1098 – Shell-shocked

J’ai fait le pire temps au tour des qualifs.

Toute l’équipe s’est donnée rendez-vous dans un grand hangar aménagé pour une soirée karting après le bureau. Je n’ai pas crié trop fort que je n’ai jamais rien conduit de toute ma vie, pas même la voiture familiale sur un parking désert au milieu de la nuit. Ce premier tour de piste sur un kart au ras du sol est ma première expérience de conduite hors jeux vidéo (comprendre hors Burnout et Need For Speed). Alors forcément j’appréhende, je n’ose pas braquer à fond, accélérer à fond, freiner à fond. Je suis la demi-mesure.

Face à une équipe de serial killers, la demi-mesure ça donne le pire chrono de l’échauffement.

Alors, sur la ligne de départ de la véritable course, je serre le volant un peu plus fort que nécessaire. Je dois laver mon honneur. Fuck it, je peux bien fumer un ou deux quadra sur la trentaine en lice. Sur le premier tour, je le sens mieux, j’ai compris le feeling de l’engin, le tracé du parcours. On me double, puis on ne me double plus. J’ai un rythme de croisière, je tiens mon temps. Je prends la confiance et j’appuie sur la pédale, j’ose un début de dérapage. Jusqu’à l’épingle sur le troisième tour où, pour une raison que je ne m’explique pas je ne tourne pas. J’écrase le frein, je tente de me sortir de là. Le temps ralenti sur le mètre qui me sépare du mur en face. Mon adrénaline à le temps de hurler que je vais le prendre en frontal.

Sur le banc de touche, j’ai les bras qui tremblent, les mains qui saignent un peu. Rien de grave. Mes jambes ont pris la majeure partie du choc, écrasées contre le siège par le recul. On a du arrêter la course quelques minutes. J’étais trop amoché pour continuer alors j’ai boité, épaulé, jusqu’au bord de la piste. Non seulement j’ai réalisé le pire temps du soir, mais je n’ai pas fini la course. Je me consolé en me regardant dans la glace des toilettes, où entre mes cheveux coiffés par le casque, ma combinaison rouge noire et mon air de rescapé, j’étais plutôt pas mal.

Il paraitrait qu’on m’ait poussé derrière, que ça explique la perdre de contrôle. Possible, j’en sais rien. On s’est excusé dans le doute. Rien de grave. En tout cas j’ai tenté de me rattraper à coup d’auto dérision, d’explication comme quoi j’avais utilisé trop tôt mon champignon. Tout en minimisant la douleur. A tous les niveaux.

Une fois rentré, j’ai coché le karting de la liste des trucs que je devais faire avant de crever (je l’ai rajouté sur la liste des trucs que je dois faire pour crever), j’ai pris une double dose de médocs et je me suis assis pour écrire un peu.

Ca, je sais à peu près faire. Même avec des mains écorchées.

1080 – Traming In Circle

La semaine dernière, j’étais dans le tram le long du périphérique parisien. En allant chez mon frangin depuis le bureau, je suis passé devant un hôtel dans lequel j’avais séjourné il y a presque dix ans. C’était lors de mon premier voyage à Paris, de ma vie entière. Quand mes parents ont décidé que la migration d’été aura lieu dans la capitale, parce que c’est important pour jeune moi et jeune bro de venir voir à quoi ça ressemble. Peut-être un de mes pires souvenir de vacances d’été de toute ma vie. J’exagère à peine. Déjà, c’était l’été de la canicule (2003). Et passer une semaine au bord du périphérique à Paris cette année là, c’était mourir. A petit feu, mais à feu quand même. Puis j’en avais rien à foutre moi, de la capitale, je voulais rentrer à Lyon pour embrasser ma nouvelle copine.

Paris et moi c’était donc pas gagné du tout. J’ai fait hurler la haute autorité familiale en voulant rester dans la chambre d’hôtel, attaché au climatiseur au lieu de, au hasard, visiter des trucs morts et ou en cailloux. Un soir sur deux j’allais mettre des pièces dans la cabine téléphonique au bas de la rue dans l’espoir de joindre la fille du livre. Sans grand succès. A défaut je lui écrivais des lettres que j’avais prévu de lui donner en mains propres dès mon retour, pour lui prouver que je pensais à elle tous les jours. Pour ce que ça a marché. Anyway. J’ai subi cette semaine parisienne avec toute la puissance de mon mépris adolescent. Bref, j’étais un sale petit con. Mais j’avais le droit. Et puis putain, soyons honnêtes, Paris c’est de la merde un peu quand même.

