669 – Zip/UnZip

[Vous l’aurez voulu…]

Les, comics, c’est cool. A l’époque où j’ai commencé ça coûtait vraiment pas grand-chose, 2,25$ le numéro de 22 pages (contre 4$ dix ans plus tard). Je pouvais en acheter des tonnes avec mon maigre argent de poche et les dévorer à la vitesse de l’éclair. D’ailleurs, rapidement j’ai constaté que je les bouffais de plus en plus vite. Soit mon cerveau était brutalement devenu plus puissant, soit il y avait une feinte. Dans les années 90, les comics sont devenus plus courts. Une histoire qui prenait un ou deux numéros à être racontée s’étendait facilement sur quatre ou six fois 22 pages. Pour la même quantité d’histoire en tant que telle. Nous entrions de plein pied dans l’âge de la décompression, une petite révolution narrative, qui a bousculé tout une industrie et déclenché un débat parfois très vif entre les fans. Certains disent qu’une fois de plus, tout ça c’était la faute de ces bâtards de japonais et de leurs mangas !

Un manga c’est aussi environ 22 pages, mais par semaine. Pour tenir un rythme pareil au niveau scénario les mangakas passent parfois un temps fou à coller des dialogues interminables, étirer les bastons ou tout simplement se permettre des scènes plus contemplatives. L’avantage est qu’on s’attache beaucoup plus rapidement aux personnages, à un univers et qu’on s’implique plus dans les combats. Au début des années 90 les mangas débarquent aux US of A et des scénaristes de comics commencent à jalouser cette narration plus lente, et l’incorporent tout doucement à leurs scripts. On se met à trouver des pages de comics où il ne se passe littéralement rien. Ou des personnages se regardent ou bafouillent quelques mots. La décompression faisait son arrivée dans un médium habitué jusqu’ici à tout condenser. Voilà pour la version protectionniste et un chouille raciste de l’arrivée de la décompression narrative qu’on peut trouver sur Wikipédia. En ce qui me concerne, j’ai une autre explication, complémentaire.

A l’arrivée de la décompression, sa figure la plus emblématique est Brian Michael Bendis, le mec qui dix ans plus tard sera devenu le plus gros scénariste de chez Marvel, coordonnant la moitié des séries et responsable d’un véritable renouveau en matière d’idées. Avant d’être méga riche et méga connu, Bendis a commencé en dessinant lui-même des gros pavés indépendants, des polars en noir et blanc tout moche de plusieurs centaines de pages. Loin des impératifs de production habituels, il a pu se forger un style tout en lenteur, en ambiance et en dialogues. Parce que le format s’y prêtait et pas parce qu’il était fan de mangas. Toute cette souplesse avec laquelle il s’amusait en tant qu’auteur indé, il a décidé de l’intégrer dans ses premiers comics chez Marvel. D’où l’étranglement des fans à la sortie du premier numéro d’Ultimate Spider-Man. Quarante quatre pages pour arriver seulement à la découverte de ses pouvoirs par Peter Parker. En définitif il aura fallu sept numéros de 22 pages pour raconter ce que Stan Lee avait scripté en dix pages quarante ans plus tôt. What. The. Fuck.

On comprend l’agonie des fans de comics, qui avaient l’impression qu’on leur volait leur thune, qu’on se foutait de leur gueule. Pour moi qui venait du manga, j’avais l’impression de trouver une bande dessinée qui combinait la qualité graphique du franco-belge avec l’introspection japonaise. De plus c’est à ce moment qu’un nouveau lectorat est apparu, ceux qui WaitForTheTrade, qui attendent le recueil. Proposer des arcs narratifs en six numéros devenait la norme, pour pondre un joli recueil tous les six mois. La décompression est donc le résultat d’une influence manga, d’un besoin de respiration des auteurs et d’une réponse à une contrainte de marché. Les détracteurs auront bon hurler, pétitionner, boycotter, la majorité du lectorat finira par y trouver son compte et la décompression est devenue en un peu plus d’une décennie la norme. Et qui dit nouvelle norme dit nouvelles déviances. Certains scénaristes sont devenus des pros de la compression par exemple, créant des séries ultra denses pour aller à contre courant.

Exemple type, Fell, avec que des histoires en un seul numéro.

Mais l’avènement de la décompression a eu d’autres effets, comme par exemple forcer tous les scénaristes à devenir des brutes du cliffhanger, ce suspense de fin de numéro qui, en étant assez fort, donne tout de même l’impression qu’il s’est passé plein de trucs. A mon petit niveau j’ai vu les effets de la décompression dans mes scripts de BD, où j’essayais de marier le style comics avec la compression franco-belge (qu’il me faudrait un article entier pour expliquer et/ou justifier). Même dans ma prose je vois très bien où réside mon amour de la décompression (et hop là encore un article entier pour expliciter).

