1141 – Angus Third Pounder Deluxe

A l’époque où j’ai commencé à lire des comics, toutes les raisons étaient bonnes pour produire des numéros spéciaux. C’était les annés 90, celles des couvertures plaquées argent et autres édition alternatives à gogo. Par exemple, quand la numérotation d’une série atteignait un multiple de 25, c’était l’occasion de rajouter quelques pages pour fêter ça. Le quart de cent quoi ! C’était avant le crash du secteur et toutes les politiques de rationalisation des coûts mis en place depuis pour limiter la casse.
Tout ça pour dire que ouais, le quart d’un truc, le multiple de 25, ça évoque un tas de trucs pour quiconque vis dans un univers où l’on compte sur une base dix. D’où la pression face au gâteau d’anniversaire aux 25 bougies.

Le quart de siècle mec !

Le quart de rien du tout ouais. Je me demande ce qui pousse les gens à trouver un lien entre le quart de siècle et un anniversaire. Rapport au fait que l’espérance de vie en France est de 81 ans. Sachant que je suis né en 1986, à l’époque où elle était de 75 ans. Le saviez-tu ? Mais 25 c’est le tiers de 75 ! Donc si je me livre à plusieurs grands écarts de logique et autres malhonnêtetés intellectuelles, je peux me plaindre du fait que le quart de siècle, c’est surtout le tiers de ma vie.

Et là je vous fait remarquer qu’on a jamais fêté le moindre numéro 33 de l’histoire des comics.

Si vous m’avez perdu en route, ce n’est pas super grave. En fait je crois que je vis assez mal la période. Cette année mon anniversaire tombe en plein milieu de l’entre-deux. Celui où je quitte une partie de mes certitudes (études, aides, passions) pour faire en grand pas en avant vers le je sais pas quoi (futur job, que faire de mes rêves, du reste). Ce qui explique sans doute que j’aie préféré déjouer une tentative d’anniversaire surprise au lieu de laisser faire. Déjà parce qu’on ne fête pas un numéro 33 de comics, ensuite parce je préfère ouvrir une bouteille de Coca Blak quand je serai passé à l’étape d’après, et que je pourrais me dire que ouais, ça va.

Ou alors je peux choisir de raisonner en termes de hamburgers Mc Donalds.

Comme vous avez tous vu Pulp Fiction, vous savez tous que le Royal Cheese s’appelle aux US le Quarter pounder with cheese (quart de livre, rapport au poids de la viande). Un classique culinaire et le retour du fantasme du quart de quelque chose. En réalité, les meilleurs burgers US chez DoMac sont les Third pounder. Parce que comme leur nom l’indique, il y a plus de viande, plus de goût et tout. Sur l’échelle de la junk food, le tiers, c’est mieux que le quart. Ca tombe bien, 25 ans c’est le tiers de la vie, pas le quart. Et là tout est lié.

Je crois.

Au final j’ai pas demandé grand-chose pour mon anniv’. Ce qui ne m’a pas empêché de m’offrir une petite coquetterie articulée en plastique qui, selon mes calculs, devrait arriver dans ma boîte pile aujourd’hui.

Joyeux tiers de vie, moi.

1007 – Whiskristmas

Dimanche matin, j’ai réussi à convaincre mon plus jeune cousin Savoyard de prendre la voiture et de nous conduire, mon frère et moi jusqu’à Genève pour une mission Burger King. Nous avions fière allure, dans la petite voiture jaune avec du Snoop Dog à fond, quand nous avons passé la frontière. A la gare de Genève nous avons récupéré Iris, qui venait faire un featuring dans notre futur bon souvenir de Noël. Puis ce fut direction l’aéroport, dans lequel nous avons déambulé un moment avant de trouver le seul Burger King de la région. Quinze francs suisses chacun plus tard et nous étions posés avec nos frais Whopper. J’avais opté pour le temporaire du moment : le Bourbon Whopper, avec ses onions rings panés et sa sauce au Bourbon. Mon enthousiasme réussit à convaincre mon palais que c’était la meilleure idée du monde, culinairement parlant. Un hug et un cadeau d’adieu à Iris plus tard, et nous repartions vers la France à travers les champs aussi déserts que couverts de neige.

Quand on fait le calcul, ce Noël n’était pas si mal que ça. Okay, avec deux pauvres tranches j’ai à peine eu assez de foie gras pour l’année, mais le reste se tenait. Plus les réveillons passent, mieux je supporte la famille que j’apprécie de voir, quitte à passer des heures à l’arrière d’une voiture à rattraper mon retard musical de l’année. Puis niveau cadeau, j’ai eu pile ce que je voulais sans avoir à trop le demander. J’ai scoré un tas de nouvelles chaussettes qui vont bien, le genre que j’ose pas mettre tellement elles me semblent parfaites sur leur petit présentoir. Mon frangin a eu la présence d’esprit de me prendre un porte capsules Nespresso. A ce rythme mon appartement va finir par ressembler à quelque chose. Iris a commis un attentat contre ma perte de poids avec un petit pot de crème de noisettes. Notons le colis de lecteur JpSiffert qui lui aussi m’a chargé en sucre pour les fêtes. Pile quand je fais pas d’exercice, bande de petits malins.

