944 – Not Enough Minerals

Hier j’ai eu un problème assez pathétique. En gros je ne pouvais pas prendre le métro pour aller en cours. Comme je suis désorganisé et stupide, je recharge ma carte de transport de semaine en semaine. Sauf que je suis tellement à découvert que je ne peux pas retirer. Si j’étais malin j’aurais un ou deux tickets de secours. J’en ai quatre, mais des lyonnais (trololol). En grattant je devais bien pouvoir me trouver de quoi acheter un titre de transport. Ah bah non en fait. Hum. On m’a proposé de me prêter de la thune, ou on m’a conseillé de taxer un ticket à quelqu’un, ou simplement de faire un jump par-dessus les tourniquets du métro. Oui j’aurais pu. Mais non. A la place je me suis levé un quart d’heure plus tôt et j’ai chaussé mes rollers. A huit heures du matin. Sur 8,4kms d’après Google Maps. Tout ça parce que j’aime pas emprunter.

J’aimais bien ce film français dont j’ai la flemme de checker le nom. Déjà parce qu’il se passait à Lyon, ensuite parce qu’il faisait le tour des rapports possibles à l’argent. Ce qui m’a permis de me reconnaitre dans l’un ou l’autre des personnages. En l’occurrence j’ai une espèce de gigantesque phobie de la dette. Que ce soit un ticket de métro, un sandwich à midi ou de quoi m’offrir un billet de train, ça m’angoisse prodigieusement. Parce que ça me fait un truc chiant dont je dois me souvenir en plus. C’est relou. Ensuite parce que moralement je suis en dette, j’aime pas l’idée. Enfin parce que ça me déprime au plus haut point de savoir que la prochaine fois que je toucherai des sous (ou que j’aurais bossé pour en avoir), je devrai de base en rendre une partie. Ca bouffe mon bonheur. C’est le cancer de la joie du dépôt de chèque.

Alors que paradoxalement ça ne me pose AUCUN problème de prêter de l’argent, ou n’importe quoi en fait. Paye ton paradoxe. A mon niveau un prêt c’est de l’argent que j’ai toujours plus ou moins et en plus je rends service et ça me flatte dans le dedans. Même rapport aux cadeaux en fait : j’aime en faire sans aucune raison particulière (un jeu à mon bro, un tee à ma BFF) mais dès que j’en reçois, même avec une bonne excuse (anniversaire), je le vis mal. Je ne sais pas où me foutre et je me sens en dette. Tout ceci me ramenant à mes cours d’anthropologie sur la nature du don, et ceux de sociologie sur les théories vis-à-vis de la dette. J’ai beau en savoir beaucoup sur le sujet je peine à dompter mes propres contradictions et fonctionner « normalement » vis-à-vis de tout ça. Idéalement faudrait que je sois pété de thunes, ça réglerait le problème.

Hier j’ai failli me crouter à Porte de Champerret, après 45min de roller. Mais non. Je suis arrivé en cours en avance, un peu moins d’une heure après mon départ. Nécessité fait loi. Entre le roller et les limitations budgétaires au niveau du sandwich de midi, j’aurai même minci/musclé au passage. Un big up pour la pauvreté !

637 – OhOhOh & NomNomNom

Oui alors en fait aujourd’hui c’est Noël. Donc, déjà, Joyeux Noël ! Ensuite je passe la journée paumé à la campagne dans ma famille pour un remake du diner le plus long. Donc fatalement on se retrouve demain.

Tout ce que j’espère c’est que votre miam était bon et que les cadeaux assuraient un max ! La bise.

624 – Wishlist

J’aime pas faire des cadeaux. J’adore offrir attention, mais trouver le ketru qui va faire plaisir, parfois, c’est pas une sinécure. Surtout pour un bouquin, tellement facile de se planter. Heureusement, et en hommage à tous ceux qui n’ont pas eu le courage de lire mes 100 et quelques critiques littéraires, voici le Top 9 des romans à mettre sous un sapin (parmi ceux que j’ai lu sur ce blog).

- A sud de la frontière, au l’ouest du soleil / Haruki Murakami (VF)
Premier roman du japonais Murakami sur lequel j’ai posé mes yeux, plus grosse claque asiatique depuis longtemps. Un livre aussi court qu’intense sur un amour qui n’a pas été, sur la jeunesse et les passions d’un auteur trop sensible et doué pour ne pas se dévoiler au fil des mots.

- One Day / David Nicholls (VO)
Ce qui aurait pu n’être qu’une bluette, un roman de gare, se transcende dans une structure ultra ciselé, un style propre et des dialogues criant de vie. Le livre qui m’a presque fait pleurer dans le métro parisien (faut le faire) avant de me pousser à courir chez moi dévorer la fin d’une traite.

- Les Aimants / Jean-Marc Parisis (VF)
Le livre le plus court de cette sélection avec à peine cent pages. Le récit autobiographique d’un amour qui devient amitié sur vingt ans, et des sentiments qui restent quand la mort a emporté le reste. Puissant et surprenant, on en reparle plus en profondeur mercredi.

- Crocs / Toby Barlow (VO/VF)
Les loups garou ont toujours été plus classes que les vampires. Alors si leurs aventures dans un Los Angeles contemporain sont racontées en vers au lieu de prose, c’est juste magique. Un tour de force stylistique pour une histoire d’amour et de gang sur un fond de fantastique urbain.

- Peter & Max / Bill Willingham (VO)
Conte de fée moderne, extension littéraire d’un univers déjà très riche, Peter & Max est avant tout un objet magnifique, le genre qui n’a pas à rougir de se retrouver enveloppé dans du beau papier cadeau qui brille. Indispensable pour tout bon lecteur anglophone à l’âme d’enfant.

- Martin Eden / Jack London (VF/VO)
Tuerie cosmique que ce roman semi autobiographique d’un auteur trop longtemps méprisé par les éditeurs. Bible de tous les artistes en devenir que personne ne veut reconnaître, Martin Eden possède un souffle épique qui s’abat comme un coup de massue dans les deux dernières lignes les plus puissantes qu’il m’ait été donné de lire.

- The Average American Male / Chad Kultgen (VO)
Parce que l’auteur le plus misogyne de tous les temps mérite qu’on se penche un peu sur son cas. Que se passerait-il si on laissait un beauf d’université meurtri par les femmes se venger sur Word ? On obtiendrait ce roman, soft (mais plus équilibré) en comparaison à sa suite, The Lie.

- A L’estomac / Chuck Palahniuk (VF/VO)
A la fois roman et recueil de nouvelles, A l’estomac compense ses inégalités par une véritable générosité au fil de la grosse vingtaine d’intrigues qui le compose. Gore, trash (à ne pas mettre entre toutes les mains) mais aussi touchant, ce livre fait le tour des thèmes et névroses d’un de mes auteurs préférés.

- Haute Fidélité / Nick Hornby
Si j’ai pu reprocher à Hornby de se perdre dans ses derniers romans, High Fidelity conserve son statut de petit classique de la romance de trentenaire. Beaucoup immité, rarement égalé, c’est le genre de bouquin que l’on se retrouve à offrir à un pote, une copine, une ex, un frangin. Indispensable.

Il s’agissait d’un Top 9 pour la simple et bonne raison que j’en ai forcément oublié un, ou deux, enfin c’est toujours comme ça. Mettez à la dixième place celui que vous voudrez. Avec un peu de chance cette liste servira un peu.
Demain, retour au ciné !

Note bis dans l’aprem’ si vous êtes sages.