Bon, j’ai déjà explosé la taille normale de mes articles et j’ai l’impression d’avoir rien dit. Je veux dire putain y’a matière à faire un mémoire, voire une thèse. Entre mon amour du comics, mon amour de la narration et mon amour des rouages, j’aurais pu continuer un bon moment mais je me fais un peu peur.

Allez, on respire, à demain.

652 – Among Thieves

L’autre jour j’étais à Virgin, rayon DVD. Dans mes mimines, le Blu-Ray de Fight Club. A l’intérieur, quatre commentaires audio, nettement plus que sur le collector DVD. Mais surtout un commentaire jusqu’à présent inédit en Zone 2 de plus de deux heures entre l’auteur, Palahniuk, et le scénariste du film. Quand on sait que le romancier considère le script supérieur à son livre, ça doit être fascinant à écouter. En fait j’en suis certain, de ce que j’ai pu lire de ci de là. Sur le moment, et après avoir tenu le Blu-Ray de Southland Tales entre les mains, j’ai réalisé que putain, il me faut un lecteur Blu-Ray. Je veux dire, j’ai la TV qui va bien et j’aime assez le ciné pour me sentir frustré de louper les bonus quand je pirate un film. Ou rien que pouvoir faire choisir à un(e) pote qu’on invite un film sur l’étagère, c’est un moment toujours cool. Alors j’ai checké le prix des lecteurs. Le moins cher de marque s’affiche à 125 euros. Pour une centaine de plus je peux m’offrir une PS3 d’occaz/tombée du camion, avec un matos plus fiable et une meilleure garantie. Problème, je hais Sony plus que toute autre marque au monde.

Je hais Apple, mais ils m’ont rien fait personnellement. Je veux dire les Apple fans sont sûrement les fans les plus cons du monde et j’ai envie de frapper chaque personne avec un iPhone que je croise dans la rue (on dit un Touchebag maintenant, grâce à Pipo). Mais c’est rien par rapport à Sony. Je hais Sony autant que s’ils avaient débarqué chez moi, buté mes parents et violé ma petite sœur par tous les orifices sous mes yeux. Sony a tué la Dreamcast en poussant des hordes de moutons à attendre la Playstation 2 plutôt que profiter et faire vivre ce qui restera comme la meilleure console des années deux mille. Ma première console était une Game Gear. Sony a tué SEGA, qui ne s’en est jamais remis. Puis la Playstation 2, la console la moins puissante du marché, à trainé toute une génération de console vers le bas graphiquement (et pas que), puisque les jeux multi plateforme étaient développés pour accommoder cette vieille merde qu’est la Play 2. Sans parler de leur communication arrogante, du mépris total des joueurs, d’une politique de prix indécente et de leur volonté fasciste de vouloir imposer à l’industrie leur standard.

Alors, logiquement, je hais la Playstation 3. Quand un fanboy pro-sony me demande pourquoi (j’en croise peu, je les évite, je les méprise), je lui dis que je suis plus sensible à la culture Américaine, ce qui explique que je préfère les exclusivités de la Xbox 360 à celles de la PS3, qui ne m’intéressent que peu. Mais c’est un doux euphémisme. Maintenant que j’envisage très sérieusement d’acheter une PS3, j’essaie de m’accommoder avec ma conscience. Par exemple je refuse de l’acheter à son tarif de base, je refuse de prendre autre chose qu’une volée ou une seconde main à moins cher. Je veux donner le moins d’argent possible à Sony. Je veux acheter le peu de jeux qu’il me faut en occasion (pour ne pas qu’ils touchent les royalties par exemplaire vendu). De toute façon ça va être vite vu. Les exclus ne me disent rien. Metal Gear me gonfle, Gran Turismo ne vaut pas un clou face à Forza et le reste est pathétique (oui, même les jeux de la Team Ico je m’en tape). Sauf le seul et unique putain de jeu, celui qui me pousse à prendre une Play au lieu d’un simple lecteur Blu-Ray, le jeu qui a entièrement été fait pour moi.

