, rendez-vous demain, pour un nouveau début calendaire arbitraire qu’on aura bien noyé dans le saumon et le coca. Oh yeah ! Bon réveillon à tous.