Et me revoilà dans mon tram, le nez dans mon Kindle à bouloter le livre dont je vous parlerai la semaine prochaine. J’ai relevé la tête au hasard du chemin, pour me retrouver face à cet hôtel dans lequel j’ai rongé mon frein huit ans plus tôt. Maintenant j’ai une carte de transports en commun, un appart’, une école, un boulot. A Paris. La fille de l’époque a pulvérisé au laser orbital tout ce qui pouvait me lier à elle. Si j’avais su à l’époque que c’est elle qui disparaitrait et Paris qui serait mon quotidien. J’aimerais pouvoir vous dire qu’en grandissant j’ai mûri et changé d’avis. Conneries. Paris me les brise toujours. Au point que je n’avais jamais autant pensé à aller voir ailleurs si j’y suis que ces derniers temps.

Non, du coup, je préfère tirer de tout ça que dans la vie, on a pas toujours ce qu’on veut. Oh et que l’univers à un sale sens de l’humour, mais ça c’est pas neuf.

1067 – Keyboardivarius

Je me déteste.

Je me déteste parce que j’aurais du acheter ce clavier en achat immédiat quand le vendeur le proposait à 30€. C’était déjà une affaire à ce prix. Mais j’ai voulu être gourmand. J’ai misé sur l’objet et dès que d’autres m’ont rejoint, le vendeur a viré l’option d’achat immédiat. J’ai passé le reste de la semaine à surveiller l’enchère. A me dire que bordel j’étais trop con. Et quand est venu le jour J, à la toute dernière seconde je me suis fait fumer de 50 centimes. Classic shit. Un type planqué avec un script d’enchères auto, ou alors qui a misé plus que moins lui aussi au dernier moment. Sorti de nulle part il a remporté le précieux. Le dernier clavier Logitech DiNovo For Notebooks français encore dans son emballage que j’ai réussi à trouver sur tous les internets. Mon Keyboardivarius.

Parfois je me mets à m’imaginer dans un concours d’écriture télévisuel. Genre le Top Chef de la fiction. Lorsque viendrait le moment de l’épreuve, je dégainerais d’une housse faite main mon DiNovo. Insérer plan de caméra au ralenti, long travelling en gros plan sur toute la longueur des touches. Je le ferais tourner d’un mouvement de bras avant de l’abattre en douceur sur la table, le bout des doigts caressant le repose mains en métal. Ouais, ça serait super cool. Ça serait mon intro de télé réalité avec mon arme ultime. Le clavier que j’ai acheté il y a bien des mois de cela et qui demeure mon fidèle compagnon depuis lors. Malheureusement un clavier qui n’existe plus. Logitech a, en effet, cessé de la fabriquer depuis assez longtemps que les stocks soient vides chez la plupart des revendeurs. Pièce oubliée, le DiNovo for Notebook est donc une rareté. Un chef d’œuvre perdu.

J’ai la chance de bosser dans un taf’ où, niveau matos, je me gave bien. Le choix est large. Mais, j’en suis à mon troisième clavier essayé ici et aucun n’a ce que je recherche : à savoir une frappe ultra silencieuse sur des touches ultra fines sur un châssis ultra plat et une connectique ultra sans fil. Le Logitech DiNovo Edge est le grand frère de mon clavier, plus cher, plus classe. Mais sans pavé numérique et avec des touches multimédia dont je me contrefous. Le Microsoft Arc possède des touches comme j’aime. Mais pas de pavé numérique et pas de flèches directionnelles (for real). Le HP Wireless Elite à les touches, le sans fil et les chiffres. Manque la qualité de finition et des voyants lumineux pour le caps lock et autres. Quoi que je trouve, il manque quelque chose. Il manque ce qui fait que le DiNovo for Notebooks est parfait pour moi.

Si vous vous demandez en quoi ça vous concerne. Dites-vous que le but est d’avoir DEUX Keyboardivarius. Un pour la maison et un pour le boulot. Parce que je taperai plus vite, plus discrètement, j’avancerai mieux mon taf’, j’avancerai mieux mon blog et mes manuscrits entre deux feuilles excel. Bref, plus de matos à lire pour vous, vos petits yeux.

J’ai perdu mon enchère. Mais j’ai passé une soirée entière sur le net à comaprer des claviers. Et j’ai peut-être une solution. Une solution coûteuse. Une solution qui va encore me faire errer dans la rue Montgallet cet après midi.

Je vous tiens au courant. D’ici là, puissiez-vous réaliser l’importance d’un extraordinaire clavier.