A l’époque de la Play, la première, celle de la marque courageuse qui se lance et se bat pour être la meilleure, j’étais fan de Crash Bandicoot. Mais vraiment fan. Les développeurs, Naughty Dog sont pour moi des génies, à concentrer fun, couleurs chatoyantes et profondeur de gameplay. Quand ils ont annoncé rester fidèle à Sony sur la Play 2 et 3, je me suis blessé les phalanges à frapper contre un mur en briques. J’ai failli m’ouvrir les veines lorsqu’ils ont dévoilé Uncharted. Un jeu d’action aventure dans la jungle et les temples maudits. Un Indiana Jones des temps modernes, une Lara Croft avec des couilles. Si jamais j’avais eu plein de thunes et un studio talentueux sous mes ordres, j’aurais demandé qu’on fasse Uncharted (un des jeux les plus Américains, logique, de la console). La sortie cet hiver d’Uncharted 2 m’aura plongé dans un début de dépression. Rarement j’ai eu l’impression qu’un jeu avait été fait pour ma gueule et uniquement ma gueule et que les autres habitants de la planète n’en profitaient que collatéralement.

Je vais sûrement trouver une console d’occase, ou un rebut de Noel à bas prix. J’irai choper le premier Uncharted pour pas cher dans un coin et je me ferais le deux dans la foulée, mêlé de dégoût et d’amour. Puis je commencerai sûrement une collection de Blu-Ray. Mais pas plus. Peut-être même moins, une revente poussée par la colère. Parce que Sony, je vous hais. Je vous hais depuis plus d’une demi-décennie. Et je ne vous pardonnerai jamais.

384 – Top 3 Saturdays

Une de mes profs, militante lesbienne et actrice de porno chic, squatte une pleine page dans le dernier Technikart pour la sortie de son dernier bouquin. Heureusement que The Shark est là pour me signaler vu que je re-boycotte le mag’. Permettez-moi de me justifier en un Top 3.

Number Three – Bad Taste


Le principe du mag’, c’est d’être les apôtres du bon goût, la fashion police ! Un peu comme les Inrocks, mais la connerie en moins. Des fois ça marche super bien avec un pur dossier sur Southland Tales. Des fois, heu… moins. Confère leurs demi douzaine de pages sur Boris. En lisant leurs tops et flops de l’année 2008 j’ai failli m’ouvrir les veines de honte. C’est d’ailleurs la seule raison de ma venue au Street Club de Lâm. Il fallait que je lui défonce virtuellement la tronche pour ses goûts parfois très douteux en matière de jeux vidéos. Pas de bol, il était défoncé et me hurlait si fort dessus que, paralysé, je ne pouvais rien faire contre ses techniques de bâtard avec Honda. Le genre de trucs qu’il faut voir pour le croire. Pour en revenir au sujet, c’est toujours un peu relou de subir la roulette russe du mauvais goût quand tu reçois ton mag’ (ou pas, dans mon cas précis). Reuzment ils ne se plantent jamais sur 150 pages d’affilée.

Number Two – Grudge


Première année de fac, je devais faire un exposé sur un magazine. En visite chez ma chérie de l’époque à Bastille j’avais forcé la porte de la rédac’ pour une interview rapidos. Contente de ma prestation, la nana de l’accueil me demandait mon adresse, au cas où. Elle s’arrêta d’écrire quand je mentionnais Lyon, un petit soupir las inside. Quelques mois plus tard, semi pistonné par un prof je postulais pour un stage. Le boss me disait oui sur le principe, envoie de CV. Relance, CV paumé. Renvoi. Repaumage. Plus de réponse. Poing serré face à l’infini. Flashforward à y’a quelques mois, quand le nouveau boss m’add à son Facebook. J’en profite pour tenter de proposer des trucs au type over busy. Je peine à faire remonter sa tension avec mes bribes de pistes de choses de machin. Fail again. Poing serré face à l’infini. Je me vengerai ! I’ll be back !

Number One – Rain Forest

D’ordinaire je lis Tech aux WC ou dans le TGV. Or maintenant j’ai une alimentation équilibrée et préfère profiter des longs trajets pour avancer mes critiques littéraires. Mon Tech, je le kiffe au bureau, en cours ou en fin de soirée, mixée a une ou deux conversations MSN qui vont bien. D’où l’intérêt de la version numérique a laquelle j’étais abonnée pour 1 euro par mois. Nettement moins cher pour moi, plus de frais d’impression/transport pour eux et 200% plus écolo. Pas de bol, ce service n’est plus dispo sur les principales plateformes de téléchargement. Faire un gros dossier pour dire que Pirate Bay c’est des beaux gosses 2.0 en même temps laisser tomber leur propre offre légale, bien joué. J’ai switché, chui habitué à mon mag en High rez et son prix doux pour le stagiaire étudiant que je suis. Je repars pas en arrière.

Tout ça pour dire que je suis pauvre, j’achète plus Tech et c’est un acte militant. Par contre passez-moi votre exemplaire, ce serait sympa. Sinon je continue a regarder Paris 16ème à ma pause déjeuner ! (Oh non en fait ton père c’est pas ton père mais le mec qui a avoué être ton père n’est pas ton père non plus !)
Demain, on causera de DEUX films.