Hier j’ai eu un problème assez pathétique. En gros je ne pouvais pas prendre le métro pour aller en cours. Comme je suis désorganisé et stupide, je recharge ma carte de transport de semaine en semaine. Sauf que je suis tellement à découvert que je ne peux pas retirer. Si j’étais malin j’aurais un ou deux tickets de secours. J’en ai quatre, mais des lyonnais (trololol). En grattant je devais bien pouvoir me trouver de quoi acheter un titre de transport. Ah bah non en fait. Hum. On m’a proposé de me prêter de la thune, ou on m’a conseillé de taxer un ticket à quelqu’un, ou simplement de faire un jump par-dessus les tourniquets du métro. Oui j’aurais pu. Mais non. A la place je me suis levé un quart d’heure plus tôt et j’ai chaussé mes rollers. A huit heures du matin. Sur 8,4kms d’après Google Maps. Tout ça parce que j’aime pas emprunter.
J’aimais bien ce film français dont j’ai la flemme de checker le nom. Déjà parce qu’il se passait à Lyon, ensuite parce qu’il faisait le tour des rapports possibles à l’argent. Ce qui m’a permis de me reconnaitre dans l’un ou l’autre des personnages. En l’occurrence j’ai une espèce de gigantesque phobie de la dette. Que ce soit un ticket de métro, un sandwich à midi ou de quoi m’offrir un billet de train, ça m’angoisse prodigieusement. Parce que ça me fait un truc chiant dont je dois me souvenir en plus. C’est relou. Ensuite parce que moralement je suis en dette, j’aime pas l’idée. Enfin parce que ça me déprime au plus haut point de savoir que la prochaine fois que je toucherai des sous (ou que j’aurais bossé pour en avoir), je devrai de base en rendre une partie. Ca bouffe mon bonheur. C’est le cancer de la joie du dépôt de chèque.
Alors que paradoxalement ça ne me pose AUCUN problème de prêter de l’argent, ou n’importe quoi en fait. Paye ton paradoxe. A mon niveau un prêt c’est de l’argent que j’ai toujours plus ou moins et en plus je rends service et ça me flatte dans le dedans. Même rapport aux cadeaux en fait : j’aime en faire sans aucune raison particulière (un jeu à mon bro, un tee à ma BFF) mais dès que j’en reçois, même avec une bonne excuse (anniversaire), je le vis mal. Je ne sais pas où me foutre et je me sens en dette. Tout ceci me ramenant à mes cours d’anthropologie sur la nature du don, et ceux de sociologie sur les théories vis-à-vis de la dette. J’ai beau en savoir beaucoup sur le sujet je peine à dompter mes propres contradictions et fonctionner « normalement » vis-à-vis de tout ça. Idéalement faudrait que je sois pété de thunes, ça réglerait le problème.
Hier j’ai failli me crouter à Porte de Champerret, après 45min de roller. Mais non. Je suis arrivé en cours en avance, un peu moins d’une heure après mon départ. Nécessité fait loi. Entre le roller et les limitations budgétaires au niveau du sandwich de midi, j’aurai même minci/musclé au passage. Un big up pour la pauvreté !