De mon côté j’ai couru de partout pour offrir des bouquins de qualité à la famille. Mais ma quête de cadeaux est loin d’être bouclée vu que je dois arroser encore une ou deux personnes. Seulement j’ai passé la fin de mois au bord de l’interdit bancaire (merci les billets de train et l’ultime renouvellement de ma carte 12/25) et tout reste à faire. Quelque part l’esprit de Noël va me travailler jusqu’à mi-janvier facile avec ces conneries. Ca attendra néanmoins que je boucle Donkey Kong Country Returns et Sonic Colours. Parce que les fêtes c’est aussi dépoussiérer la Wii et rattraper mon retard vidéoludique avant de retourner sur la Xbox en 2011. Je cours après les bananes en me gavant de papillotes. Aussi je cours après mes amis Lyonnais. Parce que la famille c’est aussi le best friend forever, les potes de lycée, les amis de fac. Et que ces vacances sont vraisemblablement les dernières avant la dernière ligne droite stage interminable et cdd sans congés. Allez, j’ai mérité un retour de Coca Zero.

Le soleil se couche sur l’autoroute du retour. J’ai passé une heure le nez collé à la vitre pour admirer les montagnes enneigées, les grands sapins blancs, les lacs gelés et autres vallées le long du trajet. Mes pieds grelottent encore de la neige qu’ils ont foulée en rentrant de Genève. Alors j’agite mes doigts dans mes chaussettes neuves.

Ouais, c’était un bon Noël.

FUN FACT STAGE !!!

En Australie, Burger King s’appelle Hungry Jacks.

994 – Book Giftlist 2010

Cette année j’ai lu une cinquantaine de bouquins, enfin sûrement un peu plus. Comme l’année dernière j’ai voulu faire une liste des meilleurs (de mes lectures, pas de l’année), ceux qu’on peut mettre sous le sapin les yeux fermés pour Noël. La mauvaise nouvelle, c’est que j’ai galéré pour en trouver huit, la plupart uniquement dispos en anglais. La bonne, c’est que ma liste de l’an dernier est toujours en ligne. Sinon, voici la nouvelle, avec liens vers les critiques et Amazon.

-          Sunset Park – Paul Auster (VO)

Le dernier Paul Auster aura accouché de critiques mitigées. Cette chronique d’un jeune homme qui fuit sa vie dans un squat à Brooklyn ne révolutionne rien, n’est pas métatextuel ou profondément complexe. Mais ses personnages sont tous formidablement construits, épais, attachants. Pour moi la littérature c’est ça, pas les effets de manche. [VO, 16.43€]

-          The Imperfectionists – Tom Rachman (VF/VO)

Un recueil de nouvelles autour de la rédaction d’un quotidien international basé à Londres, The Imperfectionists est un puzzle. La plupart des textes se tiennent bien seuls, brossant des vies en mouvement, mais la force du livre est de tout lier pour former un tableau construit et touchant. Le feel good roman de l’année. [VF en février, 19€] [VO, 18€]

-          Room – Emma Donoghue (VO)

Dans une pièce verrouillée vit une mère et son fils. Séquestrée depuis des années, elle apprend à l’enfant à vivre dans un espace confiné, à ne pas désirer l’extérieur qui, de toute façon, n’existe pas. Il n’y a que la pièce, rien d’autre. Jusqu’à ce que l’évasion devienne impérative. Fuir ou mourir. Exercice de style tout du long, parfois thriller mais souvent drame, Room prend aux tripes et ne les lâche pas. [VO, 15€]

-          The End Of Alice – A.M. Homes (VO)

Peut-être le meilleur roman sur la pédophilie. Okay, c’est pas le plus glamour comme distinction, mais The End Of Alice est proche du génie. Un roman écrit par une femme qui met en scène une jeune femme rongée de désir pour le fils de ses voisins, conseillée de manière épistolaire par un pédophile en prison. Nauséeux, fascinant, terrifiant, toujours sur le fil du rasoir. Un classique en devenir. [VO, 7.92€]

-          Tokyo Vice – Jake Adelstein (VO)

Seul livre dit non-fiction de cette liste, Tokyo Vice est un must have absolu. Le journaliste criminel Jake Adelstein raconte en détail toute sa vie au japon, de ses débuts dans la presse jusqu’aux menaces de mort des plus grand yakuzas. Lecture obligatoire pour les japanophiles, les journalistes, les fans de crim’, de mafia et de sexe. Impossible de le lâcher de bout en bout. [VO, 10.50€]

-          Already Dead – Charlie Huston (VF/VO)

Un peu de vampire pour le principe. Joe Pitt est un détective vampire dans un Manhattan découpé en territoires par les clans de suceurs de sang. Electron libre, Pitt ne doit sa survie qu’à son utilité. C’est pourquoi de la réussite de sa prochaine enquête dépend ce qui lui reste de vie, alors qu’il doit en plus gérer sa relation avec une bairmaid humaine séropo. Polar fantastique crasse et pulp, un plaisir simple. [VF, 19.95€] [VO, 9.46€]

-          Kockroach – Tyler Knox (VO)

Un cafard se réveille un matin du milieu des années cinquante dans le corps d’un humain. D’abord déboussolé, il s’adapte rapidement à sa nouvelle condition. Mu par des instincts d’insecte, il se fraye rapidement un chemin vers les plus hauts des échelons de la mafia new-yorkaise de l’époque. Du Kafka à l’envers en mode Le Parrain, Kockroach surprend, tiens la route et arrive à nous parler de la condition humaine. Et cafarde. [VO, 10.77€]

-          Horns – Joe Hill (VO)

Le fils de Stephen King met une fessée à son père avec un second roman qui défonce. Ig se réveille un matin sans souvenirs de la veille avec deux cornes en train de pousser sur son front. Les protubérances forcent le reste du monde à lui dire toute la vérité. Après quelques déconvenues avec sa copine et sa famille, il décide de mettre à profit son nouveau don pour découvrir qui a violé et tué l’amour de sa vie. Tuerie cosmique, de bout en bout. [VO, 17,95€]

Voilà voilà. Entre cette liste et la précédente, vous n’avez pas d’excuses pour ne pas avoir d’idées. Offrez des livres, ça dure longtemps c’est cool.